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	<title>Les P&#232;res de l'&#201;glise dans la vie quotidienne</title>
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		<title>La patience de l'homme</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Saint Augustin</dc:creator>



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&lt;p&gt;La patience de l'homme, je dis la patience vraie, louable, celle qui m&#233;rite le nom de vertu, consiste &#224; supporter les maux avec &#233;galit&#233; d'&#226;me, de peur que l'in&#233;galit&#233; de l'&#226;me qui enfante l'iniquit&#233;, ne nous fasse abandonner les biens spirituels qui sont pour nous les moyens de parvenir aux biens sup&#233;rieurs. 2. La patience de l'homme, je dis la patience vraie, louable, celle qui m&#233;rite le nom de vertu, consiste &#224; supporter les maux avec &#233;galit&#233; d'&#226;me, de peur que l'in&#233;galit&#233; de l'&#226;me qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://peres.peuterey-editions.com/-La-patience-chez-les-Peres-de-l-Eglise-" rel="directory"&gt;La patience chez les P&#232;res de l'&#201;glise&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La patience de l'homme, je dis la patience vraie, louable, celle qui m&#233;rite le nom de vertu, consiste &#224; supporter les maux avec &#233;galit&#233; d'&#226;me, de peur que l'in&#233;galit&#233; de l'&#226;me qui enfante l'iniquit&#233;, ne nous fasse abandonner les biens spirituels qui sont pour nous les moyens de parvenir aux biens sup&#233;rieurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
2. La patience de l'homme, je dis la patience vraie, louable, celle qui m&#233;rite le nom de vertu, consiste &#224; supporter les maux avec &#233;galit&#233; d'&#226;me, de peur que l'in&#233;galit&#233; de l'&#226;me qui enfante l'iniquit&#233;, ne nous fasse abandonner les biens spirituels qui sont pour nous les moyens de parvenir aux biens sup&#233;rieurs. Il suit de l&#224; que les impatients, en refusant de souffrir les maux, ne parviennent pas &#224; s'en exempter, mais plut&#244;t &#224; se procurer des maux plus grands. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les patients, au contraire, qui aiment mieux supporter le mal sans le commettre, que de le commettre en ne le supportant pas, font un double gain : ils rendent plus l&#233;gers les maux qu'ils souffrent par la patience, et ils &#233;chappent aux maux plus graves dans lesquels ils tomberaient par l'impatience. De plus ils &#233;vitent la perte des grands biens de l'&#233;ternit&#233;, en ne succombant pas sous le poids des maux passagers du temps. Car &#171; les souffrances de ce temps, comme le dit l'Ap&#244;tre, ne sont pas &#224; comparer &#224; la gloire &#224; venir qui sera manifest&#233;e en nous1 &#187; ; et encore : &#171; Les tribulations temporelles qui sont en m&#234;me temps l&#233;g&#232;res, produisent pour nous un poids immense et &#233;ternel de gloire2 &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
3. Consid&#233;rons, mes tr&#232;s chers fr&#232;res, tout ce que les hommes endurent de travaux et de douleurs pour les objets de leurs passions vicieuses, pour des choses qu'on est d'autant plus malheureux de d&#233;sirer, qu'on s'imagine &#234;tre plus heureux en les poss&#233;dant. &#192; quels dangers ils s'exposent pour les fausses richesses ! Quelles amertumes ils d&#233;vorent pour les vains honneurs ! Quelle incroyable patience pour des satisfactions pu&#233;riles ! Avides d'argent, de gloire, de d&#233;bauches, rien ne leur co&#251;te pour se procurer ce qu'ils d&#233;sirent, et conserver ce qu'ils ont acquis. Le soleil et la pluie, la glace, les vagues mugissantes, la mer en furie, le m&#233;tier de la guerre, si dur et si plein d'incertitudes, des coups, des plaies affreuses, des blessures horribles, ils supportent tout sans y &#234;tre contraints par la loi de la n&#233;cessit&#233; ; ils affrontent tout comme &#224; plaisir, et pour suivre leurs d&#233;sirs coupables. Et l'on croit que toutes ces folies sont comme permises !&lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, l'avarice, l'ambition, la luxure, et tout le cort&#232;ge des vains amusements sont r&#233;put&#233;s choses innocentes, d&#232;s qu'on ne se les procure pas par quelque crime ou forfait d&#233;fendu par les lois humaines. Il y a plus : d&#232;s qu'on ne fait tort &#224; personne, celui-ci peut acqu&#233;rir une fortune ou augmenter la sienne, celui-l&#224; ambitionner les honneurs et se maintenir au fa&#238;te, cet autre lutter dans l'ar&#232;ne ou s'adonner &#224; des choses dangereuses, cet autre encore rechercher les applaudissements sur la sc&#232;ne, et tous pour atteindre leur but endureront peines et fatigues de toutes sortes : le populaire, ami des vanit&#233;s, se garde bien de leur infliger le moindre bl&#226;me ; loin de l&#224;, il les &#233;l&#232;ve jusqu'aux nues. Et ainsi, selon la parole de l'&#201;criture, &#171; le p&#233;cheur est lou&#233; &#224; cause des d&#233;sirs a de son &#226;me &#187;. La violence de ces d&#233;sirs fait supporter les travaux et les douleurs ; et en effet, personne ne subit volontiers des tourments, sinon pour arriver au plaisir. Mais, comme je le disais, ces passions que veulent satisfaire ceux qui en sont d&#233;vor&#233;s, au prix de tant de fatigues et d'amertumes endur&#233;es avec tant de patience, sont regard&#233;es comme permises et tol&#233;r&#233;es par les lois.&lt;br class='autobr' /&gt;
4. Que dirons-nous encore ? Ne voit-on pas des hommes se soumettre aux plus rudes labeurs &#224; l'occasion des crimes les plus &#233;vidents, non pas pour les punir, mais pour les commettre ? Lisez, dans les auteurs profanes, la vie d'un parricide bourreau de sa patrie, de la premi&#232;re noblesse ; ils vous disent qu'il savait supporter la faim, la soif, le froid, et que, par une patience invincible, il avait endurci son corps aux privations, &#224; la souffrance, aux veilles, dans une mesure qui surpasse toute imagination3. Que dire des voleurs de grand chemin ? Pour dresser des emb&#251;ches aux voyageurs, tous passent des nuits sans sommeil, et pour saisir l'innocent au passage, ils tiennent attentif leur esprit criminel et leur corps immobile, sous les cieux les plus incl&#233;ments ! Plusieurs d'entre eux, &#224; ce que l'on raconte, vont jusqu'&#224; se donner la torture les uns aux autres, afin de se pr&#233;parer au supplice par un exercice qui n'en diff&#232;re pas. Peut-&#234;tre, en effet, le juge les tourmente-t-il moins cruellement pour leur arracher la v&#233;rit&#233; par les douleurs de la question, que leurs compagnons eux-m&#234;mes lorsqu'ils veulent s'assurer que le supplice ne les rendra pas tra&#238;tres. Et cependant la patience de tous ces hommes peut provoquer l'admiration, mais non pas la louange. Eh ! Qu'ai-je dit ? Non, ni l'une ni l'autre ; la patience n'existe pas ici. Admirez l'obstination, niez la patience ; car il n'y a l&#224; rien qui m&#233;rite d'&#234;tre lou&#233;, rien d'utile &#224; imiter. Et vous jugerez avec raison qu'une &#226;me m&#233;rite un ch&#226;timent d'autant plus grand, qu'elle fait servir davantage aux vices les instruments des vertus. La patience est la compagne de la sagesse, et non la servante de la concupiscence. La patience est l'amie de la bonne conscience, et non l'ennemie de l'innocence.&lt;br class='autobr' /&gt;
5. Lorsque vous voyez quelqu'un souffrir patiemment, ne vous empressez pas de louer sa patience, que seule la cause pour laquelle il souffre peut vous r&#233;v&#233;ler. Si la cause est bonne, la patience est vraie ; si cette cause n'est pas souill&#233;e par quelque passion, vous pouvez dire que la patience n'est pas fausse. Mais lorsque le vice caract&#233;rise la premi&#232;re, vous serez dans l'erreur en caract&#233;risant la seconde par son nom. De m&#234;me que tous ceux qui savent, ne sont pas pour cela des adeptes de la science ; ainsi tous ceux qui savent souffrir, ne sont pas pour cela des adeptes de la patience. Les hommes qui savent user de la souffrance pour la vertu, voil&#224; ceux qui m&#233;ritent vraiment le nom de patients, et la couronne r&#233;mun&#233;ratrice de la patience.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toutefois cette &#233;tonnante pers&#233;v&#233;rance des hommes &#224; souffrir tant de maux horribles pour leurs passions, et m&#234;me pour des crimes, nous avertit assez de tout ce que nous devons supporter nous-m&#234;mes pour mener une vie vertueuse, afin qu'elle puisse devenir une vie &#233;ternelle, assur&#233;e du vrai bonheur contre les limites du temps et contre tout amoindrissement des &#233;l&#233;ments de sa f&#233;licit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
