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	<title>Les P&#232;res de l'&#201;glise dans la vie quotidienne</title>
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		<title>La patience de l'homme</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Saint Augustin</dc:creator>



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&lt;p&gt;La patience de l'homme, je dis la patience vraie, louable, celle qui m&#233;rite le nom de vertu, consiste &#224; supporter les maux avec &#233;galit&#233; d'&#226;me, de peur que l'in&#233;galit&#233; de l'&#226;me qui enfante l'iniquit&#233;, ne nous fasse abandonner les biens spirituels qui sont pour nous les moyens de parvenir aux biens sup&#233;rieurs. 2. La patience de l'homme, je dis la patience vraie, louable, celle qui m&#233;rite le nom de vertu, consiste &#224; supporter les maux avec &#233;galit&#233; d'&#226;me, de peur que l'in&#233;galit&#233; de l'&#226;me qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://peres.peuterey-editions.com/-La-patience-chez-les-Peres-de-l-Eglise-" rel="directory"&gt;La patience chez les P&#232;res de l'&#201;glise&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La patience de l'homme, je dis la patience vraie, louable, celle qui m&#233;rite le nom de vertu, consiste &#224; supporter les maux avec &#233;galit&#233; d'&#226;me, de peur que l'in&#233;galit&#233; de l'&#226;me qui enfante l'iniquit&#233;, ne nous fasse abandonner les biens spirituels qui sont pour nous les moyens de parvenir aux biens sup&#233;rieurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
2. La patience de l'homme, je dis la patience vraie, louable, celle qui m&#233;rite le nom de vertu, consiste &#224; supporter les maux avec &#233;galit&#233; d'&#226;me, de peur que l'in&#233;galit&#233; de l'&#226;me qui enfante l'iniquit&#233;, ne nous fasse abandonner les biens spirituels qui sont pour nous les moyens de parvenir aux biens sup&#233;rieurs. Il suit de l&#224; que les impatients, en refusant de souffrir les maux, ne parviennent pas &#224; s'en exempter, mais plut&#244;t &#224; se procurer des maux plus grands. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les patients, au contraire, qui aiment mieux supporter le mal sans le commettre, que de le commettre en ne le supportant pas, font un double gain : ils rendent plus l&#233;gers les maux qu'ils souffrent par la patience, et ils &#233;chappent aux maux plus graves dans lesquels ils tomberaient par l'impatience. De plus ils &#233;vitent la perte des grands biens de l'&#233;ternit&#233;, en ne succombant pas sous le poids des maux passagers du temps. Car &#171; les souffrances de ce temps, comme le dit l'Ap&#244;tre, ne sont pas &#224; comparer &#224; la gloire &#224; venir qui sera manifest&#233;e en nous1 &#187; ; et encore : &#171; Les tribulations temporelles qui sont en m&#234;me temps l&#233;g&#232;res, produisent pour nous un poids immense et &#233;ternel de gloire2 &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
3. Consid&#233;rons, mes tr&#232;s chers fr&#232;res, tout ce que les hommes endurent de travaux et de douleurs pour les objets de leurs passions vicieuses, pour des choses qu'on est d'autant plus malheureux de d&#233;sirer, qu'on s'imagine &#234;tre plus heureux en les poss&#233;dant. &#192; quels dangers ils s'exposent pour les fausses richesses ! Quelles amertumes ils d&#233;vorent pour les vains honneurs ! Quelle incroyable patience pour des satisfactions pu&#233;riles ! Avides d'argent, de gloire, de d&#233;bauches, rien ne leur co&#251;te pour se procurer ce qu'ils d&#233;sirent, et conserver ce qu'ils ont acquis. Le soleil et la pluie, la glace, les vagues mugissantes, la mer en furie, le m&#233;tier de la guerre, si dur et si plein d'incertitudes, des coups, des plaies affreuses, des blessures horribles, ils supportent tout sans y &#234;tre contraints par la loi de la n&#233;cessit&#233; ; ils affrontent tout comme &#224; plaisir, et pour suivre leurs d&#233;sirs coupables. Et l'on croit que toutes ces folies sont comme permises !&lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, l'avarice, l'ambition, la luxure, et tout le cort&#232;ge des vains amusements sont r&#233;put&#233;s choses innocentes, d&#232;s qu'on ne se les procure pas par quelque crime ou forfait d&#233;fendu par les lois humaines. Il y a plus : d&#232;s qu'on ne fait tort &#224; personne, celui-ci peut acqu&#233;rir une fortune ou augmenter la sienne, celui-l&#224; ambitionner les honneurs et se maintenir au fa&#238;te, cet autre lutter dans l'ar&#232;ne ou s'adonner &#224; des choses dangereuses, cet autre encore rechercher les applaudissements sur la sc&#232;ne, et tous pour atteindre leur but endureront peines et fatigues de toutes sortes : le populaire, ami des vanit&#233;s, se garde bien de leur infliger le moindre bl&#226;me ; loin de l&#224;, il les &#233;l&#232;ve jusqu'aux nues. Et ainsi, selon la parole de l'&#201;criture, &#171; le p&#233;cheur est lou&#233; &#224; cause des d&#233;sirs a de son &#226;me &#187;. La violence de ces d&#233;sirs fait supporter les travaux et les douleurs ; et en effet, personne ne subit volontiers des tourments, sinon pour arriver au plaisir. Mais, comme je le disais, ces passions que veulent satisfaire ceux qui en sont d&#233;vor&#233;s, au prix de tant de fatigues et d'amertumes endur&#233;es avec tant de patience, sont regard&#233;es comme permises et tol&#233;r&#233;es par les lois.&lt;br class='autobr' /&gt;
4. Que dirons-nous encore ? Ne voit-on pas des hommes se soumettre aux plus rudes labeurs &#224; l'occasion des crimes les plus &#233;vidents, non pas pour les punir, mais pour les commettre ? Lisez, dans les auteurs profanes, la vie d'un parricide bourreau de sa patrie, de la premi&#232;re noblesse ; ils vous disent qu'il savait supporter la faim, la soif, le froid, et que, par une patience invincible, il avait endurci son corps aux privations, &#224; la souffrance, aux veilles, dans une mesure qui surpasse toute imagination3. Que dire des voleurs de grand chemin ? Pour dresser des emb&#251;ches aux voyageurs, tous passent des nuits sans sommeil, et pour saisir l'innocent au passage, ils tiennent attentif leur esprit criminel et leur corps immobile, sous les cieux les plus incl&#233;ments ! Plusieurs d'entre eux, &#224; ce que l'on raconte, vont jusqu'&#224; se donner la torture les uns aux autres, afin de se pr&#233;parer au supplice par un exercice qui n'en diff&#232;re pas. Peut-&#234;tre, en effet, le juge les tourmente-t-il moins cruellement pour leur arracher la v&#233;rit&#233; par les douleurs de la question, que leurs compagnons eux-m&#234;mes lorsqu'ils veulent s'assurer que le supplice ne les rendra pas tra&#238;tres. Et cependant la patience de tous ces hommes peut provoquer l'admiration, mais non pas la louange. Eh ! Qu'ai-je dit ? Non, ni l'une ni l'autre ; la patience n'existe pas ici. Admirez l'obstination, niez la patience ; car il n'y a l&#224; rien qui m&#233;rite d'&#234;tre lou&#233;, rien d'utile &#224; imiter. Et vous jugerez avec raison qu'une &#226;me m&#233;rite un ch&#226;timent d'autant plus grand, qu'elle fait servir davantage aux vices les instruments des vertus. La patience est la compagne de la sagesse, et non la servante de la concupiscence. La patience est l'amie de la bonne conscience, et non l'ennemie de l'innocence.&lt;br class='autobr' /&gt;
5. Lorsque vous voyez quelqu'un souffrir patiemment, ne vous empressez pas de louer sa patience, que seule la cause pour laquelle il souffre peut vous r&#233;v&#233;ler. Si la cause est bonne, la patience est vraie ; si cette cause n'est pas souill&#233;e par quelque passion, vous pouvez dire que la patience n'est pas fausse. Mais lorsque le vice caract&#233;rise la premi&#232;re, vous serez dans l'erreur en caract&#233;risant la seconde par son nom. De m&#234;me que tous ceux qui savent, ne sont pas pour cela des adeptes de la science ; ainsi tous ceux qui savent souffrir, ne sont pas pour cela des adeptes de la patience. Les hommes qui savent user de la souffrance pour la vertu, voil&#224; ceux qui m&#233;ritent vraiment le nom de patients, et la couronne r&#233;mun&#233;ratrice de la patience.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toutefois cette &#233;tonnante pers&#233;v&#233;rance des hommes &#224; souffrir tant de maux horribles pour leurs passions, et m&#234;me pour des crimes, nous avertit assez de tout ce que nous devons supporter nous-m&#234;mes pour mener une vie vertueuse, afin qu'elle puisse devenir une vie &#233;ternelle, assur&#233;e du vrai bonheur contre les limites du temps et contre tout amoindrissement des &#233;l&#233;ments de sa f&#233;licit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
6. Toutefois cette &#233;tonnante pers&#233;v&#233;rance des hommes &#224; souffrir tant de maux horribles pour leurs passions, et m&#234;me pour des crimes, nous avertit assez de tout ce que nous devons supporter nous-m&#234;mes pour mener une vie vertueuse, afin qu'elle puisse devenir une vie &#233;ternelle, assur&#233;e du vrai bonheur contre les limites du temps et contre tout amoindrissement des &#233;l&#233;ments de sa f&#233;licit&#233;. Le Seigneur l'a dit : &#171; C'est par votre patience que vous poss&#233;derez vos &#226;mes4 &#187;. Il n'a pas dit : vos fermes, vos honneurs, vos plaisirs coupables ; mais, vos &#226;mes. Si donc l'&#226;me sait tant souffrir pour poss&#233;der ce qui la fait p&#233;rir, combien ne doit-elle pas endurer pour &#233;viter de p&#233;rir ? Et pour citer en exemple un fait qui ne renferme rien de criminel, si l'&#226;me sait tant souffrir pour sauver sa chair entre les mains des m&#233;decins arm&#233;s du fer et du feu, combien ne doit-elle pas souffrir pour son propre salut, au milieu des attaques furieuses de tous ses ennemis ? Car les m&#233;decins sauvent le corps de la mort en le faisant souffrir, et les ennemis du salut menacent le corps de la souffrance de la mort, pour pr&#233;cipiter dans la mort &#233;ternelle et l'&#226;me et le corps5.&lt;br class='autobr' /&gt;
