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	<title>Les P&#232;res de l'&#201;glise dans la vie quotidienne</title>
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		<title>Quel riche peut &#234;tre sauv&#233; ?</title>
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		<dc:date>2026-04-02T07:03:19Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Saint Cl&#233;ment d'Alexandrie</dc:creator>



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&lt;p&gt;Ceux qui louent les riches, faisant ainsi semblant d'honorer les richesses qui, par elles-m&#234;mes, ne m&#233;ritent aucune louange, ne sont pas seulement de vils flatteurs, des esclaves l&#226;ches et rampants, ils sont des impies et des tra&#238;tres. Des impies : la louange appartient &#224; Dieu, seul &#234;tre bon et parfait, de qui tout vient, par qui tout existe, en qui tout r&#233;side ; elle lui appartient, il se l'est r&#233;serv&#233;e, et ils l'en privent ! Ils font plus encore, ils la prostituent &#224; des hommes livr&#233;s &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://peres.peuterey-editions.com/-La-pauvrete-chez-les-Peres-de-l-Eglise-" rel="directory"&gt;La pauvret&#233; chez les P&#232;res de l'&#201;glise&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ceux qui louent les riches, faisant ainsi semblant d'honorer les richesses qui, par elles-m&#234;mes, ne m&#233;ritent aucune louange, ne sont pas seulement de vils flatteurs, des esclaves l&#226;ches et rampants, ils sont des impies et des tra&#238;tres. Des impies : la louange appartient &#224; Dieu, seul &#234;tre bon et parfait, de qui tout vient, par qui tout existe, en qui tout r&#233;side ; elle lui appartient, il se l'est r&#233;serv&#233;e, et ils l'en privent ! Ils font plus encore, ils la prostituent &#224; des hommes livr&#233;s &#224; la fougue de leurs passions, qui n'ont d'autre r&#233;compense &#224; attendre de la justice divine que la punition de leurs crimes. Des tra&#238;tres : les richesses seules suffisent pour amollir, corrompre et d&#233;tourner de la voie du salut ceux qui ont le malheur de les poss&#233;der ; les flatteurs le savent, et ils entretiennent les riches dans leur folie ; ils enorgueillissent leur orgueil, ils leur apprennent &#224; tout m&#233;priser, si ce n'est ces richesses, qui leur procurent tant d'honneurs. Ils ajoutent ainsi la flamme &#224; la flamme, l'orgueil &#224; l'orgueil, le poison de la flatterie au poison de l'or ; un poids d&#233;j&#224; trop lourd qu'ils devraient all&#233;ger, ils l'aggravent ; une maladie dangereuse qu'ils devraient s'efforcer de gu&#233;rir, ils la rendent mortelle et incurable. &#171; L'arrogance et la vanit&#233;, a dit le Seigneur, seront punies par l'abaissement et la ruine. &#187; Il est donc bien plus humain, bien plus charitable, au lieu de flatter les riches et de couvrir du bruit de nos louanges le bruit que leurs crimes &#233;l&#232;vent autour d'eux, de venir &#224; leur aide par de sages avertissements, et de leur apprendre par quels moyens ils peuvent entrer et s'avancer s&#251;rement dans la voie sainte du salut. C'est surtout par la pri&#232;re vers ce Dieu, qui dispense ses faveurs &#224; ses enfants et leur apprend &#224; en faire un usage conforme et agr&#233;able &#224; ses volont&#233;s, c'est par la gr&#226;ce de notre Sauveur que nous pouvons gu&#233;rir leur esprit : c'est en les &#233;clairant, c'est en nous offrant pour guides &#224; leur ignorance dans la recherche de la v&#233;rit&#233;. Celui-l&#224; seul, en effet, qui s'attache ardemment &#224; la v&#233;rit&#233;, et qui s'environne de la lumi&#232;re des bonnes &#339;uvres, celui-l&#224; seul sera