6. Toutefois cette &#233;tonnante pers&#233;v&#233;rance des hommes &#224; souffrir tant de maux horribles pour leurs passions, et m&#234;me pour des crimes, nous avertit assez de tout ce que nous devons supporter nous-m&#234;mes pour mener une vie vertueuse, afin qu'elle puisse devenir une vie &#233;ternelle, assur&#233;e du vrai bonheur contre les limites du temps et contre tout amoindrissement des &#233;l&#233;ments de sa f&#233;licit&#233;. Le Seigneur l'a dit : &#171; C'est par votre patience que vous poss&#233;derez vos &#226;mes4 &#187;. Il n'a pas dit : vos fermes, vos honneurs, vos plaisirs coupables ; mais, vos &#226;mes. Si donc l'&#226;me sait tant souffrir pour poss&#233;der ce qui la fait p&#233;rir, combien ne doit-elle pas endurer pour &#233;viter de p&#233;rir ? Et pour citer en exemple un fait qui ne renferme rien de criminel, si l'&#226;me sait tant souffrir pour sauver sa chair entre les mains des m&#233;decins arm&#233;s du fer et du feu, combien ne doit-elle pas souffrir pour son propre salut, au milieu des attaques furieuses de tous ses ennemis ? Car les m&#233;decins sauvent le corps de la mort en le faisant souffrir, et les ennemis du salut menacent le corps de la souffrance de la mort, pour pr&#233;cipiter dans la mort &#233;ternelle et l'&#226;me et le corps5.&lt;br class='autobr' /&gt;
7. Il y a mieux : on veille plus efficacement aux int&#233;r&#234;ts du corps lui-m&#234;me, lorsqu'on m&#233;prise, pour la justice, sa sant&#233; temporelle, lorsque pour la justice, on le livre aux tourments et m&#234;me &#224; la mort. Car c'est de la r&#233;demption finale du corps m&#234;me que l'Ap&#244;tre parle, quand il dit : &#171; Nous poussons des g&#233;missements int&#233;rieurs, en attendant l'adoption qui fera de nous des enfants de Dieu, et qui sera la r&#233;demption de notre corps &#187;. Et il ajoute : &#171; C'est par l'esp&#233;rance que nous sommes sauv&#233;s. Mais l'esp&#233;rance des choses que l'on voit n'est pas une esp&#233;rance. Car d&#232;s que l'on voit une chose, l'esp&#232;re-t-on encore ? Si donc nous esp&#233;rons les choses que nous ne voyons pas, c'est par la patience que nous les attendons &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, lorsque des maux nous tourmentent sans que ces tourments parviennent &#224; nous faire commettre des &#339;uvres mauvaises, ce n'est pas seulement notre &#226;me que nous poss&#233;dons par la patience. Mais lorsque notre corps m&#234;me est afflig&#233; pour un temps, et m&#234;me lorsque nous le perdons dans l'exercice de la patience, nous le regagnons pour l'&#233;ternit&#233;, nous lui procurons la stabilit&#233; et le salut &#233;ternel, et par la douleur et la mort, nous lui acqu&#233;rons la sant&#233; ind&#233;fectible et l'heureuse immortalit&#233;. Aussi le Seigneur J&#233;sus, exhortant ses martyrs &#224; la patience, leur promet l'int&#233;grit&#233; future du corps m&#234;me, et les rassure contre la perte, je ne dis pas d'un membre, mais m&#234;me d'un cheveu. &#171; Je vous le dis en v&#233;rit&#233;, pas un cheveu de votre t&#234;te ne p&#233;rira6 &#187;. Et parce que personne, selon l'expression de l'Ap&#244;tre, n'a jamais ha&#239; sa propre chair, il arrive ainsi que l'homme fid&#232;le pourvoit plus s&#251;rement aux int&#233;r&#234;ts de sa chair par la patience que par l'impatience, et trouve dans le gain inappr&#233;ciable de l'incorruptibilit&#233; future une compensation aux dommages du pr&#233;sent, quels qu'ils soient.&lt;br class='autobr' /&gt;
8. La patience est une vertu de l'&#226;me ; n&#233;anmoins l'&#226;me l'exerce tant&#244;t en elle-m&#234;me tant&#244;t en son corps. Elle l'exerce en elle-m&#234;me, quand l'&#233;preuve ne blesse ni n'offense le corps ; quand ce sont des actes hostiles ou des paroles d&#233;shonorantes qui la froissent et l'excitent elle-m&#234;me &#224; des actions ou &#224; des paroles inopportunes ou contraires au bien, et qu'alors elle supporte toutes sortes de maux sans commettre elle-m&#234;me aucun mal, soit en paroles, soit en &#339;uvres.