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	<title>Les P&#232;res de l'&#201;glise dans la vie quotidienne</title>
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		<title>Video de pr&#233;sentation</title>
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		<dc:creator>Eric le Meur</dc:creator>



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&lt;a href="https://peres.peuterey-editions.com/-La-pauvrete-chez-les-Peres-de-l-Eglise-" rel="directory"&gt;La pauvret&#233; chez les P&#232;res de l'&#201;glise&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;iframe width=100% src=&#034;https://www.youtube.com/embed/kK2tkRIj4HY?si=_K-j_7uNYw4fBbkA&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Quel riche peut &#234;tre sauv&#233; ?</title>
		<link>https://peres.peuterey-editions.com/Quel-riche-peut-etre-sauve</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Saint Cl&#233;ment d'Alexandrie</dc:creator>



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&lt;p&gt;Ceux qui louent les riches, faisant ainsi semblant d'honorer les richesses qui, par elles-m&#234;mes, ne m&#233;ritent aucune louange, ne sont pas seulement de vils flatteurs, des esclaves l&#226;ches et rampants, ils sont des impies et des tra&#238;tres. Des impies : la louange appartient &#224; Dieu, seul &#234;tre bon et parfait, de qui tout vient, par qui tout existe, en qui tout r&#233;side ; elle lui appartient, il se l'est r&#233;serv&#233;e, et ils l'en privent ! Ils font plus encore, ils la prostituent &#224; des hommes livr&#233;s &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://peres.peuterey-editions.com/-La-pauvrete-chez-les-Peres-de-l-Eglise-" rel="directory"&gt;La pauvret&#233; chez les P&#232;res de l'&#201;glise&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ceux qui louent les riches, faisant ainsi semblant d'honorer les richesses qui, par elles-m&#234;mes, ne m&#233;ritent aucune louange, ne sont pas seulement de vils flatteurs, des esclaves l&#226;ches et rampants, ils sont des impies et des tra&#238;tres. Des impies : la louange appartient &#224; Dieu, seul &#234;tre bon et parfait, de qui tout vient, par qui tout existe, en qui tout r&#233;side ; elle lui appartient, il se l'est r&#233;serv&#233;e, et ils l'en privent ! Ils font plus encore, ils la prostituent &#224; des hommes livr&#233;s &#224; la fougue de leurs passions, qui n'ont d'autre r&#233;compense &#224; attendre de la justice divine que la punition de leurs crimes. Des tra&#238;tres : les richesses seules suffisent pour amollir, corrompre et d&#233;tourner de la voie du salut ceux qui ont le malheur de les poss&#233;der ; les flatteurs le savent, et ils entretiennent les riches dans leur folie ; ils enorgueillissent leur orgueil, ils leur apprennent &#224; tout m&#233;priser, si ce n'est ces richesses, qui leur procurent tant d'honneurs. Ils ajoutent ainsi la flamme &#224; la flamme, l'orgueil &#224; l'orgueil, le poison de la flatterie au poison de l'or ; un poids d&#233;j&#224; trop lourd qu'ils devraient all&#233;ger, ils l'aggravent ; une maladie dangereuse qu'ils devraient s'efforcer de gu&#233;rir, ils la rendent mortelle et incurable. &#171; L'arrogance et la vanit&#233;, a dit le Seigneur, seront punies par l'abaissement et la ruine. &#187; Il est donc bien plus humain, bien plus charitable, au lieu de flatter les riches et de couvrir du bruit de nos louanges le bruit que leurs crimes &#233;l&#232;vent autour d'eux, de venir &#224; leur aide par de sages avertissements, et de leur apprendre par quels moyens ils peuvent entrer et s'avancer s&#251;rement dans la voie sainte du salut. C'est surtout par la pri&#232;re vers ce Dieu, qui dispense ses faveurs &#224; ses enfants et leur apprend &#224; en faire un usage conforme et agr&#233;able &#224; ses volont&#233;s, c'est par la gr&#226;ce de notre Sauveur que nous pouvons gu&#233;rir leur esprit : c'est en les &#233;clairant, c'est en nous offrant pour guides &#224; leur ignorance dans la recherche de la v&#233;rit&#233;. Celui-l&#224; seul, en effet, qui s'attache ardemment &#224; la v&#233;rit&#233;, et qui s'environne de la lumi&#232;re des bonnes &#339;uvres, celui-l&#224; seul sera sauv&#233;, et emportera le prix de la vie &#233;ternelle. Or, si d'un c&#244;t&#233; la pri&#232;re, qui doit nous trouver infatigables et nous servir d'appui fid&#232;le jusqu'&#224; la derni&#232;re heure de notre vie, demande un esprit plein de force et de s&#233;r&#233;nit&#233;, d'un autre c&#244;t&#233;, la vie r&#233;guli&#232;re demande un amour ardent de la justice et une ob&#233;issance &#233;clair&#233;e &#224; tous les pr&#233;ceptes du Sauveur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est pas une seule et simple cause, mais plusieurs, et de diff&#233;rentes sortes, qui font croire aux riches qu'il leur est plus difficile qu'aux pauvres de se sauver. Les uns en effet, saisissant sans r&#233;flexion, et prenant &#224; la lettre ces paroles de notre Sauveur : &#171; Il est plus facile &#224; un c&#226;ble de passer par le trou d'une aiguille qu'&#224; un riche d'entrer dans le royaume des cieux1 &#187;, se persuadent qu'ils n'ont aucune part &#224; l'h&#233;ritage c&#233;leste de tous les hommes, et suspendus entre le regret de la vie &#233;ternelle et les plaisirs de la vie p&#233;rissable, ils se rejettent vers celle-ci et se perdent eux-m&#234;mes, ne songeant pas &#224; examiner quels sont ceux &#224; qui le Seigneur et ma&#238;tre donne le nom de riches, ni comment ce qui est impossible aux hommes est possible &#224; Dieu. Les autres comprennent bien, il est vrai, le sens cach&#233; de ces paroles, mais ils n&#233;gligent les &#339;uvres indispensables au salut, et perdent, par leur n&#233;gligence, l'esp&#233;rance qu'ils avaient con&#231;ue. J'applique ces deux r&#233;flexions aux riches qui croient au Sauveur, &#224; sa puissance et &#224; la vie &#233;ternelle qu'il nous procure ; je n'ai rien &#224; dire de ceux qui n'y croient pas, et dont les t&#233;n&#232;bres de l'erreur obscurcissent l'entendement&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est donc un devoir, je le r&#233;p&#232;te, pour tous ceux qui, aimant la v&#233;rit&#233; et leurs fr&#232;res, non seulement ne s'&#233;l&#232;vent avec insolence contre les riches chr&#233;tiens, ni ne les flattent par un coupable motif d'int&#233;r&#234;t, que d'arracher d'abord de leur c&#339;ur un d&#233;sespoir insens&#233;, en leur expliquant clairement le sens cach&#233; des oracles du Seigneur ; et en leur prouvant que s'ils ob&#233;issent &#224; ses pr&#233;ceptes, ils ont le m&#234;me droit que nous &#224; ses r&#233;compenses. Il faut ensuite leur faire observer qu'ils craignent &#224; tort l&#224; o&#249; il n'existe aucun v&#233;ritable sujet de crainte ; leur rappeler que Dieu re&#231;oit toujours dans son sein ceux qui veulent v&#233;ritablement y &#234;tre re&#231;us, et leur apprendre enfin par quels moyens, par quelles &#339;uvres, par quels sentiments se nourrit et se conserve cette esp&#233;rance pr&#233;cieuse, dont la douceur ne leur est point refus&#233;e, mais dont aucun homme n'obtient l'accomplissement sans de p&#233;nibles et de continuels efforts.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ses pr&#233;paratifs pour cette sainte lutte doivent &#234;tre la lecture assidue du nouveau Testament de notre Seigneur, ses exemples &#224; suivre, ses pr&#233;ceptes &#224; m&#233;diter et &#224; accomplir&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Comparons ici un moment une r&#233;compense frivole et p&#233;rissable &#224; une r&#233;compense grande et incorruptible, et faisons sentir aux riches du si&#232;cle, par cette comparaison que la lutte qu'ils ont &#224; soutenir ressemble &#224; celle des athl&#232;tes dans les jeux publics. L'athl&#232;te, en effet, qui, d&#233;sesp&#233;rant d'avance de la victoire, n'aura m&#234;me pas donn&#233; son nom pour &#234;tre inscrit parmi les combattants, ne l'obtiendra sans doute pas ; mais celui qui, ayant con&#231;u l'esp&#233;rance de l'obtenir, n'aura point habitu&#233; son corps &#224; la nourriture, aux travaux et aux exercices propres &#224; ce genre de combat, ne l'obtiendra pas davantage ; son esp&#233;rance aura &#233;t&#233; vaine, et il se retirera de la lice sans couronne. Que celui donc qui est riche des biens de la terre craigne d'abord, s'il est fid&#232;le et s'il comprend bien toute l'&#233;tendue des mis&#233;ricordes divines, de se retirer lui-m&#234;me du combat, et de se priver des r&#233;compenses promises par le Sauveur ; mais, une fois descendu dans cette lice sacr&#233;e, qu'il n'esp&#232;re pas non plus en sortir vainqueur sans s'y &#234;tre auparavant couvert de sueur et de poussi&#232;re. La couronne de l'immortalit&#233; ne s'acquiert qu'&#224; ce prix. C'est au Verbe et &#224; la raison, c'est au Christ, juge du combat qu'il doit se livrer et se soumettre tout entier. Ses pr&#233;paratifs pour cette sainte lutte doivent &#234;tre la lecture assidue du nouveau Testament de notre Seigneur, ses exemples &#224; suivre, ses pr&#233;ceptes &#224; m&#233;diter et &#224; accomplir. Qu'il fasse de son &#226;me un sanctuaire ouvert &#224; toutes les vertus ; qu'il y re&#231;oive et s'attache &#224; y conserver la foi, l'esp&#233;rance, la charit&#233;, la connaissance du vrai, la bont&#233;, la douceur, la mis&#233;ricorde, la chastet&#233; ; ainsi lorsque le son de la derni&#232;re trompette lui donnera le signal d'une nouvelle course et l'avertira de sortir de cette vie mortelle comme un athl&#232;te de la lice, fort d'une bonne conscience, il sera conduit en vainqueur devant le juge du combat ; et, d&#233;clar&#233; digne de sa c&#233;leste patrie, il y entrera couvert de couronnes, aux applaudissements des anges.