sauv&#233;, et emportera le prix de la vie &#233;ternelle. Or, si d'un c&#244;t&#233; la pri&#232;re, qui doit nous trouver infatigables et nous servir d'appui fid&#232;le jusqu'&#224; la derni&#232;re heure de notre vie, demande un esprit plein de force et de s&#233;r&#233;nit&#233;, d'un autre c&#244;t&#233;, la vie r&#233;guli&#232;re demande un amour ardent de la justice et une ob&#233;issance &#233;clair&#233;e &#224; tous les pr&#233;ceptes du Sauveur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est pas une seule et simple cause, mais plusieurs, et de diff&#233;rentes sortes, qui font croire aux riches qu'il leur est plus difficile qu'aux pauvres de se sauver. Les uns en effet, saisissant sans r&#233;flexion, et prenant &#224; la lettre ces paroles de notre Sauveur : &#171; Il est plus facile &#224; un c&#226;ble de passer par le trou d'une aiguille qu'&#224; un riche d'entrer dans le royaume des cieux1 &#187;, se persuadent qu'ils n'ont aucune part &#224; l'h&#233;ritage c&#233;leste de tous les hommes, et suspendus entre le regret de la vie &#233;ternelle et les plaisirs de la vie p&#233;rissable, ils se rejettent vers celle-ci et se perdent eux-m&#234;mes, ne songeant pas &#224; examiner quels sont ceux &#224; qui le Seigneur et ma&#238;tre donne le nom de riches, ni comment ce qui est impossible aux hommes est possible &#224; Dieu. Les autres comprennent bien, il est vrai, le sens cach&#233; de ces paroles, mais ils n&#233;gligent les &#339;uvres indispensables au salut, et perdent, par leur n&#233;gligence, l'esp&#233;rance qu'ils avaient con&#231;ue. J'applique ces deux r&#233;flexions aux riches qui croient au Sauveur, &#224; sa puissance et &#224; la vie &#233;ternelle qu'il nous procure ; je n'ai rien &#224; dire de ceux qui n'y croient pas, et dont les t&#233;n&#232;bres de l'erreur obscurcissent l'entendement&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est donc un devoir, je le r&#233;p&#232;te, pour tous ceux qui, aimant la v&#233;rit&#233; et leurs fr&#232;res, non seulement ne s'&#233;l&#232;vent avec insolence contre les riches chr&#233;tiens, ni ne les flattent par un coupable motif d'int&#233;r&#234;t, que d'arracher d'abord de leur c&#339;ur un d&#233;sespoir insens&#233;, en leur expliquant clairement le sens cach&#233; des oracles du Seigneur ; et en leur prouvant que s'ils ob&#233;issent &#224; ses pr&#233;ceptes, ils ont le m&#234;me droit que nous &#224; ses r&#233;compenses. Il faut ensuite leur faire observer qu'ils craignent &#224; tort l&#224; o&#249; il n'existe aucun v&#233;ritable sujet de crainte ; leur rappeler que Dieu re&#231;oit toujours dans son sein ceux qui veulent v&#233;ritablement y &#234;tre re&#231;us, et leur apprendre enfin par quels moyens, par quelles &#339;uvres, par quels sentiments se nourrit et se conserve cette esp&#233;rance pr&#233;cieuse, dont la douceur ne leur est point refus&#233;e, mais dont aucun homme n'obtient l'accomplissement sans de p&#233;nibles et de continuels efforts.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ses pr&#233;paratifs pour cette sainte lutte doivent &#234;tre la lecture assidue du nouveau Testament de notre Seigneur, ses exemples &#224; suivre, ses pr&#233;ceptes &#224; m&#233;diter et &#224; accomplir&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Comparons ici un moment une r&#233;compense frivole et p&#233;rissable &#224; une r&#233;compense grande et incorruptible, et faisons sentir aux riches du si&#232;cle, par cette comparaison que la lutte qu'ils ont &#224; soutenir ressemble &#224; celle des athl&#232;tes dans les jeux publics. L'athl&#232;te, en effet, qui, d&#233;sesp&#233;rant d'avance de la