7. Il y a mieux : on veille plus efficacement aux int&#233;r&#234;ts du corps lui-m&#234;me, lorsqu'on m&#233;prise, pour la justice, sa sant&#233; temporelle, lorsque pour la justice, on le livre aux tourments et m&#234;me &#224; la mort. Car c'est de la r&#233;demption finale du corps m&#234;me que l'Ap&#244;tre parle, quand il dit : &#171; Nous poussons des g&#233;missements int&#233;rieurs, en attendant l'adoption qui fera de nous des enfants de Dieu, et qui sera la r&#233;demption de notre corps &#187;. Et il ajoute : &#171; C'est par l'esp&#233;rance que nous sommes sauv&#233;s. Mais l'esp&#233;rance des choses que l'on voit n'est pas une esp&#233;rance. Car d&#232;s que l'on voit une chose, l'esp&#232;re-t-on encore ? Si donc nous esp&#233;rons les choses que nous ne voyons pas, c'est par la patience que nous les attendons &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, lorsque des maux nous tourmentent sans que ces tourments parviennent &#224; nous faire commettre des &#339;uvres mauvaises, ce n'est pas seulement notre &#226;me que nous poss&#233;dons par la patience. Mais lorsque notre corps m&#234;me est afflig&#233; pour un temps, et m&#234;me lorsque nous le perdons dans l'exercice de la patience, nous le regagnons pour l'&#233;ternit&#233;, nous lui procurons la stabilit&#233; et le salut &#233;ternel, et par la douleur et la mort, nous lui acqu&#233;rons la sant&#233; ind&#233;fectible et l'heureuse immortalit&#233;. Aussi le Seigneur J&#233;sus, exhortant ses martyrs &#224; la patience, leur promet l'int&#233;grit&#233; future du corps m&#234;me, et les rassure contre la perte, je ne dis pas d'un membre, mais m&#234;me d'un cheveu. &#171; Je vous le dis en v&#233;rit&#233;, pas un cheveu de votre t&#234;te ne p&#233;rira6 &#187;. Et parce que personne, selon l'expression de l'Ap&#244;tre, n'a jamais ha&#239; sa propre chair, il arrive ainsi que l'homme fid&#232;le pourvoit plus s&#251;rement aux int&#233;r&#234;ts de sa chair par la patience que par l'impatience, et trouve dans le gain inappr&#233;ciable de l'incorruptibilit&#233; future une compensation aux dommages du pr&#233;sent, quels qu'ils soient.&lt;br class='autobr' /&gt;
8. La patience est une vertu de l'&#226;me ; n&#233;anmoins l'&#226;me l'exerce tant&#244;t en elle-m&#234;me tant&#244;t en son corps. Elle l'exerce en elle-m&#234;me, quand l'&#233;preuve ne blesse ni n'offense le corps ; quand ce sont des actes hostiles ou des paroles d&#233;shonorantes qui la froissent et l'excitent elle-m&#234;me &#224; des actions ou &#224; des paroles inopportunes ou contraires au bien, et qu'alors elle supporte toutes sortes de maux sans commettre elle-m&#234;me aucun mal, soit en paroles, soit en &#339;uvres.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est en vertu de cette patience que, fussions-nous pleins de sant&#233;, nous nous r&#233;signons &#224; voir diff&#233;rer notre b&#233;atitude et &#224; vivre au milieu des scandales de ce si&#232;cle. Et tel est le sens du texte cit&#233; tout &#224; l'heure : &#171; Si nous esp&#233;rons ce que nous ne voyons pas encore, nous l'attendons en patience &#187;. C'est cette patience qui fit supporter au saint roi David les opprobres et les insultes, lui interdit la vengeance alors qu'elle lui &#233;tait facile ; le porta &#224; contenir lui-m&#234;me la col&#232;re d'un des siens qui partageait sa peine7, et &#224; user du pouvoir royal pour emp&#234;cher la vengeance plut&#244;t que de l'exercer. Or &#224; ce moment, son corps n'&#233;tait tourment&#233; d'aucune maladie ni atteint d'aucune blessure ; mais c'&#233;tait le temps d'&#234;tre humili&#233;, et il le reconnut ; et il porta le poids de la volont&#233; de Dieu d'un c&#339;ur soumis et d'une &#226;me patiente ; et il but le calice amer de l'ignominie. Cette patience, le Seigneur l'enseigna, lorsqu'il vit les serviteurs irrit&#233;s du m&#233;lange de l'ivraie au bon grain, dispos&#233;s &#224; l'arracher, et qu'il leur fit conna&#238;tre la r&#233;ponse du p&#232;re de famille : &#171; Laissez cro&#238;tre l'un et l'autre jusqu'&#224; la moisson8 &#187;. Car il faut souffrir en patience ce qu'on ne doit pas se h&#226;ter d'emp&#234;cher. Enfin il donna lui-m&#234;me un exemple et une d&#233;monstration de cette patience, lorsqu'avant de souffrir sa passion dans son corps, il supporta Judas voleur avant de le convaincre de trahison9. Avant de passer par les liens, la croix et la mort, il ne refusa pas le baiser de paix aux l&#232;vres du fourbe. Tous ces traits, et les autres semblables, qu'il serait trop long d'&#233;num&#233;rer, appartiennent &#224; cette esp&#232;ce de patience, par laquelle l'&#226;me supporte courageusement non le poids de ses p&#233;ch&#233;s, mais les maux ext&#233;rieurs de toute sorte, au-dedans d'elle-m&#234;me, sans que le corps soit atteint.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L'exemple de Dieu dans la patience</title>
		<link>https://peres.peuterey-editions.com/L-exemple-de-Dieu-dans-la-patience</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tertullien</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dieu, parfait mod&#232;le de patience 2. Pour nous, ce n'est point une affectation superbe, form&#233;e par l'orgueil d'une indiff&#233;rence toute cynique, qui nous impose l'obligation de pratiquer la patience ; c'est la supr&#234;me et vivante r&#232;gle d'une doctrine c&#233;leste qui nous repr&#233;sente Dieu lui-m&#234;me comme le plus parfait mod&#232;le de la patience. D'abord, &#171; il d&#233;verse &#233;galement la ros&#233;e de sa lumi&#232;re sur les justes et les injustes &#187; ; il distribue &#224; ceux qui le m&#233;ritent, comme &#224; ceux qui ne le m&#233;ritent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://peres.peuterey-editions.com/-La-patience-chez-les-Peres-de-l-Eglise-" rel="directory"&gt;La patience chez les P&#232;res de l'&#201;glise&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2&gt;Dieu, parfait mod&#232;le de patience&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;2. Pour nous, ce n'est point une affectation superbe, form&#233;e par l'orgueil d'une indiff&#233;rence toute cynique, qui nous impose l'obligation de pratiquer la patience ; c'est la supr&#234;me et vivante r&#232;gle d'une doctrine c&#233;leste qui nous repr&#233;sente Dieu lui-m&#234;me comme le plus parfait mod&#232;le de la patience. D'abord, &#171; il d&#233;verse &#233;galement la ros&#233;e de sa lumi&#232;re sur les justes et les injustes &#187; ; il distribue &#224; ceux qui le m&#233;ritent, comme &#224; ceux qui ne le m&#233;ritent pas, les bienfaits des saisons, les dons des &#233;l&#233;ments, les tributs de toute la cr&#233;ation ; il supporte l'ingratitude des nations qui adorent les bizarres fantaisies de leurs mains et de leurs arts, blasph&#232;ment son nom et pers&#233;cutent ses serviteurs. Enfin, le libertinage, l'avarice, l'iniquit&#233;, tous les d&#233;r&#232;glements qui chaque jour l&#232;vent de plus en plus la t&#234;te, il les souffre, avec une patience qui fait tort &#224; sa grandeur ; car plusieurs refusent de croire &#224; Dieu, parce qu'ils le voient si lent &#224; punir le monde.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Le Verbe incarn&#233;, patient dans la souffrance&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;3. Tel est le tableau de la patience divine, qui nous est montr&#233;e comme de loin, pour nous apprendre sans doute que cette vertu vient d'en haut. Mais que dire de cette patience divine que les hommes ont pu autrefois toucher de la main, pour ainsi parler ? Tout Dieu qu'il est, il consent &#224; na&#238;tre dans le sein d'une m&#232;re ; il y attend son heure ; une fois n&#233;, il veut cro&#238;tre &#224; la mani&#232;re des hommes ; plus &#226;g&#233;, il ne cherche point &#224; se faire reconna&#238;tre ; que dis-je ? Il cherche &#224; s'abaisser lui-m&#234;me ; il se laisse baptiser par son serviteur ; il ne repousse que par la parole les assauts du tentateur. Lorsque de souverain il s'est fait notre ma&#238;tre pour nous enseigner la voie du salut, instruit au pardon par une patience qui en avait d&#233;j&#224; trouv&#233; plus d'une application, &#171; il ne conteste point, il ne crie point ; personne n'entend sa voix sur les places publiques ; il ne brise point le roseau &#233;branl&#233; ; il n'&#233;teint point la m&#232;che qui fume encore. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi se v&#233;rifiait la proph&#233;tie, ou plut&#244;t le t&#233;moignage de Dieu lui-m&#234;me, qui &#233;panchait son esprit dans son Fils avec la pl&#233;nitude de sa patience. Il ne rejette aucun de ceux qui veulent s'attacher &#224; lui ; il ne d&#233;daigne la table ni le toit de personne ; il ne rebute ni les p&#233;cheurs, ni les publicains. Il ne s'irrite pas m&#234;me contre la ville qui avait refus&#233; de le recevoir, tandis que ses disciples appelaient les feux du ciel sur cette ville insolente. Il gu&#233;rit les ingrats ; il se livre de lui-m&#234;me &#224; ceux qui lui tendaient des pi&#232;ges. C'est trop peu, il garde aupr&#232;s de lui le tra&#238;tre qui le vendra, et il ne le d&#233;masque point au grand jour. Regarde-le quand il est livr&#233;, quand il est emmen&#233; ; c'est une victime que l'on conduit &#224; la boucherie. &#171; Il n'ouvre pas plus la bouche qu'un agneau, muet sous la main qui le tond. &#187; Ce Dieu qui, s'il l'avait voulu, pouvait s'environner d'une l&#233;gion d'anges, ne permet pas m&#234;me &#224; l'&#233;p&#233;e d'un de ses disciples de le venger. La patience du Seigneur re&#231;oit une blessure dans la personne de Malchus. Voil&#224; pourquoi il maudit &#224; l'avenir les &#339;uvres du glaive, et en gu&#233;rissant celui auquel il n'avait lui-m&#234;me fait aucun tort, il satisfait par la patience qui est la m&#232;re de la mis&#233;ricorde. Je ne dis rien de son crucifiement. Il n'&#233;tait venu que pour cela. Mais &#224; la mort qu'il devait subir fallait-il ajouter tant d'outrages ? C'est qu'avant de nous quitter, il voulait s'engraisser &#224; loisir des volupt&#233;s de la patience. On le couvre de crachats, on le bat de verges, on le bafoue, on le rev&#234;t d'une robe ignominieuse ; on le couronne plus ignominieusement encore. Merveilleuse &#233;galit&#233; d'&#226;me qui ne se d&#233;ment jamais ! Celui qui avait voulu se cacher sous la forme humaine ne prend rien de l'impatience humaine. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; ce trait unique, &#244; pharisiens, vous auriez d&#251; reconna&#238;tre votre Dieu : jamais homme n'e&#251;t &#233;t&#233; capable d'une semblable patience. Tant et de si augustes exemples dont la sublimit&#233; sert de pr&#233;texte aux nations pour d&#233;crier la foi, sont au contraire pour nous une autorit&#233; qui fortifie nos croyances, puisque, &#224; ceux auxquels il a &#233;t&#233; donn&#233; de croire, ils d&#233;montrent &#233;videmment, autant par la grandeur des souffrances que par la sagesse des pr&#233;ceptes, que dans Dieu la patience est la force, l'effet et l'excellence d'une propri&#233;t&#233; qui lui est inh&#233;rente.