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est en vertu de cette patience que, fussions-nous pleins de sant&#233;, nous nous r&#233;signons &#224; voir diff&#233;rer notre b&#233;atitude et &#224; vivre au milieu des scandales de ce si&#232;cle. Et tel est le sens du texte cit&#233; tout &#224; l'heure : &#171; Si nous esp&#233;rons ce que nous ne voyons pas encore, nous l'attendons en patience &#187;. C'est cette patience qui fit supporter au saint roi David les opprobres et les insultes, lui interdit la vengeance alors qu'elle lui &#233;tait facile ; le porta &#224; contenir lui-m&#234;me la col&#232;re d'un des siens qui partageait sa peine7, et &#224; user du pouvoir royal pour emp&#234;cher la vengeance plut&#244;t que de l'exercer. Or &#224; ce moment, son corps n'&#233;tait tourment&#233; d'aucune maladie ni atteint d'aucune blessure ; mais c'&#233;tait le temps d'&#234;tre humili&#233;, et il le reconnut ; et il porta le poids de la volont&#233; de Dieu d'un c&#339;ur soumis et d'une &#226;me patiente ; et il but le calice amer de l'ignominie. Cette patience, le Seigneur l'enseigna, lorsqu'il vit les serviteurs irrit&#233;s du m&#233;lange de l'ivraie au bon grain, dispos&#233;s &#224; l'arracher, et qu'il leur fit conna&#238;tre la r&#233;ponse du p&#232;re de famille : &#171; Laissez cro&#238;tre l'un et l'autre jusqu'&#224; la moisson8 &#187;. Car il faut souffrir en patience ce qu'on ne doit pas se h&#226;ter d'emp&#234;cher. Enfin il donna lui-m&#234;me un exemple et une d&#233;monstration de cette patience, lorsqu'avant de souffrir sa passion dans son corps, il supporta Judas voleur avant de le convaincre de trahison9. Avant de passer par les liens, la croix et la mort, il ne refusa pas le baiser de paix aux l&#232;vres du fourbe. Tous ces traits, et les autres semblables, qu'il serait trop long d'&#233;num&#233;rer, appartiennent &#224; cette esp&#232;ce de patience, par laquelle l'&#226;me supporte courageusement non le poids de ses p&#233;ch&#233;s, mais les maux ext&#233;rieurs de toute sorte, au-dedans d'elle-m&#234;me, sans que le corps soit atteint.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L'exemple de Dieu dans la patience</title>
		<link>https://peres.peuterey-editions.com/L-exemple-de-Dieu-dans-la-patience</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tertullien</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dieu, parfait mod&#232;le de patience 2. Pour nous, ce n'est point une affectation superbe, form&#233;e par l'orgueil d'une indiff&#233;rence toute cynique, qui nous impose l'obligation de pratiquer la patience ; c'est la supr&#234;me et vivante r&#232;gle d'une doctrine c&#233;leste qui nous repr&#233;sente Dieu lui-m&#234;me comme le plus parfait mod&#232;le de la patience. D'abord, &#171; il d&#233;verse &#233;galement la ros&#233;e de sa lumi&#232;re sur les justes et les injustes &#187; ; il distribue &#224; ceux qui le m&#233;ritent, comme &#224; ceux qui ne le m&#233;ritent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://peres.peuterey-editions.com/-La-patience-chez-les-Peres-de-l-Eglise-" rel="directory"&gt;La patience chez les P&#232;res de l'&#201;glise&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2&gt;Dieu, parfait mod&#232;le de patience&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;2. Pour nous, ce n'est point une affectation superbe, form&#233;e par l'orgueil d'une indiff&#233;rence toute cynique, qui nous impose l'obligation de pratiquer la patience ; c'est la supr&#234;me et vivante r&#232;gle d'une doctrine c&#233;leste qui nous repr&#233;sente Dieu lui-m&#234;me comme le plus parfait mod&#232;le de la patience. D'abord, &#171; il d&#233;verse &#233;galement la ros&#233;e de sa lumi&#232;re sur les justes et les injustes &#187; ; il distribue &#224; ceux qui le m&#233;ritent, comme &#224; ceux qui ne le m&#233;ritent pas, les bienfaits des saisons, les dons des &#233;l&#233;ments, les tributs de toute la cr&#233;ation ; il supporte l'ingratitude des nations qui adorent les bizarres fantaisies de leurs mains et de leurs arts, blasph&#232;ment son nom et pers&#233;cutent ses serviteurs. Enfin, le libertinage, l'avarice, l'iniquit&#233;, tous les d&#233;r&#232;glements qui chaque jour l&#232;vent de plus en plus la t&#234;te, il les souffre, avec une patience qui fait tort &#224; sa grandeur ; car plusieurs refusent de croire &#224; Dieu, parce qu'ils le voient si lent &#224; punir le monde.