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puisse le Seigneur nous accorder de ne rien dire en commen&#231;ant qui ne soit plein de convenance et de v&#233;rit&#233;, rien qui ne soit utile au salut de nos fr&#232;res ! Nous parlerons d'abord de l'esp&#233;rance, ensuite des moyens qui y conduisent et l'affermissent. Le m&#234;me Dieu, qui fait l'aum&#244;ne aux indigents, qui instruit ceux qui demandent &#224; l'&#234;tre, est aussi celui dont les discours, s'interpr&#233;tant clairement les uns les autres, brisent les cha&#238;nes de l'ignorance et du d&#233;sespoir. Je vous r&#233;p&#233;terai donc, et vous expliquerai avec confiance, les paroles suivantes de l'&#201;vangile, qui vous ont troubl&#233;s jusqu'ici, parce que votre ignorance ou votre faiblesse ne les ont pas comprises.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Le premier commandement : conna&#238;tre Dieu&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Comme il s'avan&#231;ait dans la voie publique, un jeune homme, accourant, fl&#233;chit le genou devant lui, et lui dit : Bon ma&#238;tre, que dois-je faire pour acqu&#233;rir la vie &#233;ternelle ? J&#233;sus lui dit : Pourquoi m'appelez-vous bon ? Il n'y a que Dieu seul qui soit bon. Vous savez les commandements : Tu ne seras point adult&#232;re ; tu ne tueras point ; tu ne d&#233;roberas point ; tu ne porteras point un faux t&#233;moignage ; tu ne commettras point de fraude ; tu honoreras ton p&#232;re et ta m&#232;re. Le jeune homme r&#233;pondant, lui dit : Ma&#238;tre, j'ai observ&#233; toutes ces choses d&#232;s ma jeunesse ; et J&#233;sus, le regardant, l'aima et lui dit : Une chose te manque encore ; va, vends tout ce que tu as, et donne-le aux pauvres, et tu auras un tr&#233;sor dans le ciel ; puis, viens et suis-moi. Le jeune homme contrist&#233; par ces paroles, s'en alla en g&#233;missant, parce qu'il avait de grands biens ; et J&#233;sus, regardant autour de lui, dit &#224; ses disciples : Qu'il est difficile que ceux qui ont des richesses entrent dans le royaume de Dieu !&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, ses disciples s'&#233;tonn&#232;rent de ces paroles ; mais J&#233;sus, leur r&#233;pondant, leur dit : Mes enfants, qu'il est difficile que ceux qui se confient en leurs richesses entrent dans le royaume de Dieu. Les disciples s'&#233;tonnaient encore plus, se disant : Et qui peut &#234;tre sauv&#233; ? Et Pierre commen&#231;a &#224; lui dire : Nous, nous avons tout quitt&#233;, et nous vous avons suivi. J&#233;sus, r&#233;pondant, dit : Je vous le dis en v&#233;rit&#233;, que personne ne quittera pour moi et pour l'&#201;vangile sa maison, ou ses fr&#232;res, ou ses s&#339;urs, ou son p&#232;re, ou sa m&#232;re, ou ses enfants, ou ses biens, que, m&#234;me dans ce si&#232;cle, il ne re&#231;oive au centuple des maisons, des fr&#232;res, des s&#339;urs, des m&#232;res, des enfants et des richesses au milieu des pers&#233;cutions, et, dans le si&#232;cle &#224; venir, la vie &#233;ternelle. Mais plusieurs, qui auront &#233;t&#233; les premiers, seront les derniers ; et les derniers, les premiers. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce r&#233;cit, que nous trouvons dans l'&#201;vangile de saint Marc, nous le trouvons aussi dans les autres &#233;vang&#233;listes, avec quelque diff&#233;rence peut-&#234;tre dans les paroles, mais sans rien perdre du m&#234;me sens. Nous donc qui savons certainement que le Sauveur du monde n'a point parl&#233; d'une mani&#232;re famili&#232;re aux hommes, mais a envelopp&#233; ses instructions des voiles d'une sagesse divine et mystique, ne prenons pas ses discours &#224; la lettre, ne les expliquons pas d'apr&#232;s nos id&#233;es charnelles ; effor&#231;ons-nous plut&#244;t d'en saisir le sens cach&#233; par une &#233;tude assidue et pers&#233;v&#233;rante. Aucune recherche n'est plus digne de nos efforts. Ce que le Seigneur para&#238;t avoir expliqu&#233; clairement &#224; ses disciples, ce qu'il leur a dit plus obscur&#233;ment et sous la forme presque d'une &#233;nigme, r&#233;clame, pour &#234;tre compris, une &#233;gale et puissante attention. Ce que ses disciples, et ceux qu'il appelle lui-m&#234;me les enfants du royaume, nous ont expliqu&#233;, a besoin de l'&#234;tre encore davantage. Comment donc les choses qu'il a dites simplement, et dont aucun de ses auditeurs n'a song&#233; &#224; lui demander l'explication, toutes choses n&#233;cessaires et indispensables au salut, n'auraient-elles pas besoin d'&#234;tre examin&#233;es avec les plus grands soins, &#233;tudi&#233;es avec la derni&#232;re sollicitude ? Le son de ses paroles ne doit pas seulement, et comme au hasard, frapper nos oreilles ; leur sens doit frapper notre c&#339;ur. C'est &#224; nous de l'y faire descendre et p&#233;n&#233;trer profond&#233;ment.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Sauveur du monde entendit sans doute avec complaisance une question qui lui convenait si parfaitement. C'&#233;tait, en effet, parler de la vie &#224; celui qui est la vie m&#234;me ; du salut au Sauveur, de la doctrine au ma&#238;tre, de la v&#233;ritable immortalit&#233; &#224; la v&#233;rit&#233; &#233;ternelle. C'&#233;tait parler de la sagesse divine &#224; cette sagesse m&#234;me, de la perfection et de l'incorruptibilit&#233; &#224; celui seul qui est parfait et incorruptible. La question qu'on lui donnait &#224; r&#233;soudre &#233;tait celle m&#234;me pour laquelle il &#233;tait descendu des deux, et dont la solution, qui ressort vivante de ses exemples et de sa doctrine, est la base de l'&#201;vangile, la source de l'&#233;ternelle vie. Comme Dieu, il pr&#233;voyait qu'il allait &#234;tre interrog&#233; ; il savait d'avance la demande qu'il ferait lui-m&#234;me, et la r&#233;ponse qu'il recevrait. N'est-il pas le proph&#232;te des proph&#232;tes, l'arbitre et l'inspirateur de tout esprit proph&#233;tique ? Voyez comme il part du premier mot qu'on lui adresse, le mot de bon, pour asseoir la base de sa doctrine et tourner l'esprit de celui qui l'&#233;coute vers un Dieu bon, seul dispensateur de la vie &#233;ternelle qu'il donne &#224; son fils, et que son fils transmet aux hommes.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est donc, de tous les commandements qui conduisent &#224; la vie, le premier, le plus grand, celui que nous devons imprimer d'abord et le plus avant dans notre &#226;me : conna&#238;tre un Dieu &#233;ternel, dispensateur des choses &#233;ternelles, Dieu supr&#234;me, unique et bon, et m&#233;riter de le poss&#233;der par notre application &#224; le conna&#238;tre. Cette connaissance d'un Dieu r&#233;mun&#233;rateur qui cr&#233;e et conserve tout est la base fixe et in&#233;branlable sur laquelle s'appuie le salut. Sans cette connaissance, nous p&#233;rissons, avec elle nous aimons Dieu, nous lui ressemblons, nous le poss&#233;dons &#233;ternellement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aussi est-ce le premier principe que le Sauveur recommande de suivre &#224; celui qui cherche la vie ; principe que &#171; personne ne conna&#238;t, si ce n'est le Fils, et celui auquel le Fils l'aura r&#233;v&#233;l&#233;. &#187; Apr&#232;s cette connaissance vient imm&#233;diatement celle de la grandeur du Sauveur et de sa gr&#226;ce nouvelle ; car, comme le dit l'ap&#244;tre : &#171; La loi a &#233;t&#233; donn&#233;e par Mo&#239;se, la gr&#226;ce et la v&#233;rit&#233; ont &#233;t&#233; faites par J&#233;sus-Christ. &#187; Les dons que nous transmet un serviteur m&#234;me fid&#232;le sont au-dessous de ceux que le Fils lui-m&#234;me nous apporte et nous distribue. Pourquoi, en effet, si la loi de