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;L'ob&#233;issance, berceau de la patience&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;4. Si les serviteurs honn&#234;tes et d'inclination vertueuse se conforment sous nos yeux aux dispositions de leur ma&#238;tre, puisque le secret de nous rendre Dieu favorable, c'est l'ob&#233;issance, et que la r&#232;gle de l'ob&#233;issance, c'est une soumission pleine de docilit&#233;, &#224; combien plus forte raison devons-nous faire para&#238;tre notre conformit&#233; aux lois du Seigneur ! Ne sommes-nous pas, en effet, les serviteurs du Dieu vivant, dont les jugements ne s'exercent pas sur les siens par des cha&#238;nes ou le don de la libert&#233;, mais par une &#233;ternit&#233; de supplices ou de salut ? Pour &#233;viter les effets de sa s&#233;v&#233;rit&#233;, ou participer &#224; ceux de ses mis&#233;ricordes, il faut que le z&#232;le de notre soumission corresponde &#224; la rigueur des menaces ou &#224; la magnificence des promesses. Nous-m&#234;mes nous voulons &#234;tre ob&#233;is, non pas seulement de nos esclaves et de ceux qui nous doivent la soumission &#224; quelque titre que ce soit, mais encore des animaux, de la brute stupide, persuad&#233;s que nous sommes qu'ils ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s par le Seigneur pour nos besoins. Quoi ! Les cr&#233;atures que Dieu a soumises &#224; notre volont&#233; accompliront mieux que nous le pr&#233;cepte de l'ob&#233;issance ! Elles reconnaissent, puisqu'elles ob&#233;issent : et nous, nous h&#233;sitons &#224; ob&#233;ir au seul ma&#238;tre que nous ayons, je veux dire au Seigneur ! Mais quelle ingratitude, quelle injustice, que de ne pas rendre &#224; Dieu la m&#234;me ob&#233;issance que sa bont&#233; nous permet d'exiger des autres !&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne m'&#233;tendrai pas davantage sur la soumission que nous devons au Seigneur notre Dieu. La seule connaissance de Dieu suffit pour nous l'apprendre. Toutefois, de peur qu'on ne s'imagine que cette digression sur l'ob&#233;issance est &#233;trang&#232;re au sujet, disons-le : la soumission elle-m&#234;me d&#233;rive de la patience. Jamais l'impatience n'est soumise, ni la patience indocile. Qui pourrait donc trop s'&#233;tendre sur l'excellence d'une vertu qui &#233;clata dans la personne du Seigneur notre Dieu, principe et r&#233;mun&#233;rateur de toutes les vertus ? Qui peut douter que tous ceux qui veulent appartenir &#224; Dieu, doivent rechercher de tout leur esprit un bien qui est le bien de Dieu ? Voil&#224; les motifs sommaires et abr&#233;g&#233;s qui &#233;tablissent la n&#233;cessit&#233; de la patience.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dieu est la source de la patience</title>
		<link>https://peres.peuterey-editions.com/Dieu-est-la-source-de-la-patience</link>
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		<dc:date>2026-05-29T14:43:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Saint Cyprien de Carthage</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Pour nous, mes tr&#232;s chers fr&#232;res, qui sommes philosophes, non de bouche, mais de fait ; ne faisant point consister la sagesse dans le manteau, mais dans les &#339;uvres, et la vertu dans le t&#233;moignage d'une bonne conscience, plut&#244;t que dans la renomm&#233;e ; nous qui aspirons &#224; &#234;tre grands, moins dans notre langage que dans notre vie, pratiquons, comme de v&#233;ritables serviteurs de Dieu, la patience telle que notre divin Ma&#238;tre nous l'a enseign&#233;e par ses instructions et ses exemples. C'est l&#224; une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://peres.peuterey-editions.com/-La-patience-chez-les-Peres-de-l-Eglise-" rel="directory"&gt;La patience chez les P&#232;res de l'&#201;glise&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour nous, mes tr&#232;s chers fr&#232;res, qui sommes philosophes, non de bouche, mais de fait ; ne faisant point consister la sagesse dans le manteau, mais dans les &#339;uvres, et la vertu dans le t&#233;moignage d'une bonne conscience, plut&#244;t que dans la renomm&#233;e ; nous qui aspirons &#224; &#234;tre grands, moins dans notre langage que dans notre vie, pratiquons, comme de v&#233;ritables serviteurs de Dieu, la patience telle que notre divin Ma&#238;tre nous l'a enseign&#233;e par ses instructions et ses exemples. C'est l&#224; une qualit&#233; qui nous est commune avec Dieu. C'est lui qui en est la source, c'est de ce principe sublime qu'elle tire tout ce qu'elle a d'&#233;clat et de valeur. Son origine et sa grandeur &#233;manent du P&#232;re c&#233;leste. Une vertu qui est si ch&#232;re &#224; Dieu doit &#234;tre aim&#233;e des hommes. Quel titre de recommandation pour un bien, que d'&#234;tre agr&#233;able &#224; une si haute majest&#233; ! Si nous reconnaissons Dieu pour notre Seigneur et notre P&#232;re, imitons la patience du Dieu notre Seigneur et notre P&#232;re : des serviteurs doivent ob&#233;ir &#224; leur ma&#238;tre ; il est indigne &#224; des enfants de d&#233;g&#233;n&#233;rer de la vertu de leurs p&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, quelle patience dans notre Dieu ! Il voit les hommes, au m&#233;pris de sa majest&#233; et de l'honneur qui lui est d&#251;, &#233;riger des temples profanes &#224; l'&#339;uvre de leurs mains, s'abandonner &#224; de sacril&#232;ges adorations ; et il le souffre avec patience. Il n'en fait pas moins na&#238;tre le jour et luire son soleil sur les bons et sur les m&#233;chants ; et quand il fait descendre sur la terre les ros&#233;es du ciel, il n'excepte personne de ses bienfaits, et prodigue indiff&#233;remment des pluies vivifiantes sur les champs du juste et de l'injuste. C'est avec la m&#234;me mesure toujours constante d'une parfaite &#233;galit&#233; que nous voyons les &#233;l&#233;ments servir indiff&#233;remment au coupable et &#224; l'innocent, &#224; l'homme religieux et &#224; l'impie, aux c&#339;urs reconnaissants et aux ingrats. C'est pour les uns et pour les autres que soufflent les vents, que coulent les eaux des fontaines, que les bl&#233;s croissent et nous donnent les moissons, que la vigne nous prodigue ses tr&#233;sors, que les arbres se chargent de fruits, que les for&#234;ts &#233;talent la pompe de leur feuillage, et les prairies s'&#233;maillent de fleurs. Et quoique la justice de Dieu soit irrit&#233;e par nos offenses fr&#233;quentes et journali&#232;res, il suspend les effets de son indignation, et attend avec patience le jour qu'il r&#233;serve au ch&#226;timent. Bien qu'il ait en main la vengeance, il aime mieux exercer une longue patience ; sa bont&#233; tient la punition suspendue, et la diff&#232;re pour donner &#224; la malignit&#233; du p&#233;cheur le temps de s'&#233;puiser et de se retirer de cette fange impure, o&#249; elle va roulant ; car il dit lui-m&#234;me : &#171; Je ne veux pas la mort du mourant ; j'aime bien mieux qu'il revienne et qu'il vive &#187;. Et par la bouche d'un autre proph&#232;te : &#171; Revenez au Seigneur votre Dieu ; car il est bon et mis&#233;ricordieux, plein de patience et de douceur, et il r&#233;voque quelquefois les arr&#234;ts de sa justice contre les iniquit&#233;s des hommes &#187;. De m&#234;me saint Paul, rappelant les p&#233;cheurs &#224; la p&#233;nitence : &#171; Est-ce, dit-il, que vous m&#233;prisez les richesses de sa bont&#233;, de sa patience et de sa longanimit&#233; ? Ne savez-vous pas qu'il n'use de cette patience et de cette bont&#233; que pour vous amener &#224; la p&#233;nitence ? Et vous, par votre endurcissement et votre imp&#233;nitence, vous vous amassez des tr&#233;sors de col&#232;re pour le jour de la vengeance et de la r&#233;v&#233;lation du juste jugement de Dieu} qui rendra &#224; chacun selon ses &#339;uvres &#187;. Il appelle juste le jugement de Dieu, parce qu'il vient tard, parce qu'il est toujours diff&#233;r&#233; ; et pourquoi ? Afin que la longue patience du Seigneur donne au coupable le temps de revenir &#224; la vie ; et le ch&#226;timent ne vient frapper le p&#233;cheur que quand la p&#233;nitence ne peut plus &#234;tre pour lui un moyen de salut.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>La parabole du fils prodigue</title>
		<link>https://peres.peuterey-editions.com/La-parabole-du-fils-prodigue</link>
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		<dc:date>2026-04-07T14:29:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Saint Augustin, Saint J&#233;rome, Saint Pierre Chrysologue</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Trois textes de p&#232;res de l'&#201;glise sur la parabole du fils prodigue. La parabole du fils prodigue&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://peres.peuterey-editions.com/-Autres-livres-" rel="directory"&gt;Autres livres&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://peres.peuterey-editions.com/IMG/logo/fils_prodigue150.jpg?1775575868' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Trois textes de p&#232;res de l'&#201;glise sur la parabole du fils prodigue.&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;text-align: center;&#034;&gt;
&lt;div style=&#034;margin: 8px 0px 4px;&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.calameo.com/books/003741816f761737d5bbb&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;La parabole du fils prodigue&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
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		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.peuterey-editions.com/221-peres-de-l-eglise-la-parabole-du-fils-prodigue.html" class="spip_out"&gt;https://www.peuterey-editions.com/2...&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sur le sacerdoce</title>
		<link>https://peres.peuterey-editions.com/Sur-le-sacerdoce</link>