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Le Verbe incarn&#233;, patient dans la souffrance&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;3. Tel est le tableau de la patience divine, qui nous est montr&#233;e comme de loin, pour nous apprendre sans doute que cette vertu vient d'en haut. Mais que dire de cette patience divine que les hommes ont pu autrefois toucher de la main, pour ainsi parler ? Tout Dieu qu'il est, il consent &#224; na&#238;tre dans le sein d'une m&#232;re ; il y attend son heure ; une fois n&#233;, il veut cro&#238;tre &#224; la mani&#232;re des hommes ; plus &#226;g&#233;, il ne cherche point &#224; se faire reconna&#238;tre ; que dis-je ? Il cherche &#224; s'abaisser lui-m&#234;me ; il se laisse baptiser par son serviteur ; il ne repousse que par la parole les assauts du tentateur. Lorsque de souverain il s'est fait notre ma&#238;tre pour nous enseigner la voie du salut, instruit au pardon par une patience qui en avait d&#233;j&#224; trouv&#233; plus d'une application, &#171; il ne conteste point, il ne crie point ; personne n'entend sa voix sur les places publiques ; il ne brise point le roseau &#233;branl&#233; ; il n'&#233;teint point la m&#232;che qui fume encore. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi se v&#233;rifiait la proph&#233;tie, ou plut&#244;t le t&#233;moignage de Dieu lui-m&#234;me, qui &#233;panchait son esprit dans son Fils avec la pl&#233;nitude de sa patience. Il ne rejette aucun de ceux qui veulent s'attacher &#224; lui ; il ne d&#233;daigne la table ni le toit de personne ; il ne rebute ni les p&#233;cheurs, ni les publicains. Il ne s'irrite pas m&#234;me contre la ville qui avait refus&#233; de le recevoir, tandis que ses disciples appelaient les feux du ciel sur cette ville insolente. Il gu&#233;rit les ingrats ; il se livre de lui-m&#234;me &#224; ceux qui lui tendaient des pi&#232;ges. C'est trop peu, il garde aupr&#232;s de lui le tra&#238;tre qui le vendra, et il ne le d&#233;masque point au grand jour. Regarde-le quand il est livr&#233;, quand il est emmen&#233; ; c'est une victime que l'on conduit &#224; la boucherie. &#171; Il n'ouvre pas plus la bouche qu'un agneau, muet sous la main qui le tond. &#187; Ce Dieu qui, s'il l'avait voulu, pouvait s'environner d'une l&#233;gion d'anges, ne permet pas m&#234;me &#224; l'&#233;p&#233;e d'un de ses disciples de le venger. La patience du Seigneur re&#231;oit une blessure dans la personne de Malchus. Voil&#224; pourquoi il maudit &#224; l'avenir les &#339;uvres du glaive, et en gu&#233;rissant celui auquel il n'avait lui-m&#234;me fait aucun tort, il satisfait par la patience qui est la m&#232;re de la mis&#233;ricorde. Je ne dis rien de son crucifiement. Il n'&#233;tait venu que pour cela. Mais &#224; la mort qu'il devait subir fallait-il ajouter tant d'outrages ? C'est qu'avant de nous quitter, il voulait s'engraisser &#224; loisir des volupt&#233;s de la patience. On le couvre de crachats, on le bat de verges, on le bafoue, on le rev&#234;t d'une robe ignominieuse ; on le couronne plus ignominieusement encore. Merveilleuse &#233;galit&#233; d'&#226;me qui ne se d&#233;ment jamais ! Celui qui avait voulu se cacher sous la forme humaine ne prend rien de l'impatience humaine. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; ce trait unique, &#244; pharisiens, vous auriez d&#251; reconna&#238;tre votre Dieu : jamais homme n'e&#251;t &#233;t&#233; capable d'une semblable patience. Tant et de si augustes exemples dont la sublimit&#233; sert de pr&#233;texte aux nations pour d&#233;crier la foi, sont au contraire pour nous une autorit&#233; qui fortifie nos croyances, puisque, &#224; ceux auxquels il a &#233;t&#233; donn&#233; de croire, ils d&#233;montrent &#233;videmment, autant par la grandeur des souffrances que par la sagesse des pr&#233;ceptes, que dans Dieu la patience est la force, l'effet et l'excellence d'une propri&#233;t&#233; qui lui est inh&#233;rente.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;L'ob&#233;issance, berceau de la patience&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;4. Si les serviteurs honn&#234;tes et d'inclination vertueuse se conforment sous nos yeux aux dispositions de leur ma&#238;tre, puisque le secret de nous rendre Dieu favorable, c'est l'ob&#233;issance, et que la r&#232;gle de l'ob&#233;issance, c'est une soumission pleine de docilit&#233;, &#224; combien plus forte raison devons-nous faire para&#238;tre notre conformit&#233; aux lois du Seigneur ! Ne sommes-nous pas, en effet, les serviteurs du Dieu vivant, dont les jugements ne s'exercent pas sur les siens par des cha&#238;nes ou le don de la