victoire, n'aura m&#234;me pas donn&#233; son nom pour &#234;tre inscrit parmi les combattants, ne l'obtiendra sans doute pas ; mais celui qui, ayant con&#231;u l'esp&#233;rance de l'obtenir, n'aura point habitu&#233; son corps &#224; la nourriture, aux travaux et aux exercices propres &#224; ce genre de combat, ne l'obtiendra pas davantage ; son esp&#233;rance aura &#233;t&#233; vaine, et il se retirera de la lice sans couronne. Que celui donc qui est riche des biens de la terre craigne d'abord, s'il est fid&#232;le et s'il comprend bien toute l'&#233;tendue des mis&#233;ricordes divines, de se retirer lui-m&#234;me du combat, et de se priver des r&#233;compenses promises par le Sauveur ; mais, une fois descendu dans cette lice sacr&#233;e, qu'il n'esp&#232;re pas non plus en sortir vainqueur sans s'y &#234;tre auparavant couvert de sueur et de poussi&#232;re. La couronne de l'immortalit&#233; ne s'acquiert qu'&#224; ce prix. C'est au Verbe et &#224; la raison, c'est au Christ, juge du combat qu'il doit se livrer et se soumettre tout entier. Ses pr&#233;paratifs pour cette sainte lutte doivent &#234;tre la lecture assidue du nouveau Testament de notre Seigneur, ses exemples &#224; suivre, ses pr&#233;ceptes &#224; m&#233;diter et &#224; accomplir. Qu'il fasse de son &#226;me un sanctuaire ouvert &#224; toutes les vertus ; qu'il y re&#231;oive et s'attache &#224; y conserver la foi, l'esp&#233;rance, la charit&#233;, la connaissance du vrai, la bont&#233;, la douceur, la mis&#233;ricorde, la chastet&#233; ; ainsi lorsque le son de la derni&#232;re trompette lui donnera le signal d'une nouvelle course et l'avertira de sortir de cette vie mortelle comme un athl&#232;te de la lice, fort d'une bonne conscience, il sera conduit en vainqueur devant le juge du combat ; et, d&#233;clar&#233; digne de sa c&#233;leste patrie, il y entrera couvert de couronnes, aux applaudissements des anges.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puisse le Seigneur nous accorder de ne rien dire en commen&#231;ant qui ne soit plein de convenance et de v&#233;rit&#233;, rien qui ne soit utile au salut de nos fr&#232;res ! Nous parlerons d'abord de l'esp&#233;rance, ensuite des moyens qui y conduisent et l'affermissent. Le m&#234;me Dieu, qui fait l'aum&#244;ne aux indigents, qui instruit ceux qui demandent &#224; l'&#234;tre, est aussi celui dont les discours, s'interpr&#233;tant clairement les uns les autres, brisent les cha&#238;nes de l'ignorance et du d&#233;sespoir. Je vous r&#233;p&#233;terai donc, et vous expliquerai avec confiance, les paroles suivantes de l'&#201;vangile, qui vous ont troubl&#233;s jusqu'ici, parce que votre ignorance ou votre faiblesse ne les ont pas comprises.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Le premier commandement : conna&#238;tre Dieu&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Comme il s'avan&#231;ait dans la voie publique, un jeune homme, accourant, fl&#233;chit le genou devant lui, et lui dit : Bon ma&#238;tre, que dois-je faire pour acqu&#233;rir la vie &#233;ternelle ? J&#233;sus lui dit : Pourquoi m'appelez-vous bon ? Il n'y a que Dieu seul qui soit bon. Vous savez les commandements : Tu ne seras point adult&#232;re ; tu ne tueras point ; tu ne d&#233;roberas point ; tu ne porteras point un faux t&#233;moignage ; tu ne commettras point de fraude ; tu honoreras ton p&#232;re et ta m&#232;re. Le jeune homme r&#233;pondant, lui dit : Ma&#238;tre, j'ai observ&#233; toutes ces choses d&#232;s ma jeunesse ; et J&#233;sus, le regardant, l'aima et lui dit : Une chose te manque encore ; va, vends tout ce que tu as, et donne-le aux pauvres, et tu auras un tr&#233;sor dans le ciel ; puis, viens et suis-moi. Le jeune homme contrist&#233; par ces paroles, s'en alla en g&#233;missant, parce qu'il avait de grands biens ; et J&#233;sus, regardant autour de lui, dit &#224; ses disciples : Qu'il est difficile que ceux qui ont des richesses entrent dans le royaume de Dieu !