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		<dc:date>2026-04-03T07:31:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Saint Jean Chrysostome</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Texte de saint Jean Chrysostome sur le sacerdoce Sur le sacerdoce&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://peres.peuterey-editions.com/-Autres-livres-" rel="directory"&gt;Autres livres&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://peres.peuterey-editions.com/IMG/logo/couverture_chrysostome_sacerdoce150.jpg?1775575868' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Texte de saint Jean Chrysostome sur le sacerdoce&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;text-align: center;&#034;&gt;
&lt;div style=&#034;margin: 8px 0px 4px;&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.calameo.com/books/003741816de718ffcd704&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;Sur le sacerdoce&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;iframe style=&#034;margin: 0 auto;&#034; src=&#034;//v.calameo.com/?bkcode=003741816de718ffcd704&amp;mode=mini&amp;clickto=view&amp;clicktarget=_self&#034; width=&#034;100%&#034; height=&#034;800&#034; frameborder=&#034;0&#034; scrolling=&#034;no&#034; allowfullscreen=&#034;allowfullscreen&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.peuterey-editions.com/sur-le-sacerdoce.html" class="spip_out"&gt;https://www.peuterey-editions.com/s...&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Video de pr&#233;sentation</title>
		<link>https://peres.peuterey-editions.com/Video-de-presentation</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eric le Meur</dc:creator>



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-
&lt;a href="https://peres.peuterey-editions.com/-La-pauvrete-chez-les-Peres-de-l-Eglise-" rel="directory"&gt;La pauvret&#233; chez les P&#232;res de l'&#201;glise&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;iframe width=100% src=&#034;https://www.youtube.com/embed/kK2tkRIj4HY?si=_K-j_7uNYw4fBbkA&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quel riche peut &#234;tre sauv&#233; ?</title>
		<link>https://peres.peuterey-editions.com/Quel-riche-peut-etre-sauve</link>
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		<dc:date>2026-04-02T07:03:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Saint Cl&#233;ment d'Alexandrie</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ceux qui louent les riches, faisant ainsi semblant d'honorer les richesses qui, par elles-m&#234;mes, ne m&#233;ritent aucune louange, ne sont pas seulement de vils flatteurs, des esclaves l&#226;ches et rampants, ils sont des impies et des tra&#238;tres. Des impies : la louange appartient &#224; Dieu, seul &#234;tre bon et parfait, de qui tout vient, par qui tout existe, en qui tout r&#233;side ; elle lui appartient, il se l'est r&#233;serv&#233;e, et ils l'en privent ! Ils font plus encore, ils la prostituent &#224; des hommes livr&#233;s &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://peres.peuterey-editions.com/-La-pauvrete-chez-les-Peres-de-l-Eglise-" rel="directory"&gt;La pauvret&#233; chez les P&#232;res de l'&#201;glise&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ceux qui louent les riches, faisant ainsi semblant d'honorer les richesses qui, par elles-m&#234;mes, ne m&#233;ritent aucune louange, ne sont pas seulement de vils flatteurs, des esclaves l&#226;ches et rampants, ils sont des impies et des tra&#238;tres. Des impies : la louange appartient &#224; Dieu, seul &#234;tre bon et parfait, de qui tout vient, par qui tout existe, en qui tout r&#233;side ; elle lui appartient, il se l'est r&#233;serv&#233;e, et ils l'en privent ! Ils font plus encore, ils la prostituent &#224; des hommes livr&#233;s &#224; la fougue de leurs passions, qui n'ont d'autre r&#233;compense &#224; attendre de la justice divine que la punition de leurs crimes. Des tra&#238;tres : les richesses seules suffisent pour amollir, corrompre et d&#233;tourner de la voie du salut ceux qui ont le malheur de les poss&#233;der ; les flatteurs le savent, et ils entretiennent les riches dans leur folie ; ils enorgueillissent leur orgueil, ils leur apprennent &#224; tout m&#233;priser, si ce n'est ces richesses, qui leur procurent tant d'honneurs. Ils ajoutent ainsi la flamme &#224; la flamme, l'orgueil &#224; l'orgueil, le poison de la flatterie au poison de l'or ; un poids d&#233;j&#224; trop lourd qu'ils devraient all&#233;ger, ils l'aggravent ; une maladie dangereuse qu'ils devraient s'efforcer de gu&#233;rir, ils la rendent mortelle et incurable. &#171; L'arrogance et la vanit&#233;, a dit le Seigneur, seront punies par l'abaissement et la ruine. &#187; Il est donc bien plus humain, bien plus charitable, au lieu de flatter les riches et de couvrir du bruit de nos louanges le bruit que leurs crimes &#233;l&#232;vent autour d'eux, de venir &#224; leur aide par de sages avertissements, et de leur apprendre par quels moyens ils peuvent entrer et s'avancer s&#251;rement dans la voie sainte du salut. C'est surtout par la pri&#232;re vers ce Dieu, qui dispense ses faveurs &#224; ses enfants et leur apprend &#224; en faire un usage conforme et agr&#233;able &#224; ses volont&#233;s, c'est par la gr&#226;ce de notre Sauveur que nous pouvons gu&#233;rir leur esprit : c'est en les &#233;clairant, c'est en nous offrant pour guides &#224; leur ignorance dans la recherche de la v&#233;rit&#233;. Celui-l&#224; seul, en effet, qui s'attache ardemment &#224; la v&#233;rit&#233;, et qui s'environne de la lumi&#232;re des bonnes &#339;uvres, celui-l&#224; seul sera sauv&#233;, et emportera le prix de la vie &#233;ternelle. Or, si d'un c&#244;t&#233; la pri&#232;re, qui doit nous trouver infatigables et nous servir d'appui fid&#232;le jusqu'&#224; la derni&#232;re heure de notre vie, demande un esprit plein de force et de s&#233;r&#233;nit&#233;, d'un autre c&#244;t&#233;, la vie r&#233;guli&#232;re demande un amour ardent de la justice et une ob&#233;issance &#233;clair&#233;e &#224; tous les pr&#233;ceptes du Sauveur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est pas une seule et simple cause, mais plusieurs, et de diff&#233;rentes sortes, qui font croire aux riches qu'il leur est plus difficile qu'aux pauvres de se sauver. Les uns en effet, saisissant sans r&#233;flexion, et prenant &#224; la lettre ces paroles de notre Sauveur : &#171; Il est plus facile &#224; un c&#226;ble de passer par le trou d'une aiguille qu'&#224; un riche d'entrer dans le royaume des cieux1 &#187;, se persuadent qu'ils n'ont aucune part &#224; l'h&#233;ritage c&#233;leste de tous les hommes, et suspendus entre le regret de la vie &#233;ternelle et les plaisirs de la vie p&#233;rissable, ils se rejettent vers celle-ci et se perdent eux-m&#234;mes, ne songeant pas &#224; examiner quels sont ceux &#224; qui le Seigneur et ma&#238;tre donne le nom de riches, ni comment ce qui est impossible aux hommes est possible &#224; Dieu. Les autres comprennent bien, il est vrai, le sens cach&#233; de ces paroles, mais ils n&#233;gligent les &#339;uvres indispensables au salut, et perdent, par leur n&#233;gligence, l'esp&#233;rance qu'ils avaient con&#231;ue. J'applique ces deux r&#233;flexions aux riches qui croient au Sauveur, &#224; sa puissance et &#224; la vie &#233;ternelle qu'il nous procure ; je n'ai rien &#224; dire de ceux qui n'y croient pas, et dont les t&#233;n&#232;bres de l'erreur obscurcissent l'entendement&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est donc un devoir, je le r&#233;p&#232;te, pour tous ceux qui, aimant la v&#233;rit&#233; et leurs fr&#232;res, non seulement ne s'&#233;l&#232;vent avec insolence contre les riches chr&#233;tiens, ni ne les flattent par un coupable motif d'int&#233;r&#234;t, que d'arracher d'abord de leur c&#339;ur un d&#233;sespoir insens&#233;, en leur expliquant clairement le sens cach&#233; des oracles du Seigneur ; et en leur prouvant que s'ils ob&#233;issent &#224; ses pr&#233;ceptes, ils ont le m&#234;me droit que nous &#224; ses r&#233;compenses. Il faut ensuite leur faire observer qu'ils craignent &#224; tort l&#224; o&#249; il n'existe aucun v&#233;ritable sujet de crainte ; leur rappeler que Dieu re&#231;oit toujours dans son sein ceux qui veulent v&#233;ritablement y &#234;tre re&#231;us, et leur apprendre enfin par quels moyens, par quelles &#339;uvres, par quels sentiments se nourrit et se conserve cette esp&#233;rance pr&#233;cieuse, dont la douceur ne leur est point refus&#233;e, mais dont aucun homme n'obtient l'accomplissement sans de p&#233;nibles et de continuels efforts.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ses pr&#233;paratifs pour cette sainte lutte doivent &#234;tre la lecture assidue du nouveau Testament de notre Seigneur, ses exemples &#224; suivre, ses pr&#233;ceptes &#224; m&#233;diter et &#224; accomplir&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Comparons ici un moment une r&#233;compense frivole et p&#233;rissable &#224; une r&#233;compense grande et incorruptible, et faisons sentir aux riches du si&#232;cle, par cette comparaison que la lutte qu'ils ont &#224; soutenir ressemble &#224; celle des athl&#232;tes dans les jeux publics. L'athl&#232;te, en effet, qui, d&#233;sesp&#233;rant d'avance de la victoire, n'aura m&#234;me pas donn&#233; son nom pour &#234;tre inscrit parmi les combattants, ne l'obtiendra sans doute pas ; mais celui qui, ayant con&#231;u l'esp&#233;rance de l'obtenir, n'aura point habitu&#233; son corps &#224; la nourriture, aux travaux et aux exercices propres &#224; ce genre de combat, ne l'obtiendra pas davantage ; son esp&#233;rance aura &#233;t&#233; vaine, et il se retirera de la lice sans couronne. Que celui donc qui est riche des biens de la terre craigne d'abord, s'il est fid&#232;le et s'il comprend bien toute l'&#233;tendue des mis&#233;ricordes divines, de se retirer lui-m&#234;me du combat, et de se priver des r&#233;compenses promises par le Sauveur ; mais, une fois descendu dans cette lice sacr&#233;e, qu'il n'esp&#232;re pas non plus en sortir vainqueur sans s'y &#234;tre auparavant couvert de sueur et de poussi&#232;re. La couronne de l'immortalit&#233; ne s'acquiert qu'&#224; ce prix. C'est au Verbe et &#224; la raison, c'est au Christ, juge du combat qu'il doit se livrer et se soumettre tout entier. Ses pr&#233;paratifs pour cette sainte lutte doivent &#234;tre la lecture assidue du nouveau Testament de notre Seigneur, ses exemples &#224; suivre, ses pr&#233;ceptes &#224; m&#233;diter et &#224; accomplir. Qu'il fasse de son &#226;me un sanctuaire ouvert &#224; toutes les vertus ; qu'il y re&#231;oive et s'attache &#224; y conserver la foi, l'esp&#233;rance, la charit&#233;, la connaissance du vrai, la bont&#233;, la douceur, la mis&#233;ricorde, la chastet&#233; ; ainsi lorsque le son de la derni&#232;re trompette lui donnera le signal d'une nouvelle course et l'avertira de sortir de cette vie mortelle comme un athl&#232;te de la lice, fort d'une bonne conscience, il sera conduit en vainqueur devant le juge du combat ; et, d&#233;clar&#233; digne de sa c&#233;leste patrie, il y entrera couvert de couronnes, aux applaudissements des anges.