Mo&#239;se e&#251;t &#233;t&#233; suffisante pour donner la vie, pourquoi le Christ e&#251;t-il souffert pour nous depuis sa naissance jusqu'&#224; sa mort ! Pourquoi encore celui qui, d&#232;s sa jeunesse, avait accompli tous les pr&#233;ceptes de la loi, se f&#251;t-il jet&#233; &#224; ses pieds et lui e&#251;t-il demand&#233; la vie &#233;ternelle ? Remarquez que ce jeune homme n'avait pas seulement ob&#233;i &#224; la loi, mais qu'il l'avait aim&#233;e d&#232;s sa jeunesse et s'&#233;tait attach&#233; de toutes ses forces &#224; son accomplissement. Un vieillard r&#233;gl&#233; dans ses m&#339;urs et d&#233;livr&#233; de l'esclavage des vices ne nous est pas un objet de surprise et d'admiration ; mais on admire justement, on regarde comme un athl&#232;te glorieux, le jeune homme qui, dans la fougue de l'&#226;ge et la chaleur des passions, se conduit comme un sage vieillard, et dont l'esprit et le jugement ont blanchi avant les cheveux. Cet homme, d&#233;j&#224; si grand, savait donc bien qu'il ne lui manquait rien pour &#234;tre juste ; mais il sentait que la vie lui manquait, et il venait la demander &#224; celui seul qui pouvait la lui donner. Il ne lui doit rien, il est et doit &#234;tre tranquille &#224; cet &#233;gard ; cependant il se prosterne aux pieds du Fils de Dieu ; de la loi, il passe &#224; la foi, et, craignant que le port de la loi o&#249; il s'est retir&#233; ne soit pas s&#251;r et que son vaisseau ne s'y brise, il implore l'appui du Sauveur.&lt;br class='autobr' /&gt;
J&#233;sus ne lui reproche point d'avoir n&#233;glig&#233; de remplir quelque pr&#233;cepte de la loi ; au contraire, il l'aime, il l'enveloppe, pour ainsi dire, de ses bras, et le f&#233;licite tendrement d'avoir observ&#233; avec un si ferme courage toute la loi dans laquelle il a &#233;t&#233; &#233;lev&#233;. Seulement il le d&#233;clare imparfait en ce qui touche la vie &#233;ternelle, dont il n'a rien fait encore pour s'assurer la possession. Observateur exact de la loi, il est arriv&#233; o&#249; la loi finit, il s'arr&#234;te o&#249; la vie commence. Cette fid&#233;lit&#233; &#224; la loi &#233;tait louable sans doute. La loi est comme un ma&#238;tre s&#233;v&#232;re qui nous instruit par la crainte ; elle est comme un chemin pour arriver &#224; la gr&#226;ce et &#224; la perfection. Mais J&#233;sus-Christ, qui justifie seul ceux qui croient en lui, est la pl&#233;nitude de la loi. Ce n'est point un esclave qui fait des esclaves ; c'est un fils qui &#233;l&#232;ve &#224; la dignit&#233; de fils, de fr&#232;res et de coh&#233;ritiers de Dieu, tous ceux qui accomplissent la volont&#233; de son p&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Or, Dieu donne &#224; ceux qui d&#233;sirent, prient, et s'efforcent de tout leur pouvoir afin que le salut soit leur propre ouvrage&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si vous voulez &#234;tre parfait. &#187; Ce jeune homme ne l'&#233;tait donc pas encore ; car qu'y a-t-il au-del&#224; de la perfection ? Ces mots myst&#233;rieux et divins, &#171; si vous voulez &#187;, montrent bien la puissance de notre libre arbitre. C'est &#224; l'homme de choisir, il est libre. C'est &#224; Dieu de donner, il est le ma&#238;tre. Or, Dieu donne &#224; ceux qui d&#233;sirent, prient, et s'efforcent de tout leur pouvoir afin que le salut soit leur propre ouvrage. Dieu ne contraint personne ; il est ennemi de la contrainte. Il fait trouver &#224; ceux qui cherchent, il accorde &#224; ceux qui demandent, il ouvre &#224; ceux qui frappent. Si vous voulez donc, si vous voulez v&#233;ritablement, si vous ne vous trompez pas vous-m&#234;me, efforcez-vous d'acqu&#233;rir ce qui vous manque. Ce qui vous manque, c'est ce qui demeure toujours, ce qui est bon, ce qui est au-dessus de la loi, ce que la loi ne contient pas, et par cons&#233;quent ne peut donner, ce qui appartient aux seuls vivants. De l&#224; vient que ce jeune homme, qui avait si hautement parl&#233; de lui-m&#234;me et de ses &#339;uvres, ne put par ses &#339;uvres acqu&#233;rir la vie &#233;ternelle, dont le d&#233;sir l'avait saisi, parce que la vie est un don du Sauveur et n'est point un don de la loi. Il se retira, triste et d&#233;concert&#233;, accabl&#233; sous le poids du commandement qu'il &#233;tait venu solliciter, puissant pour mille travaux inutiles, impuissant pour le seul travail bon et n&#233;cessaire. Comme le Seigneur dit &#224; Marthe que les soins du m&#233;nage auxquels elle se livrait tout enti&#232;re remplissaient de distractions et de troubles, et qui reprochait &#224; sa s&#339;ur de lui en laisser tout le fardeau et de se tenir en repos, disciple attentive aux pieds du ma&#238;tre : &#171; Marthe, Marthe, vous vous troublez du soin de mille choses ; mais Marie a choisi la meilleure part, et elle ne lui sera point &#244;t&#233;e &#187;, ainsi il ordonne &#224; ce jeune homme de renoncer &#224; ses occupations tumultueuses pour ne s'attacher qu'&#224; lui seul et &#224; sa gr&#226;ce qui lui ouvrira l'entr&#233;e de la vie &#233;ternelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le vrai pauvre</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Saint Augustin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Il nous faut entendre le mot pauvre dans un sens plus &#233;lev&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
1. Nous venons de chanter &#224; la gloire du Seigneur : &#171; Le pauvre s'abandonne &#224; vous ; vous serez l'appui de l'orphelin1 (Ps 9, 14) &#187; Cherchons un pauvre, cherchons un orphelin. Ne vous &#233;tonnez point si je vous invite &#224; chercher ceux que nous voyons, ceux que nous sentons en si grand nombre. Tout n'est-il pas rempli de pauvres, rempli d'orphelins ? Cependant je cherche partout un pauvre, un orphelin partout. Montrons d'abord &#224; votre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://peres.peuterey-editions.com/-La-pauvrete-chez-les-Peres-de-l-Eglise-" rel="directory"&gt;La pauvret&#233; chez les P&#232;res de l'&#201;glise&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Il nous faut entendre le mot pauvre dans un sens plus &#233;lev&#233;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;1. Nous venons de chanter &#224; la gloire du Seigneur : &#171; Le pauvre s'abandonne &#224; vous ; vous serez l'appui de l'orphelin1 (Ps 9, 14) &#187; Cherchons un pauvre, cherchons un orphelin. Ne vous &#233;tonnez point si je vous invite &#224; chercher ceux que nous voyons, ceux que nous sentons en si grand nombre. Tout n'est-il pas rempli de pauvres, rempli d'orphelins ? Cependant je cherche partout un pauvre, un orphelin partout.&lt;br class='autobr' /&gt;
Montrons d'abord &#224; votre charit&#233; que ce que nous cherchons n'est pas ce que nous croyons. En effet ceux que l'on nomme pauvres et qui le sont ; ceux pour qui Dieu a command&#233; de faire l'aum&#244;ne et pour qui il est &#233;crit : &#171; Renferme l'aum&#244;ne dans le c&#339;ur du pauvre, et elle priera pour toi le Seigneur (Qo 29, 15) &#187; ; ces pauvres sont nombreux parmi les hommes ; mais il nous faut entendre le mot pauvre dans un sens plus &#233;lev&#233;. Le pauvre ici est de ceux dont il est dit : &#171; Heureux les pauvres d'esprit, parce qu'&#224; eux appartient le royaume, des cieux (Mt 5, 3) &#187;. Il est des pauvres qui sont sans ressources ; ils trouvent &#224; peine l'aliment de chaque jour, et ils ont si besoin de l'assistance et de la compassion d'autrui, qu'ils n'ont m&#234;me pas honte de mendier. Si c'est de ceux-l&#224; qu'il est dit : &#171; Le pauvre s'abandonne &#224; vous &#187;, que ferons-nous, nous qui ne le sommes pas ? Tous chr&#233;tiens que nous soyons, nous ne nous abandonnons donc pas &#224; Dieu ? Et quelle autre esp&#233;rance pouvons-nous avoir, si nous ne nous abandonnons pas &#224; Celui qui ne nous abandonne pas ?&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Apprenez donc &#224; &#234;tre pauvres et &#224; vous abandonner &#224; Dieu, &#244; mes fr&#232;res en pauvret&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;2. Apprenez donc &#224; &#234;tre pauvres et &#224; vous abandonner &#224; Dieu, &#244; mes fr&#232;res en pauvret&#233; ! Tel est riche, il est orgueilleux. Car dans ces richesses, c'est-&#224;-dire dans ce qu'on appelle vulgairement les richesses, dans ce qui est l'oppos&#233; de cette pauvret&#233; vulgaire, il n'est rien qui soit autant &#224; craindre que le vice de l'orgueil. Ne pas avoir de richesses, c'est ne pas avoir de grands moyens, c'est ne pas avoir de quoi s'enorgueillir, et par cons&#233;quent c'est ne pas m&#233;riter de louanges si on &#233;vite l'orgueil. Louons au contraire celui qui poss&#232;de de quoi s'enorgueillir sans s'enorgueillir en effet. Pourquoi louer un pauvre qui est humble, un pauvre qui n'a pas de quoi s'&#233;lever ? Qui peut supporter un pauvre superbe ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Loue les riches qui sont humbles, loue les riches qui sont pauvres. Ainsi le veut l'Ap&#244;tre Paul ; il &#233;crit &#224; Timoth&#233;e : &#171; Ordonne aux riches de ce si&#232;cle de ne pas s'enfler d'orgueil (1 Tm 6, 17) &#187;. Je sais ce que je dis et donne leur cet ordre. Car ils ont des richesses qui inspirent secr&#232;tement l'orgueil, des richesses contre lesquelles il leur faut travailler pour devenir humbles. Qu'ils imitent Zach&#233;e. Zach&#233;e a d'amples richesses, il est prince de publicains, il avoue ses p&#233;ch&#233;s, il est petit de taille, plus petit dans son &#226;me et il monte sur un arbre pour voir passer Celui qui pour son salut devait &#234;tre bient&#244;t suspendu &#224; la croix ; qu'ils disent comme Zach&#233;e : &#171; Je donne aux pauvres la moiti&#233; de mes biens. &#187; Mais tu es bien riche encore, &#244; Zach&#233;e, tu es bien riche. Tu veux donner une moiti&#233; : pourquoi r&#233;server l'autre ? Pour &#171; rendre le quadruple, si j'ai fait tort &#224; quelqu'un (Lc 19, 2-8) &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