&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, ses disciples s'&#233;tonn&#232;rent de ces paroles ; mais J&#233;sus, leur r&#233;pondant, leur dit : Mes enfants, qu'il est difficile que ceux qui se confient en leurs richesses entrent dans le royaume de Dieu. Les disciples s'&#233;tonnaient encore plus, se disant : Et qui peut &#234;tre sauv&#233; ? Et Pierre commen&#231;a &#224; lui dire : Nous, nous avons tout quitt&#233;, et nous vous avons suivi. J&#233;sus, r&#233;pondant, dit : Je vous le dis en v&#233;rit&#233;, que personne ne quittera pour moi et pour l'&#201;vangile sa maison, ou ses fr&#232;res, ou ses s&#339;urs, ou son p&#232;re, ou sa m&#232;re, ou ses enfants, ou ses biens, que, m&#234;me dans ce si&#232;cle, il ne re&#231;oive au centuple des maisons, des fr&#232;res, des s&#339;urs, des m&#232;res, des enfants et des richesses au milieu des pers&#233;cutions, et, dans le si&#232;cle &#224; venir, la vie &#233;ternelle. Mais plusieurs, qui auront &#233;t&#233; les premiers, seront les derniers ; et les derniers, les premiers. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce r&#233;cit, que nous trouvons dans l'&#201;vangile de saint Marc, nous le trouvons aussi dans les autres &#233;vang&#233;listes, avec quelque diff&#233;rence peut-&#234;tre dans les paroles, mais sans rien perdre du m&#234;me sens. Nous donc qui savons certainement que le Sauveur du monde n'a point parl&#233; d'une mani&#232;re famili&#232;re aux hommes, mais a envelopp&#233; ses instructions des voiles d'une sagesse divine et mystique, ne prenons pas ses discours &#224; la lettre, ne les expliquons pas d'apr&#232;s nos id&#233;es charnelles ; effor&#231;ons-nous plut&#244;t d'en saisir le sens cach&#233; par une &#233;tude assidue et pers&#233;v&#233;rante. Aucune recherche n'est plus digne de nos efforts. Ce que le Seigneur para&#238;t avoir expliqu&#233; clairement &#224; ses disciples, ce qu'il leur a dit plus obscur&#233;ment et sous la forme presque d'une &#233;nigme, r&#233;clame, pour &#234;tre compris, une &#233;gale et puissante attention. Ce que ses disciples, et ceux qu'il appelle lui-m&#234;me les enfants du royaume, nous ont expliqu&#233;, a besoin de l'&#234;tre encore davantage. Comment donc les choses qu'il a dites simplement, et dont aucun de ses auditeurs n'a song&#233; &#224; lui demander l'explication, toutes choses n&#233;cessaires et indispensables au salut, n'auraient-elles pas besoin d'&#234;tre examin&#233;es avec les plus grands soins, &#233;tudi&#233;es avec la derni&#232;re sollicitude ? Le son de ses paroles ne doit pas seulement, et comme au hasard, frapper nos oreilles ; leur sens doit frapper notre c&#339;ur. C'est &#224; nous de l'y faire descendre et p&#233;n&#233;trer profond&#233;ment.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Sauveur du monde entendit sans doute avec complaisance une question qui lui convenait si parfaitement. C'&#233;tait, en effet, parler de la vie &#224; celui qui est la vie m&#234;me ; du salut au Sauveur, de la doctrine au ma&#238;tre, de la v&#233;ritable immortalit&#233; &#224; la v&#233;rit&#233; &#233;ternelle. C'&#233;tait parler de la sagesse divine &#224; cette sagesse m&#234;me, de la perfection et de l'incorruptibilit&#233; &#224; celui seul qui est parfait et incorruptible. La question qu'on lui donnait &#224; r&#233;soudre &#233;tait celle m&#234;me pour