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puisse le Seigneur nous accorder de ne rien dire en commen&#231;ant qui ne soit plein de convenance et de v&#233;rit&#233;, rien qui ne soit utile au salut de nos fr&#232;res ! Nous parlerons d'abord de l'esp&#233;rance, ensuite des moyens qui y conduisent et l'affermissent. Le m&#234;me Dieu, qui fait l'aum&#244;ne aux indigents, qui instruit ceux qui demandent &#224; l'&#234;tre, est aussi celui dont les discours, s'interpr&#233;tant clairement les uns les autres, brisent les cha&#238;nes de l'ignorance et du d&#233;sespoir. Je vous r&#233;p&#233;terai donc, et vous expliquerai avec confiance, les paroles suivantes de l'&#201;vangile, qui vous ont troubl&#233;s jusqu'ici, parce que votre ignorance ou votre faiblesse ne les ont pas comprises.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Le premier commandement : conna&#238;tre Dieu&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Comme il s'avan&#231;ait dans la voie publique, un jeune homme, accourant, fl&#233;chit le genou devant lui, et lui dit : Bon ma&#238;tre, que dois-je faire pour acqu&#233;rir la vie &#233;ternelle ? J&#233;sus lui dit : Pourquoi m'appelez-vous bon ? Il n'y a que Dieu seul qui soit bon. Vous savez les commandements : Tu ne seras point adult&#232;re ; tu ne tueras point ; tu ne d&#233;roberas point ; tu ne porteras point un faux t&#233;moignage ; tu ne commettras point de fraude ; tu honoreras ton p&#232;re et ta m&#232;re. Le jeune homme r&#233;pondant, lui dit : Ma&#238;tre, j'ai observ&#233; toutes ces choses d&#232;s ma jeunesse ; et J&#233;sus, le regardant, l'aima et lui dit : Une chose te manque encore ; va, vends tout ce que tu as, et donne-le aux pauvres, et tu auras un tr&#233;sor dans le ciel ; puis, viens et suis-moi. Le jeune homme contrist&#233; par ces paroles, s'en alla en g&#233;missant, parce qu'il avait de grands biens ; et J&#233;sus, regardant autour de lui, dit &#224; ses disciples : Qu'il est difficile que ceux qui ont des richesses entrent dans le royaume de Dieu !&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, ses disciples s'&#233;tonn&#232;rent de ces paroles ; mais J&#233;sus, leur r&#233;pondant, leur dit : Mes enfants, qu'il est difficile que ceux qui se confient en leurs richesses entrent dans le royaume de Dieu. Les disciples s'&#233;tonnaient encore plus, se disant : Et qui peut &#234;tre sauv&#233; ? Et Pierre commen&#231;a &#224; lui dire : Nous, nous avons tout quitt&#233;, et nous vous avons suivi. J&#233;sus, r&#233;pondant, dit : Je vous le dis en v&#233;rit&#233;, que personne ne quittera pour moi et pour l'&#201;vangile sa maison, ou ses fr&#232;res, ou ses s&#339;urs, ou son p&#232;re, ou sa m&#232;re, ou ses enfants, ou ses biens, que, m&#234;me dans ce si&#232;cle, il ne re&#231;oive au centuple des maisons, des fr&#232;res, des s&#339;urs, des m&#232;res, des enfants et des richesses au milieu des pers&#233;cutions, et, dans le si&#232;cle &#224; venir, la vie &#233;ternelle. Mais plusieurs, qui auront &#233;t&#233; les premiers, seront les derniers ; et les derniers, les premiers. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce r&#233;cit, que nous trouvons dans l'&#201;vangile de saint Marc, nous le trouvons aussi dans les autres &#233;vang&#233;listes, avec quelque diff&#233;rence peut-&#234;tre dans les paroles, mais sans rien perdre du m&#234;me sens. Nous donc qui savons certainement que le Sauveur du monde n'a point parl&#233; d'une mani&#232;re famili&#232;re aux hommes, mais a envelopp&#233; ses instructions des voiles d'une sagesse divine et mystique, ne prenons pas ses discours &#224; la lettre, ne les expliquons pas d'apr&#232;s nos id&#233;es charnelles ; effor&#231;ons-nous plut&#244;t d'en saisir le sens cach&#233; par une &#233;tude assidue et pers&#233;v&#233;rante. Aucune recherche n'est plus digne de nos efforts. Ce que le Seigneur para&#238;t avoir expliqu&#233; clairement &#224; ses disciples, ce qu'il leur a dit plus obscur&#233;ment et sous la forme presque d'une &#233;nigme, r&#233;clame, pour &#234;tre compris, une &#233;gale et puissante attention. Ce que ses disciples, et ceux qu'il appelle lui-m&#234;me les enfants du royaume, nous ont expliqu&#233;, a besoin de l'&#234;tre encore davantage. Comment donc les choses qu'il a dites simplement, et dont aucun de ses auditeurs n'a song&#233; &#224; lui demander l'explication, toutes choses n&#233;cessaires et indispensables au salut, n'auraient-elles pas besoin d'&#234;tre examin&#233;es avec les plus grands soins, &#233;tudi&#233;es avec la derni&#232;re sollicitude ? Le son de ses paroles ne doit pas seulement, et comme au hasard, frapper nos oreilles ; leur sens doit frapper notre c&#339;ur. C'est &#224; nous de l'y faire descendre et p&#233;n&#233;trer profond&#233;ment.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Sauveur du monde entendit sans doute avec complaisance une question qui lui convenait si parfaitement. C'&#233;tait, en effet, parler de la vie &#224; celui qui est la vie m&#234;me ; du salut au Sauveur, de la doctrine au ma&#238;tre, de la v&#233;ritable immortalit&#233; &#224; la v&#233;rit&#233; &#233;ternelle. C'&#233;tait parler de la sagesse divine &#224; cette sagesse m&#234;me, de la perfection et de l'incorruptibilit&#233; &#224; celui seul qui est parfait et incorruptible. La question qu'on lui donnait &#224; r&#233;soudre &#233;tait celle m&#234;me pour laquelle il &#233;tait descendu des deux, et dont la solution, qui ressort vivante de ses exemples et de sa doctrine, est la base de l'&#201;vangile, la source de l'&#233;ternelle vie. Comme Dieu, il pr&#233;voyait qu'il allait &#234;tre interrog&#233; ; il savait d'avance la demande qu'il ferait lui-m&#234;me, et la r&#233;ponse qu'il recevrait. N'est-il pas le proph&#232;te des proph&#232;tes, l'arbitre et l'inspirateur de tout esprit proph&#233;tique ? Voyez comme il part du premier mot qu'on lui adresse, le mot de bon, pour asseoir la base de sa doctrine et tourner l'esprit de celui qui l'&#233;coute vers un Dieu bon, seul dispensateur de la vie &#233;ternelle qu'il donne &#224; son fils, et que son fils transmet aux hommes.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est donc, de tous les commandements qui conduisent &#224; la vie, le premier, le plus grand, celui que nous devons imprimer d'abord et le plus avant dans notre &#226;me : conna&#238;tre un Dieu &#233;ternel, dispensateur des choses &#233;ternelles, Dieu supr&#234;me, unique et bon, et m&#233;riter de le poss&#233;der par notre application &#224; le conna&#238;tre. Cette connaissance d'un Dieu r&#233;mun&#233;rateur qui cr&#233;e et conserve tout est la base fixe et in&#233;branlable sur laquelle s'appuie le salut. Sans cette connaissance, nous p&#233;rissons, avec elle nous aimons Dieu, nous lui ressemblons, nous le poss&#233;dons &#233;ternellement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aussi est-ce le premier principe que le Sauveur recommande de suivre &#224; celui qui cherche la vie ; principe que &#171; personne ne conna&#238;t, si ce n'est le Fils, et celui auquel le Fils l'aura r&#233;v&#233;l&#233;. &#187; Apr&#232;s cette connaissance vient imm&#233;diatement celle de la grandeur du Sauveur et de sa gr&#226;ce nouvelle ; car, comme le dit l'ap&#244;tre : &#171; La loi a &#233;t&#233; donn&#233;e par Mo&#239;se, la gr&#226;ce et la v&#233;rit&#233; ont &#233;t&#233; faites par J&#233;sus-Christ. &#187; Les dons que nous transmet un serviteur m&#234;me fid&#232;le sont au-dessous de ceux que le Fils lui-m&#234;me nous apporte et nous distribue. Pourquoi, en effet, si la loi de Mo&#239;se e&#251;t &#233;t&#233; suffisante pour donner la vie, pourquoi le Christ e&#251;t-il souffert pour nous depuis sa naissance jusqu'&#224; sa mort ! Pourquoi encore celui qui, d&#232;s sa jeunesse, avait accompli tous les pr&#233;ceptes de la loi, se f&#251;t-il jet&#233; &#224; ses pieds et lui e&#251;t-il demand&#233; la vie &#233;ternelle ? Remarquez que ce jeune homme n'avait pas seulement ob&#233;i &#224; la loi, mais qu'il l'avait aim&#233;e d&#232;s sa jeunesse et s'&#233;tait attach&#233; de toutes ses forces &#224; son accomplissement. Un vieillard r&#233;gl&#233; dans ses m&#339;urs et d&#233;livr&#233; de l'esclavage des vices ne nous est pas un objet de surprise et d'admiration ; mais on admire justement, on regarde comme un athl&#232;te glorieux, le jeune homme qui, dans la fougue de l'&#226;ge et la chaleur des passions, se conduit comme un sage vieillard, et dont l'esprit et le jugement ont blanchi avant les cheveux. Cet homme, d&#233;j&#224; si grand, savait donc bien qu'il ne lui manquait rien pour &#234;tre juste ; mais il sentait que la vie lui manquait, et il venait la demander &#224; celui seul qui pouvait la lui donner. Il ne lui doit rien, il est et doit &#234;tre tranquille &#224; cet &#233;gard ; cependant il se prosterne aux pieds du Fils de Dieu ; de la loi, il passe &#224; la foi, et, craignant que le port de la loi o&#249; il s'est retir&#233; ne soit pas s&#251;r et que son vaisseau ne s'y brise, il implore l'appui du Sauveur.&lt;br class='autobr' /&gt;