3. Mais j'entends le mendiant &#233;puis&#233;, couvert de haillons, languissant de faim ; il me crie : &#171; C'est &#224; moi qu'est d&#251; le royaume des cieux ; car je ressemble &#224; ce Lazare qui gisait couvert d'ulc&#232;res devant la demeure du riche, et dont les chiens l&#233;chaient les plaies et qui demandait &#224; se rassasier des miettes qui tombaient de la table de ce riche &#187;. Je lui ressemble, dit le pauvre : c'est &#224; nous autres qu'est d&#251; le royaume des cieux, non &#224; ces hommes que recouvrent la pourpre et le lin et qui font chaque jour grande ch&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tel &#233;tait ce riche quand le pauvre gisait &#224; sa porte couvert d'ulc&#232;res : voyez quelle fut la fin de l'un et de l'autre. &#171; Le pauvre mourut et fut port&#233; par les Anges dans le sein d'Abraham. &#187; Le riche mourut aussi et fut enseveli ; le pauvre peut-&#234;tre ne l'avait pas &#233;t&#233;. Et ensuite ? Pendant que le riche &#233;tait dans les tourments de l'enfer, il leva les yeux et vit en repos dans le sein d'Abraham ce pauvre qu'il avait d&#233;daign&#233;. Il lui avait refus&#233; une miette de pain ; il lui demanda une goutte d'eau. Mais pour avoir aim&#233; la fortune, il ne trouva pas mis&#233;ricorde. Il aurait voulu qu'on secourut ses fr&#232;res ; cet homme sans c&#339;ur et trop tard compatissant n'obtint absolument rien de ce qu'il souhaitait (Lc 16, 19-31).&lt;br class='autobr' /&gt;
4. Ainsi distinguons, poursuit le pauvre, entre les pauvres et les riches : pourquoi m'exhorter &#224; d'autres consid&#233;rations ? Il est facile de conna&#238;tre les pauvres, facile de conna&#238;tre les riches : ils se montrent.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Garde-toi de m&#233;priser les riches qui sont mis&#233;ricordieux, les riches qui sont humbles&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Mon fr&#232;re le pauvre, &#233;coute-moi, je parle de ce que tu demandes. Quand tu te compares &#224; ce saint couvert d'ulc&#232;res, je crains qu'&#224; cause de ton orgueil tu ne sois pas ce que tu dis. Garde-toi de m&#233;priser les riches qui sont mis&#233;ricordieux, les riches qui sont humbles ; et pour tout redire en un mot, garde-toi de m&#233;priser les riches qui sont pauvres. O pauvre, sois pauvre, pauvre, c'est-&#224;-dire humble. Si le riche est devenu humble, le pauvre ne doit-il pas encore plus le devenir ? Le pauvre n'a pas de quoi s'enfler ; il y a dans le riche mati&#232;re &#224; lutter. &#201;coute-moi donc. Sois un vrai pauvre, sois pieux, sois humble. Si tu te glorifies de cette pauvret&#233; rev&#234;tue de haillons et d'ulc&#232;res, en pensant que tel fut le pauvre qui gisait &#224; la porte du riche ; tu consid&#232;res bien qu'il fut pauvre, et tu ne consid&#232;res pas autre chose.
&lt;br /&gt;&#8212; Quoi ? dis-tu, je suis attentif.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lis les &#201;critures et tu comprendras ce que je dis. Lazare &#233;tait pauvre ; mais celui dans le sein duquel il fut port&#233;, &#233;tait riche. &#171; Ce pauvre mourut, est-il &#233;crit, et il fut port&#233; par les Anges. &#187; O&#249; ? &#171; Dans le sein d'Abraham, c'est-&#224;-dire dans les lieux myst&#233;rieux o&#249; &#233;tait Abraham. Loin d'ici toute id&#233;e charnelle, et ne vous figurez point que le pauvre fut port&#233; comme dans le sein de la robe d'Abraham. On dit ici le sein pour le lieu secret. De l&#224; ces paroles : &#171; Rejetez dans le sein de ces peuples voisins (Ps 75, 12) &#187;. Qu'est-ce &#224; dire dans leur sein ? Dans leur int&#233;rieur. Qu'est-ce &#224; dire : Rejetez dans leur sein ? Tourmentez leur conscience. Lis donc, ou si tu ne peux lire, &#233;coute quand on lit et consid&#232;re qu'Abraham &#233;tait fort opulent sur la terre. Il avait en abondance de l'or, de l'argent, des domestiques, des troupeaux, des domaines (Gn 13), et tout riche qu'il f&#251;t, il &#233;tait pauvre, car il &#233;tait humble ; &#171; il crut Dieu, ce qui lui fut imput&#233; &#224; justice (Rm 4, 3). &#187; Il fut justifi&#233; par la gr&#226;ce de Dieu, non par les m&#233;rites qu'il aurait pu s'attribuer. Il &#233;tait fid&#232;le, il faisait de bonnes &#339;uvres. On lui commanda d'immoler son fils, il n'h&#233;sita point de l'offrir &#224; celui de qui il l'avait re&#231;u (Gn 22). Il fut &#233;prouv&#233; par Dieu, et fut propos&#233; comme mod&#232;le de foi. Sans doute il &#233;tait connu de Dieu, mais il fallait nous le faire conna&#238;tre. Il ne s'enfla point de ses bonnes &#339;uvres, parce que riche il &#233;tait pauvre. Et pour apprendre qu'il ne s'enfla point de ses bonnes &#339;uvres parce qu'il savait tenir tout de Dieu et ne se glorifiait point en lui-m&#234;me, mais dans le Seigneur, &#233;coute l'Ap&#244;tre Paul ! &#171; Si Abraham a &#233;t&#233; justifi&#233; par les &#339;uvres, il a de quoi se glorifier, mais non devant Dieu (Rm 4, 2) &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
5. Vous le voyez ; malgr&#233; la multitude des pauvres, nous avons raison de chercher un pauvre ; nous en cherchons un dans la foule, et nous avons peine &#224; le trouver. Je rencontre des pauvres, et je cherche un pauvre. Toi cependant ouvre la main au pauvre que tu as rencontr&#233;, tout en cherchant un pauvre qui soit pauvre dans le c&#339;ur. Pauvre, tu dis : Je suis pauvre comme Lazare. Et ce riche qui est humble, ne dit pas : Je suis riche comme Abraham. Ainsi tu t'&#233;l&#232;ves et il s'humilie. Pourquoi t'enfler, et ne pas l'imiter ? Moi, dit le pauvre, je suis port&#233; dans le sein d'Abraham. Ne vois-tu pas que c'est le riche qui re&#231;oit le pauvre ? Ne vois-tu pas que le riche recueille le pauvre ? Si tu t'&#233;l&#232;ves orgueilleusement contre ceux qui poss&#232;dent, si tu nies qu'ils appartiennent au royaume des cieux, quoique peut-&#234;tre l'on d&#233;couvre en eux l'humilit&#233; que l'on ne trouve pas en toi, ne crains-tu pas qu'Abraham ne te dise apr&#232;s ta mort : &#201;loigne-toi, car tu m'as outrag&#233; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
6. Adressons &#224; nos riches les avis de l'Ap&#244;tre. Il nous a avertis &#171; de ne point nous &#233;lever d'orgueil, de ne point mettre notre confiance dans des richesses incertaines (1 Tm 6, 18) &#187;. Il y a plus de danger dans ces richesses que vous n'y croyez de d&#233;lices. Il &#233;tait pauvre, et il dormait en s&#251;ret&#233; sur la terre, et le sommeil abordait plus facilement cette dure couche qu'il n'aborde le lit d'argent. Songez aux soucis des riches et comparez-les &#224; la s&#233;curit&#233; des pauvres. Mais que ce riche apprenne &#224; ne pas s'&#233;lever d'orgueil ; &#224; ne pas mettre sa confiance dans des richesses incertaines ; &#224; user de ce monde comme n'en usant pas ; &#224; savoir qu'il est en route et que ses richesses sont pour lui comme une h&#244;tellerie ; &#224; r&#233;parer ses forces, car il est voyageur ; &#224; les r&#233;parer et &#224; marcher : le voyageur n'emporte pas ce qu'il trouve dans l'h&#244;tellerie ; viendra un autre voyageur qui en usera aussi, sans l'emporter. Tous laisseront ici ce qu'ils y ont acquis. &#171; Nu je suis sorti du sein de ma m&#232;re ; je rentrerai nu dans la terre. Le Seigneur a donn&#233;, le Seigneur a &#244;t&#233; (Jb 1, 21). &#187; Il ne s'est pas soustrait lui-m&#234;me car c'est &#171; &#224; vous que s'abandonne le pauvre &#187;.