laquelle il &#233;tait descendu des deux, et dont la solution, qui ressort vivante de ses exemples et de sa doctrine, est la base de l'&#201;vangile, la source de l'&#233;ternelle vie. Comme Dieu, il pr&#233;voyait qu'il allait &#234;tre interrog&#233; ; il savait d'avance la demande qu'il ferait lui-m&#234;me, et la r&#233;ponse qu'il recevrait. N'est-il pas le proph&#232;te des proph&#232;tes, l'arbitre et l'inspirateur de tout esprit proph&#233;tique ? Voyez comme il part du premier mot qu'on lui adresse, le mot de bon, pour asseoir la base de sa doctrine et tourner l'esprit de celui qui l'&#233;coute vers un Dieu bon, seul dispensateur de la vie &#233;ternelle qu'il donne &#224; son fils, et que son fils transmet aux hommes.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est donc, de tous les commandements qui conduisent &#224; la vie, le premier, le plus grand, celui que nous devons imprimer d'abord et le plus avant dans notre &#226;me : conna&#238;tre un Dieu &#233;ternel, dispensateur des choses &#233;ternelles, Dieu supr&#234;me, unique et bon, et m&#233;riter de le poss&#233;der par notre application &#224; le conna&#238;tre. Cette connaissance d'un Dieu r&#233;mun&#233;rateur qui cr&#233;e et conserve tout est la base fixe et in&#233;branlable sur laquelle s'appuie le salut. Sans cette connaissance, nous p&#233;rissons, avec elle nous aimons Dieu, nous lui ressemblons, nous le poss&#233;dons &#233;ternellement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aussi est-ce le premier principe que le Sauveur recommande de suivre &#224; celui qui cherche la vie ; principe que &#171; personne ne conna&#238;t, si ce n'est le Fils, et celui auquel le Fils l'aura r&#233;v&#233;l&#233;. &#187; Apr&#232;s cette connaissance vient imm&#233;diatement celle de la grandeur du Sauveur et de sa gr&#226;ce nouvelle ; car, comme le dit l'ap&#244;tre : &#171; La loi a &#233;t&#233; donn&#233;e par Mo&#239;se, la gr&#226;ce et la v&#233;rit&#233; ont &#233;t&#233; faites par J&#233;sus-Christ. &#187; Les dons que nous transmet un serviteur m&#234;me fid&#232;le sont au-dessous de ceux que le Fils lui-m&#234;me nous apporte et nous distribue. Pourquoi, en effet, si la loi de Mo&#239;se e&#251;t &#233;t&#233; suffisante pour donner la vie, pourquoi le Christ e&#251;t-il souffert pour nous depuis sa naissance jusqu'&#224; sa mort ! Pourquoi encore celui qui, d&#232;s sa jeunesse, avait accompli tous les pr&#233;ceptes de la loi, se f&#251;t-il jet&#233; &#224; ses pieds et lui e&#251;t-il demand&#233; la vie &#233;ternelle ? Remarquez que ce jeune homme n'avait pas seulement ob&#233;i &#224; la loi, mais qu'il l'avait aim&#233;e d&#232;s sa jeunesse et s'&#233;tait attach&#233; de toutes ses forces &#224; son accomplissement. Un vieillard r&#233;gl&#233; dans ses m&#339;urs et d&#233;livr&#233; de l'esclavage des vices ne nous est pas un objet de surprise et d'admiration ; mais on admire justement, on regarde comme un athl&#232;te glorieux, le jeune homme qui, dans la fougue de l'&#226;ge et la chaleur des passions, se conduit comme un sage vieillard, et dont l'esprit et le jugement ont blanchi avant les cheveux. Cet homme, d&#233;j&#224; si grand, savait donc bien qu'il ne lui manquait rien pour &#234;tre juste ; mais il sentait que la vie lui manquait, et il venait la demander &#224; celui seul qui pouvait la lui donner. Il ne lui doit rien, il est et doit &#234;tre tranquille &#224; cet &#233;gard ; cependant il se prosterne aux pieds du Fils de Dieu ; de la loi, il passe &#224; la foi, et, craignant que le port de la loi o&#249; il s'est retir&#233; ne soit pas s&#251;r et que son vaisseau ne s'y brise, il implore l'appui du Sauveur.&lt;br class='autobr' /&gt;