J&#233;sus ne lui reproche point d'avoir n&#233;glig&#233; de remplir quelque pr&#233;cepte de la loi ; au contraire, il l'aime, il l'enveloppe, pour ainsi dire, de ses bras, et le f&#233;licite tendrement d'avoir observ&#233; avec un si ferme courage toute la loi dans laquelle il a &#233;t&#233; &#233;lev&#233;. Seulement il le d&#233;clare imparfait en ce qui touche la vie &#233;ternelle, dont il n'a rien fait encore pour s'assurer la possession. Observateur exact de la loi, il est arriv&#233; o&#249; la loi finit, il s'arr&#234;te o&#249; la vie commence. Cette fid&#233;lit&#233; &#224; la loi &#233;tait louable sans doute. La loi est comme un ma&#238;tre s&#233;v&#232;re qui nous instruit par la crainte ; elle est comme un chemin pour arriver &#224; la gr&#226;ce et &#224; la perfection. Mais J&#233;sus-Christ, qui justifie seul ceux qui croient en lui, est la pl&#233;nitude de la loi. Ce n'est point un esclave qui fait des esclaves ; c'est un fils qui &#233;l&#232;ve &#224; la dignit&#233; de fils, de fr&#232;res et de coh&#233;ritiers de Dieu, tous ceux qui accomplissent la volont&#233; de son p&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Or, Dieu donne &#224; ceux qui d&#233;sirent, prient, et s'efforcent de tout leur pouvoir afin que le salut soit leur propre ouvrage&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si vous voulez &#234;tre parfait. &#187; Ce jeune homme ne l'&#233;tait donc pas encore ; car qu'y a-t-il au-del&#224; de la perfection ? Ces mots myst&#233;rieux et divins, &#171; si vous voulez &#187;, montrent bien la puissance de notre libre arbitre. C'est &#224; l'homme de choisir, il est libre. C'est &#224; Dieu de donner, il est le ma&#238;tre. Or, Dieu donne &#224; ceux qui d&#233;sirent, prient, et s'efforcent de tout leur pouvoir afin que le salut soit leur propre ouvrage. Dieu ne contraint personne ; il est ennemi de la contrainte. Il fait trouver &#224; ceux qui cherchent, il accorde &#224; ceux qui demandent, il ouvre &#224; ceux qui frappent. Si vous voulez donc, si vous voulez v&#233;ritablement, si vous ne vous trompez pas vous-m&#234;me, efforcez-vous d'acqu&#233;rir ce qui vous manque. Ce qui vous manque, c'est ce qui demeure toujours, ce qui est bon, ce qui est au-dessus de la loi, ce que la loi ne contient pas, et par cons&#233;quent ne peut donner, ce qui appartient aux seuls vivants. De l&#224; vient que ce jeune homme, qui avait si hautement parl&#233; de lui-m&#234;me et de ses &#339;uvres, ne put par ses &#339;uvres acqu&#233;rir la vie &#233;ternelle, dont le d&#233;sir l'avait saisi, parce que la vie est un don du Sauveur et n'est point un don de la loi. Il se retira, triste et d&#233;concert&#233;, accabl&#233; sous le poids du commandement qu'il &#233;tait venu solliciter, puissant pour mille travaux inutiles, impuissant pour le seul travail bon et n&#233;cessaire. Comme le Seigneur dit &#224; Marthe que les soins du m&#233;nage auxquels elle se livrait tout enti&#232;re remplissaient de distractions et de troubles, et qui reprochait &#224; sa s&#339;ur de lui en laisser tout le fardeau et de se tenir en repos, disciple attentive aux pieds du ma&#238;tre : &#171; Marthe, Marthe, vous vous troublez du soin de mille choses ; mais Marie a choisi la meilleure part, et elle ne lui sera point &#244;t&#233;e &#187;, ainsi il ordonne &#224; ce jeune homme de renoncer &#224; ses occupations tumultueuses pour ne s'attacher qu'&#224; lui seul et &#224; sa gr&#226;ce qui lui ouvrira l'entr&#233;e de la vie &#233;ternelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le vrai pauvre</title>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Saint Augustin</dc:creator>



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&lt;p&gt;Il nous faut entendre le mot pauvre dans un sens plus &#233;lev&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
1. Nous venons de chanter &#224; la gloire du Seigneur : &#171; Le pauvre s'abandonne &#224; vous ; vous serez l'appui de l'orphelin1 (Ps 9, 14) &#187; Cherchons un pauvre, cherchons un orphelin. Ne vous &#233;tonnez point si je vous invite &#224; chercher ceux que nous voyons, ceux que nous sentons en si grand nombre. Tout n'est-il pas rempli de pauvres, rempli d'orphelins ? Cependant je cherche partout un pauvre, un orphelin partout. Montrons d'abord &#224; votre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://peres.peuterey-editions.com/-La-pauvrete-chez-les-Peres-de-l-Eglise-" rel="directory"&gt;La pauvret&#233; chez les P&#232;res de l'&#201;glise&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Il nous faut entendre le mot pauvre dans un sens plus &#233;lev&#233;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;1. Nous venons de chanter &#224; la gloire du Seigneur : &#171; Le pauvre s'abandonne &#224; vous ; vous serez l'appui de l'orphelin1 (Ps 9, 14) &#187; Cherchons un pauvre, cherchons un orphelin. Ne vous &#233;tonnez point si je vous invite &#224; chercher ceux que nous voyons, ceux que nous sentons en si grand nombre. Tout n'est-il pas rempli de pauvres, rempli d'orphelins ? Cependant je cherche partout un pauvre, un orphelin partout.&lt;br class='autobr' /&gt;
Montrons d'abord &#224; votre charit&#233; que ce que nous cherchons n'est pas ce que nous croyons. En effet ceux que l'on nomme pauvres et qui le sont ; ceux pour qui Dieu a command&#233; de faire l'aum&#244;ne et pour qui il est &#233;crit : &#171; Renferme l'aum&#244;ne dans le c&#339;ur du pauvre, et elle priera pour toi le Seigneur (Qo 29, 15) &#187; ; ces pauvres sont nombreux parmi les hommes ; mais il nous faut entendre le mot pauvre dans un sens plus &#233;lev&#233;. Le pauvre ici est de ceux dont il est dit : &#171; Heureux les pauvres d'esprit, parce qu'&#224; eux appartient le royaume, des cieux (Mt 5, 3) &#187;. Il est des pauvres qui sont sans ressources ; ils trouvent &#224; peine l'aliment de chaque jour, et ils ont si besoin de l'assistance et de la compassion d'autrui, qu'ils n'ont m&#234;me pas honte de mendier. Si c'est de ceux-l&#224; qu'il est dit : &#171; Le pauvre s'abandonne &#224; vous &#187;, que ferons-nous, nous qui ne le sommes pas ? Tous chr&#233;tiens que nous soyons, nous ne nous abandonnons donc pas &#224; Dieu ? Et quelle autre esp&#233;rance pouvons-nous avoir, si nous ne nous abandonnons pas &#224; Celui qui ne nous abandonne pas ?&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Apprenez donc &#224; &#234;tre pauvres et &#224; vous abandonner &#224; Dieu, &#244; mes fr&#232;res en pauvret&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;2. Apprenez donc &#224; &#234;tre pauvres et &#224; vous abandonner &#224; Dieu, &#244; mes fr&#232;res en pauvret&#233; ! Tel est riche, il est orgueilleux. Car dans ces richesses, c'est-&#224;-dire dans ce qu'on appelle vulgairement les richesses, dans ce qui est l'oppos&#233; de cette pauvret&#233; vulgaire, il n'est rien qui soit autant &#224; craindre que le vice de l'orgueil. Ne pas avoir de richesses, c'est ne pas avoir de grands moyens, c'est ne pas avoir de quoi s'enorgueillir, et par cons&#233;quent c'est ne pas m&#233;riter de louanges si on &#233;vite l'orgueil. Louons au contraire celui qui poss&#232;de de quoi s'enorgueillir sans s'enorgueillir en effet. Pourquoi louer un pauvre qui est humble, un pauvre qui n'a pas de quoi s'&#233;lever ? Qui peut supporter un pauvre superbe ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Loue les riches qui sont humbles, loue les riches qui sont pauvres. Ainsi le veut l'Ap&#244;tre Paul ; il &#233;crit &#224; Timoth&#233;e : &#171; Ordonne aux riches de ce si&#232;cle de ne pas s'enfler d'orgueil (1 Tm 6, 17) &#187;. Je sais ce que je dis et donne leur cet ordre. Car ils ont des richesses qui inspirent secr&#232;tement l'orgueil, des richesses contre lesquelles il leur faut travailler pour devenir humbles. Qu'ils imitent Zach&#233;e. Zach&#233;e a d'amples richesses, il est prince de publicains, il avoue ses p&#233;ch&#233;s, il est petit de taille, plus petit dans son &#226;me et il monte sur un arbre pour voir passer Celui qui pour son salut devait &#234;tre bient&#244;t suspendu &#224; la croix ; qu'ils disent comme Zach&#233;e : &#171; Je donne aux pauvres la moiti&#233; de mes biens. &#187; Mais tu es bien riche encore, &#244; Zach&#233;e, tu es bien riche. Tu veux donner une moiti&#233; : pourquoi r&#233;server l'autre ? Pour &#171; rendre le quadruple, si j'ai fait tort &#224; quelqu'un (Lc 19, 2-8) &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
3. Mais j'entends le mendiant &#233;puis&#233;, couvert de haillons, languissant de faim ; il me crie : &#171; C'est &#224; moi qu'est d&#251; le royaume des cieux ; car je ressemble &#224; ce Lazare qui gisait couvert d'ulc&#232;res devant la demeure du riche, et dont les chiens l&#233;chaient les plaies et qui demandait &#224; se rassasier des miettes qui tombaient de la table de ce riche &#187;. Je lui ressemble, dit le pauvre : c'est &#224; nous autres qu'est d&#251; le royaume des cieux, non &#224; ces hommes que recouvrent la pourpre et le lin et qui font chaque jour grande ch&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tel &#233;tait ce riche quand le pauvre gisait &#224; sa porte couvert d'ulc&#232;res : voyez quelle fut la fin de l'un et de l'autre. &#171; Le pauvre mourut et fut port&#233; par les Anges dans le sein d'Abraham. &#187; Le riche mourut aussi et fut enseveli ; le pauvre peut-&#234;tre ne l'avait pas &#233;t&#233;. Et ensuite ? Pendant que le riche &#233;tait dans les tourments de l'enfer, il leva les yeux et vit en repos dans le sein d'Abraham ce pauvre qu'il avait d&#233;daign&#233;. Il lui avait refus&#233; une miette de pain ; il lui demanda une goutte d'eau. Mais pour avoir aim&#233; la fortune, il ne trouva pas mis&#233;ricorde. Il aurait voulu qu'on secourut ses fr&#232;res ; cet homme sans c&#339;ur et trop tard compatissant n'obtint absolument rien de ce qu'il souhaitait (Lc 16, 19-31).&lt;br class='autobr' /&gt;
4. Ainsi distinguons, poursuit le pauvre, entre les pauvres et les riches : pourquoi m'exhorter &#224; d'autres consid&#233;rations ? Il est facile de conna&#238;tre les pauvres, facile de conna&#238;tre les riches : ils se montrent.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Garde-toi de m&#233;priser les riches qui sont mis&#233;ricordieux, les riches qui sont humbles&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Mon fr&#232;re le pauvre, &#233;coute-moi, je parle de ce que tu demandes. Quand tu te compares &#224; ce saint couvert d'ulc&#232;res, je crains qu'&#224; cause de ton orgueil tu ne sois pas ce que tu dis. Garde-toi de m&#233;priser les riches qui sont mis&#233;ricordieux, les riches qui sont humbles ; et pour tout redire en un mot, garde-toi de m&#233;priser les riches qui sont pauvres. O pauvre, sois pauvre, pauvre, c'est-&#224;-dire humble. Si le riche est devenu humble, le pauvre ne doit-il pas encore plus le devenir ? Le pauvre n'a pas de quoi s'enfler ; il y a dans le riche mati&#232;re &#224; lutter. &#201;coute-moi donc. Sois un vrai pauvre, sois pieux, sois humble. Si tu te glorifies de cette pauvret&#233; rev&#234;tue de haillons et d'ulc&#232;res, en pensant que tel fut le pauvre qui gisait &#224; la porte du riche ; tu consid&#232;res bien qu'il fut pauvre, et tu ne consid&#232;res pas autre chose.