&lt;br /&gt;&#8212; Nu je suis sorti du sein de ma m&#232;re ; je rentrerai nu dans la terre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voici un autre pauvre qui parle : &#171; Nous n'avons rien apport&#233; en ce monde, et nous ne pouvons rien en emporter : ayant donc la nourriture et le v&#234;tement, contentons-nous-en, parce que ceux qui veulent devenir riches tombent dans la tentation et dans beaucoup de d&#233;sirs insens&#233;s et nuisibles, qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition. Car la racine de tous les maux est l'avarice ; et quelques-uns y ayant c&#233;d&#233; ont d&#233;vi&#233; de la foi et se sont engag&#233;s dans beaucoup de chagrins (1 Tm 6, 7-10) &#187;. Quels sont ceux qui &#171; ont d&#233;vi&#233; de la foi et se sont engag&#233;s dans beaucoup de chagrins &#187; ? Ceux qui veulent devenir riches.&lt;br class='autobr' /&gt;
Que r&#233;ponde maintenant cet indigent couvert de haillons. Voyons, ne veut-il pas devenir riche ? Examinons, interrogeons-le : ne veut-il pas devenir riche ? Qu'il r&#233;ponde sans mentir. J'entends ce que dit sa bouche, mais je questionne sa conscience. Dis donc : ne veux-tu pas devenir riche ? S'il le veut, le voil&#224; qui tombe dans la tentation et dans beaucoup de d&#233;sirs insens&#233;s et nuisibles. Je dis les d&#233;sirs, non les richesses. Pourquoi ? Parce qu'il veut devenir riche. Dans quoi encore ? Dans beaucoup de d&#233;sirs insens&#233;s et nuisibles, qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition. Vois-tu o&#249; tu es tomb&#233; ? Pourquoi me parler toujours de la nullit&#233; de tes ressources, quand je montre en toi des passions si dangereuses ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Compare maintenant ces deux hommes. L'un est riche, l'autre est pauvre ; mais le riche est riche et ne veut pas le devenir ; il est riche, soit par ses parents, soit &#224; cause des dons et des h&#233;ritages qu'il a re&#231;us. Supposons qu'il est riche aussi par injustice ; il ne veut plus acqu&#233;rir, il a impos&#233; des bornes, fix&#233; des limites &#224; sa cupidit&#233; : et il combat de tout son c&#339;ur pour la pi&#233;t&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
8. Mais il est riche, dis-tu. Je r&#233;ponds : Il est riche. Tu vas plus loin, tu l'accuses : Il est riche par injustice, dis-tu.
&lt;br /&gt;&#8212; Et si avec ses richesses d'iniquit&#233; il se fait des amis ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Seigneur savait ce qu'il disait ; assur&#233;ment il ne se trompait pas en donnant cet ordre : &#171; Faites-vous des amis avec les richesses d'iniquit&#233;, afin qu'eux aussi vous re&#231;oivent dans les tabernacles &#233;ternels (Lc 16, 9). &#187; Et si le riche fait cela ? II comprime la cupidit&#233;, il exerce la pi&#233;t&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour toi, tu n'as rien, mais tu si veux devenir riche tu tomberas dans la tentation. Mais ce qui peut &#234;tre t'a r&#233;duit &#224; la derni&#232;re indigence, &#224; la plus profonde mis&#232;re, c'est que ce pauvre petit h&#233;ritage paternel, qui devait t'aider &#224; vivre, t'a &#233;t&#233; enlev&#233; par suite des fausses accusations de quelque comp&#233;titeur. Je t'entends g&#233;mir, accuser les temps, et, si tu le pouvais, tu ferais ce que tu d&#233;plores. N'en voyons-nous pas des exemples ? Chaque jour n'en est-il pas partout ? On g&#233;missait hier, parce qu'on perdait son bien : aujourd'hui, qu'on en a davantage, on ravit le bien d'autrui.&lt;br class='autobr' /&gt;
9. Nous avons trouv&#233; le vrai pauvre, le pauvre pieux, humble, n'ayant point confiance en lui-m&#234;me, le pauvre v&#233;ritable, membre du Pauvre qui pour nous s'est fait pauvre quand il &#233;tait riche (2 Co 8, 9). Voyez ce Riche qui pour nous s'est fait pauvre quand il &#233;tait riche ; voyez ce Riche ; &#171; Par lui tout a &#233;t&#233; fait ; et rien n'a &#233;t&#233; fait sans lui. &#187; Cr&#233;er l'or, c'est plus que de le poss&#233;der. Tu es riche en or, en argent, en troupeaux, en domestiques, en domaines et revenus ; tu n'as pu te cr&#233;er tout cela. Vois ce Riche : &#171; Par lui tout a &#233;t&#233; fait. &#187; Vois ce Pauvre : &#171; Le Verbe s'est fait chair et il a habit&#233; parmi nous (Jn, 1, 3-14). &#187; Qui se fera une juste id&#233;e de son opulence ? Qui pourra se repr&#233;senter comment il fait sans &#234;tre fait, comment il cr&#233;e sans &#234;tre cr&#233;&#233;, comment il forme sans &#234;tre form&#233;, comme &#233;tant immuable il fait les choses muables, &#233;ternel les choses temporelles ? Qui pourrait avoir une juste id&#233;e de ses richesses ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Pensons &#224; sa pauvret&#233; ; dans la n&#244;tre nous pourrons peut-&#234;tre comprendre au moins la sienne. Il est con&#231;u dans le sein virginal d'une femme, il est enferm&#233; dans le sein de sa m&#232;re. Quelle pauvret&#233; ! Il na&#238;t dans un &#233;troit r&#233;duit ; envelopp&#233; des langes d'un enfant il est pos&#233; dans une cr&#232;che, devient ainsi comme la nourriture de pauvres animaux : puis ce Seigneur du ciel et de la terre, ce Cr&#233;ateur des Anges, cet Auteur de tout ce qui est visible et invisible, prend le sein, pleure, se nourrit, grandit, souffre son &#226;ge, cache sa majest&#233;. On le saisit ensuite, il est m&#233;pris&#233;, flagell&#233;, moqu&#233;, conspu&#233;, soufflet&#233;, couronn&#233; d'&#233;pines, suspendu &#224; un morceau de bois, perc&#233; d'une lance. Quelle pauvret&#233; Voil&#224; le Chef des pauvres que je cherche ; voil&#224; le pauvre dont nous voyons que tout vrai pauvre est membre.&lt;br class='autobr' /&gt;
10. Cherchons rapidement un orphelin : car nous nous sommes fatigu&#233;s &#224; la recherche du pauvre. Seigneur J&#233;sus, je cherche un orphelin ; r&#233;pondez-moi bient&#244;t pour me le faire trouver. &#171; Ne dites pas, d&#233;clare-t-il, que vous avez un p&#232;re sur la terre. &#187; L'orphelin de la terre trouve au ciel un P&#232;re immortel. &#171; Ne dites pas, d&#233;clare-t-il, que vous avez un p&#232;re sur la terre &#187;. Voil&#224; notre orphelin trouv&#233;. Qu'il prie maintenant : &#233;coutons-le et imitons-le. Quelle est sa pri&#232;re ? &#171; Mon p&#232;re et ma m&#232;re m'ont abandonn&#233; &#187;. Mon, p&#232;re, dit-il, et ma m&#232;re m'ont abandonn&#233; (Mt 23, 92) ; mais le Seigneur m'a adopt&#233; (Ps 26, 10).&lt;br class='autobr' /&gt;
Si donc les pauvres d'esprit sont heureux, parce que le royaume des cieux est &#224; eux (Mt 5, 3) ; il est vrai que &#171; le pauvre s'abandonne &#224; vous &#187;. Si mon p&#232;re et ma m&#232;re m'ont abandonn&#233; et que le Seigneur m'ait adopt&#233;, &#171; vous serez l'appui de l'orphelin &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Vous accordez plus &#224; la vaine gloire qu'&#224; la crainte de Dieu &#187;</title>
		<link>https://peres.peuterey-editions.com/Vous-accordez-plus-a-la-vaine-gloire-qu-a-la-crainte-de-Dieu</link>
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		<dc:date>2026-04-01T14:50:51Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Saint Jean Chrysostome</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dans sa lettre apostolique Dilexi Te, le pape L&#233;on XIV fait r&#233;f&#233;rence &#224; ce texte de saint Jean Chrysostome. &lt;br class='autobr' /&gt; 3. Fid&#232;les d'un tel pr&#234;tre, nous devons donc n&#233;cessairement &#234;tre d'autant plus parfaits ; oui, toute la distance qui s&#233;pare J&#233;sus-Christ d'Aaron doit se retrouver entre nous et les Juifs. Voil&#224; qu'en effet au ciel nous avons notre victime, au ciel notre Pr&#234;tre, au ciel notre sacrifice. Offrons donc des hosties dignes d'&#234;tre plac&#233;es sur un autel semblable, non plus, par cons&#233;quent, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://peres.peuterey-editions.com/-La-pauvrete-chez-les-Peres-de-l-Eglise-" rel="directory"&gt;La pauvret&#233; chez les P&#232;res de l'&#201;glise&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans sa lettre apostolique Dilexi Te, le pape L&#233;on XIV fait r&#233;f&#233;rence &#224; ce texte de saint Jean Chrysostome.