libert&#233;, mais par une &#233;ternit&#233; de supplices ou de salut ? Pour &#233;viter les effets de sa s&#233;v&#233;rit&#233;, ou participer &#224; ceux de ses mis&#233;ricordes, il faut que le z&#232;le de notre soumission corresponde &#224; la rigueur des menaces ou &#224; la magnificence des promesses. Nous-m&#234;mes nous voulons &#234;tre ob&#233;is, non pas seulement de nos esclaves et de ceux qui nous doivent la soumission &#224; quelque titre que ce soit, mais encore des animaux, de la brute stupide, persuad&#233;s que nous sommes qu'ils ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s par le Seigneur pour nos besoins. Quoi ! Les cr&#233;atures que Dieu a soumises &#224; notre volont&#233; accompliront mieux que nous le pr&#233;cepte de l'ob&#233;issance ! Elles reconnaissent, puisqu'elles ob&#233;issent : et nous, nous h&#233;sitons &#224; ob&#233;ir au seul ma&#238;tre que nous ayons, je veux dire au Seigneur ! Mais quelle ingratitude, quelle injustice, que de ne pas rendre &#224; Dieu la m&#234;me ob&#233;issance que sa bont&#233; nous permet d'exiger des autres !&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne m'&#233;tendrai pas davantage sur la soumission que nous devons au Seigneur notre Dieu. La seule connaissance de Dieu suffit pour nous l'apprendre. Toutefois, de peur qu'on ne s'imagine que cette digression sur l'ob&#233;issance est &#233;trang&#232;re au sujet, disons-le : la soumission elle-m&#234;me d&#233;rive de la patience. Jamais l'impatience n'est soumise, ni la patience indocile. Qui pourrait donc trop s'&#233;tendre sur l'excellence d'une vertu qui &#233;clata dans la personne du Seigneur notre Dieu, principe et r&#233;mun&#233;rateur de toutes les vertus ? Qui peut douter que tous ceux qui veulent appartenir &#224; Dieu, doivent rechercher de tout leur esprit un bien qui est le bien de Dieu ? Voil&#224; les motifs sommaires et abr&#233;g&#233;s qui &#233;tablissent la n&#233;cessit&#233; de la patience.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Dieu est la source de la patience</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Saint Cyprien de Carthage</dc:creator>



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&lt;p&gt;Pour nous, mes tr&#232;s chers fr&#232;res, qui sommes philosophes, non de bouche, mais de fait ; ne faisant point consister la sagesse dans le manteau, mais dans les &#339;uvres, et la vertu dans le t&#233;moignage d'une bonne conscience, plut&#244;t que dans la renomm&#233;e ; nous qui aspirons &#224; &#234;tre grands, moins dans notre langage que dans notre vie, pratiquons, comme de v&#233;ritables serviteurs de Dieu, la patience telle que notre divin Ma&#238;tre nous l'a enseign&#233;e par ses instructions et ses exemples. C'est l&#224; une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://peres.peuterey-editions.com/-La-patience-chez-les-Peres-de-l-Eglise-" rel="directory"&gt;La patience chez les P&#232;res de l'&#201;glise&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour nous, mes tr&#232;s chers fr&#232;res, qui sommes philosophes, non de bouche, mais de fait ; ne faisant point consister la sagesse dans le manteau, mais dans les &#339;uvres, et la vertu dans le t&#233;moignage d'une bonne conscience, plut&#244;t que dans la renomm&#233;e ; nous qui aspirons &#224; &#234;tre grands, moins dans notre langage que dans notre vie, pratiquons, comme de v&#233;ritables serviteurs de Dieu, la patience telle que notre divin Ma&#238;tre nous l'a enseign&#233;e par ses instructions et ses exemples. C'est l&#224; une qualit&#233; qui nous est commune avec Dieu. C'est lui qui en est la source, c'est de ce principe sublime qu'elle tire tout ce qu'elle a d'&#233;clat et de valeur. Son origine et sa grandeur &#233;manent du P&#232;re c&#233;leste. Une vertu qui est si ch&#232;re &#224; Dieu doit &#234;tre aim&#233;e des hommes. Quel titre de recommandation pour un bien, que d'&#234;tre agr&#233;able &#224; une si haute majest&#233; ! Si nous reconnaissons Dieu pour notre Seigneur et notre P&#232;re, imitons la patience du Dieu notre Seigneur et notre P&#232;re : des serviteurs doivent ob&#233;ir &#224; leur ma&#238;tre ; il est indigne &#224; des enfants de d&#233;g&#233;n&#233;rer de la vertu de leurs p&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, quelle patience dans notre Dieu ! Il voit les hommes, au m&#233;pris de sa