J&#233;sus ne lui reproche point d'avoir n&#233;glig&#233; de remplir quelque pr&#233;cepte de la loi ; au contraire, il l'aime, il l'enveloppe, pour ainsi dire, de ses bras, et le f&#233;licite tendrement d'avoir observ&#233; avec un si ferme courage toute la loi dans laquelle il a &#233;t&#233; &#233;lev&#233;. Seulement il le d&#233;clare imparfait en ce qui touche la vie &#233;ternelle, dont il n'a rien fait encore pour s'assurer la possession. Observateur exact de la loi, il est arriv&#233; o&#249; la loi finit, il s'arr&#234;te o&#249; la vie commence. Cette fid&#233;lit&#233; &#224; la loi &#233;tait louable sans doute. La loi est comme un ma&#238;tre s&#233;v&#232;re qui nous instruit par la crainte ; elle est comme un chemin pour arriver &#224; la gr&#226;ce et &#224; la perfection. Mais J&#233;sus-Christ, qui justifie seul ceux qui croient en lui, est la pl&#233;nitude de la loi. Ce n'est point un esclave qui fait des esclaves ; c'est un fils qui &#233;l&#232;ve &#224; la dignit&#233; de fils, de fr&#232;res et de coh&#233;ritiers de Dieu, tous ceux qui accomplissent la volont&#233; de son p&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Or, Dieu donne &#224; ceux qui d&#233;sirent, prient, et s'efforcent de tout leur pouvoir afin que le salut soit leur propre ouvrage&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si vous voulez &#234;tre parfait. &#187; Ce jeune homme ne l'&#233;tait donc pas encore ; car qu'y a-t-il au-del&#224; de la perfection ? Ces mots myst&#233;rieux et divins, &#171; si vous voulez &#187;, montrent bien la puissance de notre libre arbitre. C'est &#224; l'homme de choisir, il est libre. C'est &#224; Dieu de donner, il est le ma&#238;tre. Or, Dieu donne &#224; ceux qui d&#233;sirent, prient, et s'efforcent de tout leur pouvoir afin que le salut soit leur propre ouvrage. Dieu ne contraint personne ; il est ennemi de la contrainte. Il fait trouver &#224; ceux qui cherchent, il accorde &#224; ceux qui demandent, il ouvre &#224; ceux qui frappent. Si vous voulez donc, si vous voulez v&#233;ritablement, si vous ne vous trompez pas vous-m&#234;me, efforcez-vous d'acqu&#233;rir ce qui vous manque. Ce qui vous manque, c'est ce qui demeure toujours, ce qui est bon, ce qui est au-dessus de la loi, ce que la loi ne contient pas, et par cons&#233;quent ne peut donner, ce qui appartient aux seuls vivants. De l&#224; vient que ce jeune homme, qui avait si hautement parl&#233; de lui-m&#234;me et de ses &#339;uvres, ne put par ses &#339;uvres acqu&#233;rir la vie &#233;ternelle, dont le d&#233;sir l'avait saisi, parce que la vie est un don du Sauveur et n'est point un don de la loi. Il se retira, triste et d&#233;concert&#233;, accabl&#233; sous le poids du commandement qu'il &#233;tait venu solliciter, puissant pour mille travaux inutiles, impuissant pour le seul travail bon et n&#233;cessaire. Comme le Seigneur dit &#224; Marthe que les soins du m&#233;nage auxquels elle se livrait tout enti&#232;re remplissaient de distractions et de troubles, et qui reprochait &#224; sa s&#339;ur de lui en laisser tout le fardeau et de se tenir en repos, disciple attentive aux pieds du ma&#238;tre : &#171; Marthe, Marthe, vous vous troublez du soin de mille choses ; mais Marie a choisi la meilleure part, et elle ne lui sera point &#244;t&#233;e &#187;, ainsi il ordonne &#224; ce jeune homme de renoncer &#224; ses occupations tumultueuses pour ne s'attacher qu'&#224; lui seul et &#224; sa gr&#226;ce qui lui ouvrira l'entr&#233;e de la vie &#233;ternelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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