&lt;br /&gt;&#8212; Quoi ? dis-tu, je suis attentif.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lis les &#201;critures et tu comprendras ce que je dis. Lazare &#233;tait pauvre ; mais celui dans le sein duquel il fut port&#233;, &#233;tait riche. &#171; Ce pauvre mourut, est-il &#233;crit, et il fut port&#233; par les Anges. &#187; O&#249; ? &#171; Dans le sein d'Abraham, c'est-&#224;-dire dans les lieux myst&#233;rieux o&#249; &#233;tait Abraham. Loin d'ici toute id&#233;e charnelle, et ne vous figurez point que le pauvre fut port&#233; comme dans le sein de la robe d'Abraham. On dit ici le sein pour le lieu secret. De l&#224; ces paroles : &#171; Rejetez dans le sein de ces peuples voisins (Ps 75, 12) &#187;. Qu'est-ce &#224; dire dans leur sein ? Dans leur int&#233;rieur. Qu'est-ce &#224; dire : Rejetez dans leur sein ? Tourmentez leur conscience. Lis donc, ou si tu ne peux lire, &#233;coute quand on lit et consid&#232;re qu'Abraham &#233;tait fort opulent sur la terre. Il avait en abondance de l'or, de l'argent, des domestiques, des troupeaux, des domaines (Gn 13), et tout riche qu'il f&#251;t, il &#233;tait pauvre, car il &#233;tait humble ; &#171; il crut Dieu, ce qui lui fut imput&#233; &#224; justice (Rm 4, 3). &#187; Il fut justifi&#233; par la gr&#226;ce de Dieu, non par les m&#233;rites qu'il aurait pu s'attribuer. Il &#233;tait fid&#232;le, il faisait de bonnes &#339;uvres. On lui commanda d'immoler son fils, il n'h&#233;sita point de l'offrir &#224; celui de qui il l'avait re&#231;u (Gn 22). Il fut &#233;prouv&#233; par Dieu, et fut propos&#233; comme mod&#232;le de foi. Sans doute il &#233;tait connu de Dieu, mais il fallait nous le faire conna&#238;tre. Il ne s'enfla point de ses bonnes &#339;uvres, parce que riche il &#233;tait pauvre. Et pour apprendre qu'il ne s'enfla point de ses bonnes &#339;uvres parce qu'il savait tenir tout de Dieu et ne se glorifiait point en lui-m&#234;me, mais dans le Seigneur, &#233;coute l'Ap&#244;tre Paul ! &#171; Si Abraham a &#233;t&#233; justifi&#233; par les &#339;uvres, il a de quoi se glorifier, mais non devant Dieu (Rm 4, 2) &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
5. Vous le voyez ; malgr&#233; la multitude des pauvres, nous avons raison de chercher un pauvre ; nous en cherchons un dans la foule, et nous avons peine &#224; le trouver. Je rencontre des pauvres, et je cherche un pauvre. Toi cependant ouvre la main au pauvre que tu as rencontr&#233;, tout en cherchant un pauvre qui soit pauvre dans le c&#339;ur. Pauvre, tu dis : Je suis pauvre comme Lazare. Et ce riche qui est humble, ne dit pas : Je suis riche comme Abraham. Ainsi tu t'&#233;l&#232;ves et il s'humilie. Pourquoi t'enfler, et ne pas l'imiter ? Moi, dit le pauvre, je suis port&#233; dans le sein d'Abraham. Ne vois-tu pas que c'est le riche qui re&#231;oit le pauvre ? Ne vois-tu pas que le riche recueille le pauvre ? Si tu t'&#233;l&#232;ves orgueilleusement contre ceux qui poss&#232;dent, si tu nies qu'ils appartiennent au royaume des cieux, quoique peut-&#234;tre l'on d&#233;couvre en eux l'humilit&#233; que l'on ne trouve pas en toi, ne crains-tu pas qu'Abraham ne te dise apr&#232;s ta mort : &#201;loigne-toi, car tu m'as outrag&#233; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
6. Adressons &#224; nos riches les avis de l'Ap&#244;tre. Il nous a avertis &#171; de ne point nous &#233;lever d'orgueil, de ne point mettre notre confiance dans des richesses incertaines (1 Tm 6, 18) &#187;. Il y a plus de danger dans ces richesses que vous n'y croyez de d&#233;lices. Il &#233;tait pauvre, et il dormait en s&#251;ret&#233; sur la terre, et le sommeil abordait plus facilement cette dure couche qu'il n'aborde le lit d'argent. Songez aux soucis des riches et comparez-les &#224; la s&#233;curit&#233; des pauvres. Mais que ce riche apprenne &#224; ne pas s'&#233;lever d'orgueil ; &#224; ne pas mettre sa confiance dans des richesses incertaines ; &#224; user de ce monde comme n'en usant pas ; &#224; savoir qu'il est en route et que ses richesses sont pour lui comme une h&#244;tellerie ; &#224; r&#233;parer ses forces, car il est voyageur ; &#224; les r&#233;parer et &#224; marcher : le voyageur n'emporte pas ce qu'il trouve dans l'h&#244;tellerie ; viendra un autre voyageur qui en usera aussi, sans l'emporter. Tous laisseront ici ce qu'ils y ont acquis. &#171; Nu je suis sorti du sein de ma m&#232;re ; je rentrerai nu dans la terre. Le Seigneur a donn&#233;, le Seigneur a &#244;t&#233; (Jb 1, 21). &#187; Il ne s'est pas soustrait lui-m&#234;me car c'est &#171; &#224; vous que s'abandonne le pauvre &#187;.
&lt;br /&gt;&#8212; Nu je suis sorti du sein de ma m&#232;re ; je rentrerai nu dans la terre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voici un autre pauvre qui parle : &#171; Nous n'avons rien apport&#233; en ce monde, et nous ne pouvons rien en emporter : ayant donc la nourriture et le v&#234;tement, contentons-nous-en, parce que ceux qui veulent devenir riches tombent dans la tentation et dans beaucoup de d&#233;sirs insens&#233;s et nuisibles, qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition. Car la racine de tous les maux est l'avarice ; et quelques-uns y ayant c&#233;d&#233; ont d&#233;vi&#233; de la foi et se sont engag&#233;s dans beaucoup de chagrins (1 Tm 6, 7-10) &#187;. Quels sont ceux qui &#171; ont d&#233;vi&#233; de la foi et se sont engag&#233;s dans beaucoup de chagrins &#187; ? Ceux qui veulent devenir riches.&lt;br class='autobr' /&gt;
Que r&#233;ponde maintenant cet indigent couvert de haillons. Voyons, ne veut-il pas devenir riche ? Examinons, interrogeons-le : ne veut-il pas devenir riche ? Qu'il r&#233;ponde sans mentir. J'entends ce que dit sa bouche, mais je questionne sa conscience. Dis donc : ne veux-tu pas devenir riche ? S'il le veut, le voil&#224; qui tombe dans la tentation et dans beaucoup de d&#233;sirs insens&#233;s et nuisibles. Je dis les d&#233;sirs, non les richesses. Pourquoi ? Parce qu'il veut devenir riche. Dans quoi encore ? Dans beaucoup de d&#233;sirs insens&#233;s et nuisibles, qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition. Vois-tu o&#249; tu es tomb&#233; ? Pourquoi me parler toujours de la nullit&#233; de tes ressources, quand je montre en toi des passions si dangereuses ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Compare maintenant ces deux hommes. L'un est riche, l'autre est pauvre ; mais le riche est riche et ne veut pas le devenir ; il est riche, soit par ses parents, soit &#224; cause des dons et des h&#233;ritages qu'il a re&#231;us. Supposons qu'il est riche aussi par injustice ; il ne veut plus acqu&#233;rir, il a impos&#233; des bornes, fix&#233; des limites &#224; sa cupidit&#233; : et il combat de tout son c&#339;ur pour la pi&#233;t&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
8. Mais il est riche, dis-tu. Je r&#233;ponds : Il est riche. Tu vas plus loin, tu l'accuses : Il est riche par injustice, dis-tu.