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;3. Fid&#232;les d'un tel pr&#234;tre, nous devons donc n&#233;cessairement &#234;tre d'autant plus parfaits ; oui, toute la distance qui s&#233;pare J&#233;sus-Christ d'Aaron doit se retrouver entre nous et les Juifs. Voil&#224; qu'en effet au ciel nous avons notre victime, au ciel notre Pr&#234;tre, au ciel notre sacrifice. Offrons donc des hosties dignes d'&#234;tre plac&#233;es sur un autel semblable, non plus, par cons&#233;quent, des b&#339;ufs et des brebis, non plus de la graisse et du sang. Ces symboles sont abolis et remplac&#233;s par l'introduction d'un culte raisonnable. Et qu'appel&#233;-je un culte raisonnable ? Les offrandes de l'&#226;me, de l'esprit. &#171; Dieu est esprit &#187;, dit le Seigneur, &#171; et ceux qui l'adorent, doivent l'adorer en esprit et en v&#233;rit&#233; &#187; (Jn 4,24), ce qui ne r&#233;clame ni le corps, ni les instruments, ni les lieux, mais bien la modestie, la temp&#233;rance, l'aum&#244;ne, le support mutuel, la douceur, la patience. Ces sacrifices ont &#233;t&#233; figur&#233;s d&#233;j&#224; dans les si&#232;cles pass&#233;s. &#171; Offrez, dit David, offrez au Seigneur un sacrifice de justice. Oui, je vous sacrifierai une victime de louanges ; c'est un sacrifice de louange qui me glorifiera devant Dieu, un esprit p&#233;nitent est un sacrifice &#187;. (Ps 4,6 ; 115, 17 ; 49, 23 et L, 19) &#171; Que vous demande le Seigneur, sinon que vous l'&#233;coutiez ? &#187; (Mi 6,8) &#171; Les holocaustes offerts pour les p&#233;ch&#233;s ne vous &#233;taient plus agr&#233;ables ; alors j'ai dit : Je viens pour faire, &#244; mon Dieu, votre volont&#233; &#187;. (Ps 50,18 et 39, 8, 9) Et en d'autres Proph&#232;tes : &#171; Pourquoi m'apportez-vous l'encens de Saba ? &#187; (Jr 6,20) &#171; &#201;loignez de moi le son de vos cantiques : je n'&#233;couterai plus les accents de vos instruments de musique &#187;. (Am 5,23) &#171; Au lieu de tout cela, je veux la mis&#233;ricorde et non le sacrifice &#187;. (Os 6,6)&lt;br class='autobr' /&gt;
Voyez-vous quels sacrifices rendent Dieu propice ? Voyez-vous qu'il y a d&#233;j&#224; plusieurs si&#232;cles que cette sorte d'offrande est sans valeur, tandis qu'une offrande nouvelle y a &#233;t&#233; substitu&#233;e ? Pr&#233;sentons celle-ci. La premi&#232;re est le fait de la richesse et de ceux qui la poss&#232;dent ; la seconde est le propre de la vertu. L'une est ext&#233;rieure, l'autre int&#233;rieure. Les premiers venus pouvaient pratiquer celle-l&#224; ; celle-ci est l'&#339;uvre du petit nombre : autant l'homme est meilleur et d'un plus grand prix que la brebis, autant notre sacrifice l'emporte sur l'ancien. Ici, en effet, vous apportez votre &#226;me comme victime.&lt;br class='autobr' /&gt;
Telles &#233;taient les offrandes de Corneille dont il est dit : &#171; Vos pri&#232;res et vos aum&#244;nes sont mont&#233;es jusqu'en la pr&#233;sence et au souvenir de Dieu &#187;. (Ac 10,4)&lt;br class='autobr' /&gt;
Toutefois il y a d'autres hosties encore, et qui sont &#224; la lettre des holocaustes : j'ai nomm&#233; le corps de nos martyrs ; en eux, corps et &#226;me, tout est saint. Tout, chez eux, respire un parfum d'agr&#233;able odeur. Et vous aussi, si vous le voulez, vous pouvez offrir un sacrifice de ce genre. Pourquoi regretter de n'avoir pu livrer votre corps aux flammes ? Ne pouvez-vous le consumer par un autre feu, par celui de la pauvret&#233; volontaire, par celui de la souffrance ? En effet, avoir la facult&#233; de mener une vie joyeuse, abondante, d&#233;licate, et choisir un r&#233;gime laborieux et crucifiant, et mortifier ainsi votre corps, n'est-ce pas vraiment offrir un holocauste ? Frappez de mort, crucifiez cette chair, et vous recevrez la couronne d'un si noble martyre. Ce que le glaive fait ailleurs, l'ardent h&#233;ro&#239;sme de votre c&#339;ur le reproduit ici. Que l'amour de l'argent ne vous br&#251;le ni ne vous captive ; mais que le feu de l'esprit chr&#233;tien, au contraire, d&#233;vore et consume cette cupidit&#233; honteuse et criminelle ; qu'elle tombe sous ce glaive spirituel. Voil&#224; un beau sacrifice ; il n'a pas besoin d'une main sacerdotale, mais la victime elle-m&#234;me doit l'offrir ; il s'ach&#232;ve dans ce bas monde, mais il monte aussit&#244;t vers les c&#233;lestes hauteurs. N'admirons-nous pas qu'autrefois le feu, descendant du ciel, d&#233;vorait une oblation ? Il se peut, aujourd'hui m&#234;me, qu'il descende encore un feu bien autrement admirable, et qui d&#233;vore toute une offrande, ou plut&#244;t, non, qui ne la d&#233;vore pas, mais la transporte tout enti&#232;re au ciel ! Loin de r&#233;duire nos dons en cendres, cette flamme les offre &#224; Dieu. Telles &#233;taient les offrandes de Corneille dont il est dit : &#171; Vos pri&#232;res et vos aum&#244;nes sont mont&#233;es jusqu'en la pr&#233;sence et au souvenir de Dieu &#187;. (Ac 10,4) Comprenez-vous ce qu'il y a d'excellent dans l'union de ces deux &#339;uvres ? Oui, nous sommes exauc&#233;s, quand nous exau&#231;ons nous-m&#234;mes le pauvre qui nous prie. &#171; Celui, dit l'&#201;criture, celui qui se bouche les oreilles pour ne pas entendre la pri&#232;re du pauvre, est certain que Dieu n'entendra pas non plus ses pri&#232;res (Pv 21,13). &#171; Bienheureux qui a l'intelligence des mis&#232;res du pauvre et l'indigent : au jour mauvais, Dieu le d&#233;livrera &#187;. (Ps 40,2) Ce jour mauvais n'est autre chose que celui qui sera si redoutable aux p&#233;cheurs. Mais que veut dire &#171; cette intelligence du pauvre ? &#187; C'est l'&#233;tude de l'indigence, c'est le z&#232;le &#224; conna&#238;tre ses souffrances. Car quiconque aura compris ces souffrances du pauvre, bien certainement en prendra piti&#233;. Si donc vous voyez un n&#233;cessiteux, ne passez pas votre chemin, mais plut&#244;t pensez &#224; ce que vous seriez, si vous &#233;tiez &#224; sa place. Que ne voudriez-vous pas alors que chacun fit pour vous ? Celui qui a l'intelligence, dit l'Esprit-Saint ; r&#233;fl&#233;chissez donc que le pauvre est comme vous, un homme libre, qu'il partage vos titres de noblesse, que tout est commun entre lui et vous ; h&#233;las ! et souvent, vous ne le faites pas m&#234;me l'&#233;gal de vos chiens, que vous rassasiez de pain, tandis que lui s'endort avec la faim ; souvent cet homme libre est rabaiss&#233;, d&#233;grad&#233; au-dessous de vos esclaves. Mais, direz-vous, ceux-ci nous rendent service. En quoi ? Ils vous sont utiles ? Alors que direz-vous si je vous montre que, bien plus qu'eux, l'indigent travaille pour vos int&#233;r&#234;ts ? Car c'est lui qui sera votre d&#233;fenseur au jour du jugement ; c'est lui qui vous arrachera aux flammes d&#233;vorantes. Quel service pareil vous rendent jamais vos esclaves ? Quand Tabitha mourut, qui donc la ressuscita, de ses esclaves nombreux ou des pauvres mendiants ? Mais vous, de cet homme libre vous ne voulez pas faire l'&#233;gal m&#234;me d'un esclave. Le froid est intense, et le pauvre git, couvert de haillons, mourant les dents serr&#233;es et grin&#231;antes ; horrible tableau fait pour &#233;mouvoir ! Et vous, bien r&#233;chauff&#233;, bien repu, vous passez ! Comment voulez-vous que Dieu vous sauve, quand vous serez sous le poids du malheur ?&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le froid est intense, et le pauvre git, couvert de haillons, mourant les dents serr&#233;es et grin&#231;antes ; horrible tableau fait pour &#233;mouvoir ! Et vous, bien r&#233;chauff&#233;, bien repu, vous passez ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Souvent vous osez dire : &#171; Si c'&#233;tait moi, si j'avais surpris quelqu'un &#224; m'offenser beaucoup, volontiers j'aurais pardonn&#233;, et Dieu ne pardonne pas ! &#187; Oh ! Ne tenez point ce langage ; car voici un homme qui n'a aucunement p&#233;ch&#233; contre vous, vous pouvez le sauver, et vous le m&#233;prisez. Si vous le m&#233;prisez, comment Dieu vous pardonnera-t-il, &#224; vous qui p&#233;chez contre sa Majest&#233; sainte ? De pareils m&#233;faits ne m&#233;ritent-ils point l'enfer ? Mais faut-il s'en &#233;tonner ? Souvent vous prodiguez &#224; un cadavre priv&#233; de sentiment, incapable d'appr&#233;cier cet honneur fun&#232;bre, vous prodiguez, dis-je, les v&#234;tements les plus vari&#233;s, les tissus d'or et de pourpre ; et cet autre corps qui souffre, qui est d&#233;chir&#233;, tortur&#233;, supplici&#233; par la faim et le froid, vous le m&#233;prisez ; vous accordez plus &#224; la vaine gloire qu'&#224; la crainte de Dieu. Et pl&#251;t au ciel que votre duret&#233; n'all&#226;t pas plus loin. Mais, d&#232;s qu'il s'approche, ce pauvre, vous l'accusez aussit&#244;t : pourquoi, dites-vous, pourquoi ne travaille-t-il pas ? Pourquoi nourrir un oisif ? R&#233;pondez-moi, &#224; votre tour : ce que vous poss&#233;dez vous-m&#234;me, le devez-vous &#224; votre travail ? Ne l'avez-vous pas re&#231;u en h&#233;ritage de vos p&#232;res ? En supposant m&#234;me que vous travaillez, pourquoi cette insulte au prochain ? L'entendez-vous pas ce que dit saint Paul : &#171; Celui qui ne travaille pas ne doit pas manger &#187; ; voil&#224; ce qu'il dit ; mais il ajoute aussit&#244;t : &#171; Pour vous, faites le bien, sans jamais vous lasser &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.peuterey-editions.com/la-pauvret%C3%A9-chez-les-p%C3%A8res-de-l-%C3%A9glise.html" class="spip_out"&gt;https://www.peuterey-editions.com/l...&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ce myst&#232;re sacr&#233; ne peut souffrir que nous ayons encore de l'attachement pour les richesses</title>