majest&#233; et de l'honneur qui lui est d&#251;, &#233;riger des temples profanes &#224; l'&#339;uvre de leurs mains, s'abandonner &#224; de sacril&#232;ges adorations ; et il le souffre avec patience. Il n'en fait pas moins na&#238;tre le jour et luire son soleil sur les bons et sur les m&#233;chants ; et quand il fait descendre sur la terre les ros&#233;es du ciel, il n'excepte personne de ses bienfaits, et prodigue indiff&#233;remment des pluies vivifiantes sur les champs du juste et de l'injuste. C'est avec la m&#234;me mesure toujours constante d'une parfaite &#233;galit&#233; que nous voyons les &#233;l&#233;ments servir indiff&#233;remment au coupable et &#224; l'innocent, &#224; l'homme religieux et &#224; l'impie, aux c&#339;urs reconnaissants et aux ingrats. C'est pour les uns et pour les autres que soufflent les vents, que coulent les eaux des fontaines, que les bl&#233;s croissent et nous donnent les moissons, que la vigne nous prodigue ses tr&#233;sors, que les arbres se chargent de fruits, que les for&#234;ts &#233;talent la pompe de leur feuillage, et les prairies s'&#233;maillent de fleurs. Et quoique la justice de Dieu soit irrit&#233;e par nos offenses fr&#233;quentes et journali&#232;res, il suspend les effets de son indignation, et attend avec patience le jour qu'il r&#233;serve au ch&#226;timent. Bien qu'il ait en main la vengeance, il aime mieux exercer une longue patience ; sa bont&#233; tient la punition suspendue, et la diff&#232;re pour donner &#224; la malignit&#233; du p&#233;cheur le temps de s'&#233;puiser et de se retirer de cette fange impure, o&#249; elle va roulant ; car il dit lui-m&#234;me : &#171; Je ne veux pas la mort du mourant ; j'aime bien mieux qu'il revienne et qu'il vive &#187;. Et par la bouche d'un autre proph&#232;te : &#171; Revenez au Seigneur votre Dieu ; car il est bon et mis&#233;ricordieux, plein de patience et de douceur, et il r&#233;voque quelquefois les arr&#234;ts de sa justice contre les iniquit&#233;s des hommes &#187;. De m&#234;me saint Paul, rappelant les p&#233;cheurs &#224; la p&#233;nitence : &#171; Est-ce, dit-il, que vous m&#233;prisez les richesses de sa bont&#233;, de sa patience et de sa longanimit&#233; ? Ne savez-vous pas qu'il n'use de cette patience et de cette bont&#233; que pour vous amener &#224; la p&#233;nitence ? Et vous, par votre endurcissement et votre imp&#233;nitence, vous vous amassez des tr&#233;sors de col&#232;re pour le jour de la vengeance et de la r&#233;v&#233;lation du juste jugement de Dieu} qui rendra &#224; chacun selon ses &#339;uvres &#187;. Il appelle juste le jugement de Dieu, parce qu'il vient tard, parce qu'il est toujours diff&#233;r&#233; ; et pourquoi ? Afin que la longue patience du Seigneur donne au coupable le temps de revenir &#224; la vie ; et le ch&#226;timent ne vient frapper le p&#233;cheur que quand la p&#233;nitence ne peut plus &#234;tre pour lui un moyen de salut.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Qu'est-ce que la patience ? </title>
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&lt;p&gt;Avant de voir ce que disent les P&#232;res de l'&#201;glise sur la patience, il nous a sembl&#233; opportun de rappeler ce qu'est la patience. Saint Thomas d'Aquin en parle dans sa Somme Th&#233;ologique. Comme, de plus, dans ses explications, saint Thomas fait r&#233;f&#233;rence au texte de saint Augustin que nous publions ci-dessous, cette pr&#233;sentation de la patience est tr&#232;s &#224; propos ! Voici quelques extraits de la Somme th&#233;ologique sur la patience. &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Saint Thomas d'Aquin nous parle de la patience dans la Somme (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://peres.peuterey-editions.com/-La-patience-chez-les-Peres-de-l-Eglise-" rel="directory"&gt;La patience chez les P&#232;res de l'&#201;glise&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avant de voir ce que disent les P&#232;res de l'&#201;glise sur la patience, il nous a sembl&#233; opportun de rappeler ce qu'est la patience. Saint Thomas d'Aquin en parle dans sa Somme Th&#233;ologique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme, de plus, dans ses explications, saint Thomas fait r&#233;f&#233;rence au texte de saint Augustin que nous publions ci-dessous, cette pr&#233;sentation de la patience est tr&#232;s &#224; propos !&lt;br class='autobr' /&gt;