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		<dc:creator>Saint Jean Chrysostome</dc:creator>



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&lt;p&gt;Dans sa lettre apostolique Dilexi Te, le pape L&#233;on fait r&#233;f&#233;rence &#224; ce texte de saint Jean Chrysostome. Saint Jean Chrysostome ne r&#233;prouve pas la beaut&#233; et la richesse des vases sacr&#233;s et des ornements, &#224; condition que l'on pare les pauvres de la m&#234;me richesse. &lt;br class='autobr' /&gt; 3. Quand donc vous voyez le pr&#234;tre vous pr&#233;senter cette nourriture sacr&#233;e, ne pensez pas que ce soit la main du pr&#234;tre qui vous la donne. Croyez que c'est J&#233;sus-Christ m&#234;me qui vous tend la main pour vous la donner. Car comme, dans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://peres.peuterey-editions.com/-La-pauvrete-chez-les-Peres-de-l-Eglise-" rel="directory"&gt;La pauvret&#233; chez les P&#232;res de l'&#201;glise&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans sa lettre apostolique Dilexi Te, le pape L&#233;on fait r&#233;f&#233;rence &#224; ce texte de saint Jean Chrysostome.&lt;br class='autobr' /&gt;
Saint Jean Chrysostome ne r&#233;prouve pas la beaut&#233; et la richesse des vases sacr&#233;s et des ornements, &#224; condition que l'on pare les pauvres de la m&#234;me richesse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;3. Quand donc vous voyez le pr&#234;tre vous pr&#233;senter cette nourriture sacr&#233;e, ne pensez pas que ce soit la main du pr&#234;tre qui vous la donne. Croyez que c'est J&#233;sus-Christ m&#234;me qui vous tend la main pour vous la donner. Car comme, dans votre bapt&#234;me, ce n'est point le pr&#234;tre qui vous lave, mais J&#233;sus-Christ lui-m&#234;me qui tient, et qui purifie votre t&#234;te par son invisible puissance, sans qu'aucun ange ou archange, ou quelque autre que ce soit ose s'approcher de vous et vous toucher, vous devez croire de m&#234;me que c'est J&#233;sus-Christ qui vous communie de sa propre main. Car lorsque Dieu nous engendre pour &#234;tre du nombre de ses enfants, il le fait par lui seul, et cette g&#233;n&#233;ration est un don qui vient tout de lui.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne voyez-vous pas qu'en ce monde ceux qui adoptent des enfants ne s'en rapportent pas &#224; leurs serviteurs pour cette affaire ; mais qu'ils se pr&#233;sentent en personne devant les juges, et qu'ils font cette importante action par eux-m&#234;mes ? C'est ainsi que J&#233;sus-Christ n'a pas voulu charger les anges d'accomplir ce myst&#232;re, et qu'il se trouve pr&#233;sent lui-m&#234;me pour l'op&#233;rer par son commandement et par sa puissance. Aussi lorsqu'il vous dit : &#171; N'appelez personne votre p&#232;re sur la terre (Mt 25, 9) &#187;, il ne vous parle pas de la sorte pour vous porter &#224; manquer de respect &#224; celui qui vous a mis au monde, mais pour vous apprendre que vous devez pr&#233;f&#233;rer &#224; tout autre Celui qui vous a cr&#233;&#233; et qui vous a honor&#233; d'une adoption divine. Car comment Celui qui a tant fait pour vous en se livrant lui-m&#234;me &#224; la mort pour l'expiation de vos p&#233;ch&#233;s, comment dis-je, ne ferait-il pas ce qui est moindre en vous donnant son corps dans ce sacrement ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;coutons donc ceci, nous tous pr&#234;tres et la&#239;cs. Reconnaissons quelle est la nourriture dont il pla&#238;t &#224; Dieu de nous nourrir, et &#224; quel honneur il nous &#233;l&#232;ve ; et que cette vue nous frappe d'&#233;tonnement. Il nous fait l'honneur de nous rassasier de sa chair sacr&#233;e. Il se donne &#224; nous lui-m&#234;me comme une victime qui a &#233;t&#233; immol&#233;e pour l'amour de nous. Quelle excuse nous restera-t-il si, recevant une si auguste nourriture, nous ne cessons pas de commettre de si grands p&#233;ch&#233;s ? Si en mangeant l'Agneau nous devenons des loups, et si en nous nourrissant de la chair de cette brebis sacr&#233;e, nous ne laissons pas d'&#234;tre aussi furieux et aussi avides que les lions ? Ce myst&#232;re exige de ceux qui s'en approchent qu'ils soient enti&#232;rement purs, je ne dis pas des grands exc&#232;s et des plus grandes injustices, mais des moindres inimiti&#233;s. Car ce myst&#232;re est un myst&#232;re de paix. Ce myst&#232;re sacr&#233; ne peut souffrir que nous ayons encore de l'attachement pour les richesses. Si J&#233;sus-Christ ne s'&#233;pargne pas lui-m&#234;me, s'il donne sa propre vie pour nous, quelle excuse pouvons-nous avoir d'&#233;pargner notre bien, et de n&#233;gliger notre &#226;me, pour laquelle J&#233;sus-Christ n'a pas &#233;pargn&#233; la sienne ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Dieu avait ordonn&#233; aux Juifs de c&#233;l&#233;brer certaines f&#234;tes, afin que ces c&#233;r&#233;monies, revenant tous les ans, rappellent &#224; leur m&#233;moire le souvenir des gr&#226;ces qu'ils avaient re&#231;ues de Dieu, gr&#226;ces dont le Seigneur avait voulu que ces f&#234;tes leur fussent un monument &#233;ternel. Mais Dieu renouvelle tous les jours le souvenir de ses dons par la c&#233;l&#233;bration de nos saints myst&#232;res. Ne rougissez donc pas de la croix. C'est la croix qui fait toute notre gloire. C'est d'elle que viennent aujourd'hui nos plus redoutables myst&#232;res. C'est ce don auguste qui nous honore infiniment. C'est cette table sacr&#233;e qui nous rel&#232;ve.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand je dirais que Dieu a &#233;tendu le ciel, qu'il a cr&#233;&#233; la terre et les mers, qu'il a envoy&#233; ses anges et ses proph&#232;tes, je ne dirais rien d'&#233;gal &#224; ce qu'il a fait pour nous dans ce sacrement. Le plus grand de tous nos biens et celui qui est la source des autres, c'est que Dieu n'ait point &#233;pargn&#233; son propre Fils pour sauver des serviteurs et des esclaves. Qu'aucun Judas, qu'aucun Simon1 ne s'approche donc de cette table, puisque l'un et l'autre de ces mis&#233;rables ont p&#233;ri par leur avarice. C'est pourquoi &#233;vitons ce crime, et ne nous imaginons pas que lorsque nous avons d&#233;pouill&#233; les veuves et les orphelins par nos rapines et nos violences, ce soit assez pour &#234;tre sauv&#233;s de donner &#224; cet autel un calice d'or enrichi de pierreries. Si vous voulez honorer ce sacrifice, offrez-y votre &#226;me pour laquelle J&#233;sus-Christ a &#233;t&#233; sacrifi&#233;. Faites qu'elle devienne toute d'or. Mais si elle demeure plus pesante que le plomb et que la terre, &#224; quoi vous serviront ces vases que vous offrez ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne pensons pas tant, mes fr&#232;res, &#224; offrir &#224; Dieu de magnifiques pr&#233;sents, qu'&#224; prendre garde que &#339; que nous lui offrons ne soit le fruit que de nos justes travaux. Les vases qui ne sont point souill&#233;s par l'avarice, sont plus pr&#233;cieux que s'ils &#233;taient d'or. L'&#201;glise n'est point un magasin d'orf&#232;vrerie, mais une sainte assembl&#233;e d'anges. Ce sont nos &#226;mes que nous devons rendre pures et brillantes comme l'or, puisque c'est cette puret&#233; de nos &#226;mes qui fait que Dieu re&#231;oit de nous ces autres vases. La table sur laquelle J&#233;sus-Christ fit la c&#232;ne avec ses disciples n'&#233;tait pas d'argent, et le calice dans lequel il leur donna son sang divin ; n'&#233;tait pas d'or. Cependant tout y &#233;tait pr&#233;cieux et digne d'un profond respect, parce que tout y &#233;tait plein du Saint-Esprit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voulez-vous donc honorer le corps de J&#233;sus-Christ ? Ne le m&#233;prisez pas, lorsqu'il est nu et pendant qu'en cette &#201;glise vous le couvrez d'&#233;toffes de soie, ne lui laissez pas souffrir ailleurs le froid et la nudit&#233;. Car Celui qui a dit &#171; Ceci est mon corps, &#187; et qui a produit cet effet par la vertu de sa parole, a dit aussi : &#171; Vous m'avez vu souffrir la faim, et vous ne m'avez pas donn&#233; &#224; manger. Car quand vous l'avez refus&#233; &#224; quelqu'un de ces petits, c'est &#224; moi-m&#234;me que vous l'avez refus&#233;. &#187; (Mt 25) Le corps de J&#233;sus-Christ qui est sur l'autel, n'a pas besoin d'habits pr&#233;cieux qui le couvrent, mais d'&#226;mes pures qui le re&#231;oivent, au lieu que cet autre corps de J&#233;sus-Christ form&#233; des pauvres qui sont ses membres, a besoin de notre assistance et de tous nos soins.