Voici quelques extraits de la Somme th&#233;ologique sur la patience.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Saint Thomas d'Aquin nous parle de la patience dans la Somme th&#233;ologique. Nous rappelons bri&#232;vement ce qu'il dit au sujet de la patience, d'autant plus qu'il cite le texte de saint Augustin sur la patience ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
La patience est une vertu par laquelle on conserve le bien de la raison malgr&#233; la tristesse, parce qu'elle emp&#234;che la raison de se laisser abattre par elle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut r&#233;pondre que, comme nous l'avons dit, les vertus morales se rapportent au bien, en ce qu'elles conservent le bien de la raison contre le choc imp&#233;tueux des passions. Or, entre les autres passions, la tristesse a beaucoup de force pour emp&#234;cher le bien de la raison, d'apr&#232;s ces paroles de l'&#201;criture (2 Cor., 7, 10) : &#171; La tristesse du si&#232;cle produit la mort &#187; ; (Eccl&#233;siastique, 30, 25) La tristesse en a tu&#233; une multitude, et elle n'est utile &#224; rien. Par cons&#233;quent il est n&#233;cessaire que l'on ait une vertu par laquelle on conserve le bien de la raison contre la tristesse et qui emp&#234;che la raison de succomber sous les assauts de cette passion. C'est pr&#233;cis&#233;ment ce que fait la patience. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pourquoi saint Augustin dit (De la patience, chap. 2) que la patience consiste &#224; supporter les maux de cette vie avec une grande &#233;galit&#233; d'esprit, c'est-&#224;-dire sans se laisser troubler par la tristesse, et qu'elle nous emp&#234;che d'abandonner par notre mauvaise humeur les biens par lesquels nous pouvons arriver &#224; un bonheur plus parfait. D'o&#249; il est &#233;vident que la patience est une vertu.&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
La patience n'est pas la premi&#232;re de toutes les vertus, puisqu'elle a au-dessus d'elle les trois vertus th&#233;ologales et les quatre vertus cardinales, parmi lesquelles la prudence et la justice &#233;tablissent l'homme directement dans le bien, tandis que la force et la temp&#233;rance lui font surmonter tous les plus graves obstacles.&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Puisque la patience qui est une v&#233;ritable vertu vient de la charit&#233;, il est clair qu'on ne peut pas l'avoir sans la gr&#226;ce.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut r&#233;pondre que, comme le dit saint Augustin (De la patience, &#224; la fin du texte), c'est la force des d&#233;sirs qui fait qu'on s'expose &#224; souffrir le travail et la douleur, car jamais on ne s'y expose volontairement que pour quelque chose qui pla&#238;t. La raison en est que l'esprit d&#233;teste la douleur et la tristesse en elle-m&#234;me ; par cons&#233;quent il ne se d&#233;ciderait jamais &#224; la souffrir pour elle-m&#234;me, mais il le fait seulement pour une fin. Ainsi il faut donc que le bien pour lequel on veut endurer des souffrances soit plus d&#233;sir&#233; et plus aim&#233; que le bien dont la privation nous cause une douleur que nous supportons patiemment. Or, il appartient &#224; la charit&#233; qui aime Dieu par-dessus toutes choses de pr&#233;f&#233;rer le bien de la gr&#226;ce &#224; tous les biens de la nature dont la perte peut nous causer une douleur. D'o&#249; il est &#233;vident que la patience, selon qu'elle est une vertu, est produite par la charit&#233;, d'apr&#232;s ces paroles de saint Paul (1 Co 13, 4) : La charit&#233; est patiente. Et comme il est manifeste qu'on ne peut avoir la charit&#233; qu'au moyen de la gr&#226;ce, d'apr&#232;s ces autres paroles de l'Ap&#244;tre (Rm 5, 5) : La charit&#233; de Dieu a &#233;t&#233; r&#233;pandue dans nos c&#339;urs par l'Esprit-Saint qui nous a &#233;t&#233; donn&#233;, il s'ensuit qu'on ne peut pas avoir la patience sans le secours de la gr&#226;ce (On ne peut pas avoir la patience parfaite quoad statum, sans la gr&#226;ce sanctifiante ; pour avoir la patience imparfaite, telle qu'elle se trouve dans les p&#233;nitents et les cat&#233;chum&#232;nes qui n'ont pas encore &#233;t&#233; justifi&#233;s, on a seulement besoin de la gr&#226;ce naturelle.).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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