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apprenons donc, mes fr&#232;res, &#224; traiter sagement de si grands myst&#232;res, et honorons J&#233;sus-Christ comme il veut &#234;tre honor&#233; de nous. Le culte le plus agr&#233;able que nous puissions rendre &#224; celui que nous voulons honorer, c'est le culte qu'il choisit lui-m&#234;me et qu'il aime, et non celui que nous choisissons. Saint Pierre pr&#233;tendait autrefois honorer J&#233;sus-Christ en l'emp&#234;chant de lui laver les pieds ; mais il le d&#233;shonorait plus qu'il ne l'honorait par sa r&#233;sistance. Honorez-le donc aussi de la mani&#232;re qu'il le d&#233;sire, c'est-&#224;-dire en lui donnant l'aum&#244;ne dans la personne des pauvres. Dieu, comme je vous l'ai d&#233;j&#224; dit, ne cherche point des vases d'argent, mais des &#226;mes d'or.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas que je vous d&#233;fende de faire ces pr&#233;sents &#224; l'&#233;glise ; mais je vous conjure seulement qu'apr&#232;s ces offrandes, ou plut&#244;t qu'avant de les faire, vous ayez soin d'assister les pauvres&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;4. Ce n'est pas que je vous d&#233;fende de faire ces pr&#233;sents &#224; l'&#233;glise ; mais je vous conjure seulement qu'apr&#232;s ces offrandes, ou plut&#244;t qu'avant de les faire, vous ayez soin d'assister les pauvres. Dieu re&#231;oit ces pr&#233;sents que vous faites &#224; l'&#201;glise ; mais il agr&#233;e bien davantage ceux que vous faites aux pauvres, puisqu'&#224; l'&#233;gard des premiers il n'y a que celui qui les fait qui en tire de l'avantage, tandis que pour les autres, celui m&#234;me qui les re&#231;oit en tire aussi du secours. On peut croire dans les premiers que nous recherchons notre gloire, mais les seconds ne sont que le fruit de notre compassion et de notre amour.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quel avantage peut recevoir J&#233;sus-Christ, de voir ici sa table couverte de vases d'or, pendant qu'il meurt de faim dans la personne des pauvres ? Commencez par le soulager dans sa faim, et s'il vous reste quelque argent, ornez ensuite son autel. Vous lui faites pr&#233;sent d'une coupe d'or, et vous lui refusez un verre d'eau froide ? Que lui sert d'avoir ici de magnifiques voiles, et de ne pas avoir les v&#234;tements les plus n&#233;cessaires dans ses membres ? Croyez-vous que lorsque vous n&#233;gligez un pauvre qui meurt de faim, et que vous allez couvrir l'autel de J&#233;sus-Christ d'or et d'argent, il vous ait obligation de cet or, et que plut&#244;t il ne s'en irrite pas ? Croyez-vous que lorsque vous ne vous mettez pas en peine de rev&#234;tir un pauvre qui meurt de froid, et que vous apportez ici des colonnes d'or, en disant que vous le faites pour sa gloire, il regarde ces richesses comme un honneur que vous lui rendez et non pas plut&#244;t comme une sanglante raillerie, et comme le dernier de tous les outrages ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Croyez donc que c'est l&#224; le jugement que J&#233;sus-Christ porte de vous, lorsque vous parez son autel, et que vous n&#233;gligez d'assister les pauvres. Il est pauvre et &#233;tranger. Il va de porte en porte demander de quoi vivre, et vous le m&#233;prisez dans cet &#233;tat pour orner le pav&#233; d'une &#233;glise et d'une chapelle, pour en rev&#234;tir richement les murailles, pour en dorer des pilastres et des colonnes, pour faire briller des lampes d'argent ! &#192; quoi lui sert toute cette magnificence, lorsque vous le laissez g&#233;mir dans une prison, sans m&#234;me aller le visiter ?&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dieu n'a condamn&#233; personne pour ne pas avoir enrichi nos temples de ces ornements superbes ; mais il menace ceux qui ne feront pas l'aum&#244;ne des supplices de l'enfer &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Je vous prie encore une fois de croire que je ne vous dis point ceci pour vous d&#233;fendre ces pr&#233;sents que vous faites &#224; l'&#233;glise. Je ne vous le dis que pour vous exhorter de les accompagner de vos aum&#244;nes, ou plut&#244;t de ne les faire qu'apr&#232;s vos aum&#244;nes. Dieu n'a condamn&#233; personne pour ne pas avoir enrichi nos temples de ces ornements superbes ; mais il menace ceux qui ne feront pas l'aum&#244;ne des supplices de l'enfer. Donc, lorsque vous ornez vos temples, ne m&#233;prisez pas les pauvres, qui sont des temples bien plus excellents. Les rois et les princes infid&#232;les, les tyrans et les voleurs peuvent piller ces premiers ; mais le diable lui-m&#234;me ne peut vous faire perdre ce que vous donnez au pauvre. Cet argent est pour vous en s&#251;ret&#233;, et il est en d&#233;p&#244;t dans un lieu o&#249; rien ne pourra lui nuire. Que dit J&#233;sus-Christ lui-m&#234;me ? &#171; Vous aurez toujours des pauvres avec vous ; mais vous ne m'aurez pas toujours. &#187; (Mt 26, 12) C'est ce qui me porte &#224; vous dire que nous devons avoir un soin particulier de faire ici l'aum&#244;ne &#224; J&#233;sus-Christ, parce que nous ne l'aurons pas toujours en cette qualit&#233; de pauvre, mais seulement pendant cette vie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Si vous voulez en passant savoir le sens de cette parole, le voici. Il n'adresse pas ces paroles &#224; ses disciples, quoiqu'il semble le faire, mais il les dit &#224; cause de la faiblesse de cette femme qui venait de r&#233;pandre un parfum sur sa t&#234;te. Comme elle &#233;tait encore imparfaite, et qu'elle voyait les disciples murmurer contre elle, J&#233;sus-Christ dit cette parole pour l'emp&#234;cher de se troubler, et comme pour la consoler. C'est pourquoi il dit : &#171; Pourquoi inqui&#233;tez-vous cette femme ? &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il montre assez dans un autre endroit que nous l'aurons toujours avec nous, lorsqu'il dit : &#171; Je serai avec vous jusqu'&#224; la consommation du si&#232;cle. &#187; (Mt 28) Ce qui fait tous les jours voir que si J&#233;sus-Christ parlait ici autrement, c'&#233;tait pour emp&#234;cher que la foi naissante de cette femme ne f&#251;t trait&#233;e trop rudement par les ap&#244;tres, et qu'elle ne s&#233;ch&#226;t presque aussit&#244;t qu'elle commen&#231;ait &#224; germer. N'abusons donc point de cette parole qui fut dite pour le sujet que je vous indique. Lisons plut&#244;t l'un et l'autre Testament : voyons ce qui est ordonn&#233; &#224; toutes les pages touchant l'aum&#244;ne, et faisons-la &#224; l'avenir avec autant de soin que l'&#201;criture nous y exhorte. Ce sera ainsi que nous nous purifierons de nos p&#233;ch&#233;s : &#171; Donnez l'aum&#244;ne, dit J&#233;sus-Christ, et tout vous sera pur &#187;. (Lc 13) L'aum&#244;ne est plus grande m&#234;me que le sacrifice. Dieu le dit lui-m&#234;me : &#171; Je veux l'aum&#244;ne et non le sacrifice &#187;. (Mt 9) L'aum&#244;ne nous ouvre les cieux : &#171; Vos pri&#232;res et vos aum&#244;nes, dit l'ange &#224; Corneille, sont mont&#233;es en la pr&#233;sence de Dieu &#187;. (Ac 10) L'aum&#244;ne est une vertu plus n&#233;cessaire que la virginit&#233;. Nous en voyons une preuve dans les dix vierges, dont les unes furent bannies de la chambre de l'&#233;poux, parce qu'elles n'avaient pas fait l'aum&#244;ne, et les autres y entr&#232;rent parce que l'huile de la compassion et de la mis&#233;ricorde n'avait pas manqu&#233; dans leur c&#339;ur. Consid&#233;rons ceci, mes fr&#232;res, et semons nos biens sur les pauvres avec abondance, afin de moissonner avec fruit les biens &#233;ternels qui nous sont promis, par la gr&#226;ce et par la mis&#233;ricorde de Notre-Seigneur J&#233;sus-Christ, &#224; qui est la gloire dans tous les si&#232;cles des si&#232;cles. Ainsi soit-il.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.peuterey-editions.com/la-pauvret%C3%A9-chez-les-p%C3%A8res-de-l-%C3%A9glise.html" class="spip_out"&gt;https://www.peuterey-editions.com/l...&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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