&lt;br /&gt;&#8212; Et si avec ses richesses d'iniquit&#233; il se fait des amis ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Seigneur savait ce qu'il disait ; assur&#233;ment il ne se trompait pas en donnant cet ordre : &#171; Faites-vous des amis avec les richesses d'iniquit&#233;, afin qu'eux aussi vous re&#231;oivent dans les tabernacles &#233;ternels (Lc 16, 9). &#187; Et si le riche fait cela ? II comprime la cupidit&#233;, il exerce la pi&#233;t&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour toi, tu n'as rien, mais tu si veux devenir riche tu tomberas dans la tentation. Mais ce qui peut &#234;tre t'a r&#233;duit &#224; la derni&#232;re indigence, &#224; la plus profonde mis&#232;re, c'est que ce pauvre petit h&#233;ritage paternel, qui devait t'aider &#224; vivre, t'a &#233;t&#233; enlev&#233; par suite des fausses accusations de quelque comp&#233;titeur. Je t'entends g&#233;mir, accuser les temps, et, si tu le pouvais, tu ferais ce que tu d&#233;plores. N'en voyons-nous pas des exemples ? Chaque jour n'en est-il pas partout ? On g&#233;missait hier, parce qu'on perdait son bien : aujourd'hui, qu'on en a davantage, on ravit le bien d'autrui.&lt;br class='autobr' /&gt;
9. Nous avons trouv&#233; le vrai pauvre, le pauvre pieux, humble, n'ayant point confiance en lui-m&#234;me, le pauvre v&#233;ritable, membre du Pauvre qui pour nous s'est fait pauvre quand il &#233;tait riche (2 Co 8, 9). Voyez ce Riche qui pour nous s'est fait pauvre quand il &#233;tait riche ; voyez ce Riche ; &#171; Par lui tout a &#233;t&#233; fait ; et rien n'a &#233;t&#233; fait sans lui. &#187; Cr&#233;er l'or, c'est plus que de le poss&#233;der. Tu es riche en or, en argent, en troupeaux, en domestiques, en domaines et revenus ; tu n'as pu te cr&#233;er tout cela. Vois ce Riche : &#171; Par lui tout a &#233;t&#233; fait. &#187; Vois ce Pauvre : &#171; Le Verbe s'est fait chair et il a habit&#233; parmi nous (Jn, 1, 3-14). &#187; Qui se fera une juste id&#233;e de son opulence ? Qui pourra se repr&#233;senter comment il fait sans &#234;tre fait, comment il cr&#233;e sans &#234;tre cr&#233;&#233;, comment il forme sans &#234;tre form&#233;, comme &#233;tant immuable il fait les choses muables, &#233;ternel les choses temporelles ? Qui pourrait avoir une juste id&#233;e de ses richesses ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Pensons &#224; sa pauvret&#233; ; dans la n&#244;tre nous pourrons peut-&#234;tre comprendre au moins la sienne. Il est con&#231;u dans le sein virginal d'une femme, il est enferm&#233; dans le sein de sa m&#232;re. Quelle pauvret&#233; ! Il na&#238;t dans un &#233;troit r&#233;duit ; envelopp&#233; des langes d'un enfant il est pos&#233; dans une cr&#232;che, devient ainsi comme la nourriture de pauvres animaux : puis ce Seigneur du ciel et de la terre, ce Cr&#233;ateur des Anges, cet Auteur de tout ce qui est visible et invisible, prend le sein, pleure, se nourrit, grandit, souffre son &#226;ge, cache sa majest&#233;. On le saisit ensuite, il est m&#233;pris&#233;, flagell&#233;, moqu&#233;, conspu&#233;, soufflet&#233;, couronn&#233; d'&#233;pines, suspendu &#224; un morceau de bois, perc&#233; d'une lance. Quelle pauvret&#233; Voil&#224; le Chef des pauvres que je cherche ; voil&#224; le pauvre dont nous voyons que tout vrai pauvre est membre.&lt;br class='autobr' /&gt;
10. Cherchons rapidement un orphelin : car nous nous sommes fatigu&#233;s &#224; la recherche du pauvre. Seigneur J&#233;sus, je cherche un orphelin ; r&#233;pondez-moi bient&#244;t pour me le faire trouver. &#171; Ne dites pas, d&#233;clare-t-il, que vous avez un p&#232;re sur la terre. &#187; L'orphelin de la terre trouve au ciel un P&#232;re immortel. &#171; Ne dites pas, d&#233;clare-t-il, que vous avez un p&#232;re sur la terre &#187;. Voil&#224; notre orphelin trouv&#233;. Qu'il prie maintenant : &#233;coutons-le et imitons-le. Quelle est sa pri&#232;re ? &#171; Mon p&#232;re et ma m&#232;re m'ont abandonn&#233; &#187;. Mon, p&#232;re, dit-il, et ma m&#232;re m'ont abandonn&#233; (Mt 23, 92) ; mais le Seigneur m'a adopt&#233; (Ps 26, 10).&lt;br class='autobr' /&gt;
Si donc les pauvres d'esprit sont heureux, parce que le royaume des cieux est &#224; eux (Mt 5, 3) ; il est vrai que &#171; le pauvre s'abandonne &#224; vous &#187;. Si mon p&#232;re et ma m&#232;re m'ont abandonn&#233; et que le Seigneur m'ait adopt&#233;, &#171; vous serez l'appui de l'orphelin &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Vous accordez plus &#224; la vaine gloire qu'&#224; la crainte de Dieu &#187;</title>
		<link>https://peres.peuterey-editions.com/Vous-accordez-plus-a-la-vaine-gloire-qu-a-la-crainte-de-Dieu</link>
		<guid isPermaLink="true">https://peres.peuterey-editions.com/Vous-accordez-plus-a-la-vaine-gloire-qu-a-la-crainte-de-Dieu</guid>
		<dc:date>2026-04-01T14:50:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Saint Jean Chrysostome</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dans sa lettre apostolique Dilexi Te, le pape L&#233;on XIV fait r&#233;f&#233;rence &#224; ce texte de saint Jean Chrysostome. &lt;br class='autobr' /&gt; 3. Fid&#232;les d'un tel pr&#234;tre, nous devons donc n&#233;cessairement &#234;tre d'autant plus parfaits ; oui, toute la distance qui s&#233;pare J&#233;sus-Christ d'Aaron doit se retrouver entre nous et les Juifs. Voil&#224; qu'en effet au ciel nous avons notre victime, au ciel notre Pr&#234;tre, au ciel notre sacrifice. Offrons donc des hosties dignes d'&#234;tre plac&#233;es sur un autel semblable, non plus, par cons&#233;quent, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://peres.peuterey-editions.com/-La-pauvrete-chez-les-Peres-de-l-Eglise-" rel="directory"&gt;La pauvret&#233; chez les P&#232;res de l'&#201;glise&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans sa lettre apostolique Dilexi Te, le pape L&#233;on XIV fait r&#233;f&#233;rence &#224; ce texte de saint Jean Chrysostome.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;3. Fid&#232;les d'un tel pr&#234;tre, nous devons donc n&#233;cessairement &#234;tre d'autant plus parfaits ; oui, toute la distance qui s&#233;pare J&#233;sus-Christ d'Aaron doit se retrouver entre nous et les Juifs. Voil&#224; qu'en effet au ciel nous avons notre victime, au ciel notre Pr&#234;tre, au ciel notre sacrifice. Offrons donc des hosties dignes d'&#234;tre plac&#233;es sur un autel semblable, non plus, par cons&#233;quent, des b&#339;ufs et des brebis, non plus de la graisse et du sang. Ces symboles sont abolis et remplac&#233;s par l'introduction d'un culte raisonnable. Et qu'appel&#233;-je un culte raisonnable ? Les offrandes de l'&#226;me, de l'esprit. &#171; Dieu est esprit &#187;, dit le Seigneur, &#171; et ceux qui l'adorent, doivent l'adorer en esprit et en v&#233;rit&#233; &#187; (Jn 4,24), ce qui ne r&#233;clame ni le corps, ni les instruments, ni les lieux, mais bien la modestie, la temp&#233;rance, l'aum&#244;ne, le support mutuel, la douceur, la patience. Ces sacrifices ont &#233;t&#233; figur&#233;s d&#233;j&#224; dans les si&#232;cles pass&#233;s. &#171; Offrez, dit David, offrez au Seigneur un sacrifice de justice. Oui, je vous sacrifierai une victime de louanges ; c'est un sacrifice de louange qui me glorifiera devant Dieu, un esprit p&#233;nitent est un sacrifice &#187;. (Ps 4,6 ; 115, 17 ; 49, 23 et L, 19) &#171; Que vous demande le Seigneur, sinon que vous l'&#233;coutiez ? &#187; (Mi 6,8) &#171; Les holocaustes offerts pour les p&#233;ch&#233;s ne vous &#233;taient plus agr&#233;ables ; alors j'ai dit : Je viens pour faire, &#244; mon Dieu, votre volont&#233; &#187;. (Ps 50,18 et 39, 8, 9) Et en d'autres Proph&#232;tes : &#171; Pourquoi m'apportez-vous l'encens de Saba ? &#187; (Jr 6,20) &#171; &#201;loignez de moi le son de vos cantiques : je n'&#233;couterai plus les accents de vos instruments de musique &#187;. (Am 5,23) &#171; Au lieu de tout cela, je veux la mis&#233;ricorde et non le sacrifice &#187;. (Os 6,6)&lt;br class='autobr' /&gt;
Voyez-vous quels sacrifices rendent Dieu propice ? Voyez-vous qu'il y a d&#233;j&#224; plusieurs si&#232;cles que cette sorte d'offrande est sans valeur, tandis qu'une offrande nouvelle y a &#233;t&#233; substitu&#233;e ? Pr&#233;sentons celle-ci. La premi&#232;re est le fait de la richesse et de ceux qui la poss&#232;dent ; la seconde est le propre de la vertu. L'une est ext&#233;rieure, l'autre int&#233;rieure. Les premiers venus pouvaient pratiquer celle-l&#224; ; celle-ci est l'&#339;uvre du petit nombre : autant l'homme est meilleur et d'un plus grand prix que la brebis, autant notre sacrifice l'emporte sur l'ancien. Ici, en effet, vous apportez votre &#226;me comme victime.&lt;br class='autobr' /&gt;
Telles &#233;taient les offrandes de Corneille dont il est dit : &#171; Vos pri&#232;res et vos aum&#244;nes sont mont&#233;es jusqu'en la pr&#233;sence et au souvenir de Dieu &#187;. (Ac 10,4)&lt;br class='autobr' /&gt;
Toutefois il y a d'autres hosties encore, et qui sont &#224; la lettre des holocaustes : j'ai nomm&#233; le corps de nos martyrs ; en eux, corps et &#226;me, tout est saint. Tout, chez eux, respire un parfum d'agr&#233;able odeur. Et vous aussi, si vous le voulez, vous pouvez offrir un sacrifice de ce genre. Pourquoi regretter de n'avoir pu livrer votre corps aux flammes ? Ne pouvez-vous le consumer par un autre feu, par celui de la pauvret&#233; volontaire, par celui de la souffrance ? En effet, avoir la facult&#233; de mener une vie joyeuse, abondante, d&#233;licate, et choisir un r&#233;gime laborieux et crucifiant, et mortifier ainsi votre corps, n'est-ce pas vraiment offrir un holocauste ? Frappez de mort, crucifiez cette chair, et vous recevrez la couronne d'un si noble martyre. Ce que le glaive fait ailleurs, l'ardent h&#233;ro&#239;sme de votre c&#339;ur le reproduit ici. Que l'amour de l'argent ne vous br&#251;le ni ne vous captive ; mais que le feu de l'esprit chr&#233;tien, au contraire, d&#233;vore et consume cette cupidit&#233; honteuse et criminelle ; qu'elle tombe sous ce glaive spirituel. Voil&#224; un beau sacrifice ; il n'a pas besoin d'une main sacerdotale, mais la victime elle-m&#234;me doit l'offrir ; il s'ach&#232;ve dans ce bas monde, mais il monte aussit&#244;t vers les c&#233;lestes hauteurs. N'admirons-nous pas qu'autrefois le feu, descendant du ciel, d&#233;vorait une oblation ? Il se peut, aujourd'hui m&#234;me, qu'il descende encore un feu bien autrement admirable, et qui d&#233;vore toute une offrande, ou plut&#244;t, non, qui ne la d&#233;vore pas, mais la transporte tout enti&#232;re au ciel ! Loin de r&#233;duire nos dons en cendres, cette flamme les offre &#224; Dieu. Telles &#233;taient les offrandes de Corneille dont il est dit : &#171; Vos pri&#232;res et vos aum&#244;nes sont mont&#233;es jusqu'en la pr&#233;sence et au souvenir de Dieu &#187;. (Ac 10,4) Comprenez-vous ce qu'il y a d'excellent dans l'union de ces deux &#339;uvres ? Oui, nous sommes exauc&#233;s, quand nous exau&#231;ons nous-m&#234;mes le pauvre qui nous prie. &#171; Celui, dit l'&#201;criture, celui qui se bouche les oreilles pour ne pas entendre la pri&#232;re du pauvre, est certain que Dieu n'entendra pas non plus ses pri&#232;res (Pv 21,13). &#171; Bienheureux qui a l'intelligence des mis&#232;res du pauvre et l'indigent : au jour mauvais, Dieu le d&#233;livrera &#187;. (Ps 40,2) Ce jour mauvais n'est autre chose que celui qui sera si redoutable aux p&#233;cheurs. Mais que veut dire &#171; cette intelligence du pauvre ? &#187; C'est l'&#233;tude de l'indigence, c'est le z&#232;le &#224; conna&#238;tre ses souffrances. Car quiconque aura compris ces souffrances du pauvre, bien certainement en prendra piti&#233;. Si donc vous voyez un n&#233;cessiteux, ne passez pas votre chemin, mais plut&#244;t pensez &#224; ce que vous seriez, si vous &#233;tiez &#224; sa place. Que ne voudriez-vous pas alors que chacun fit pour vous ? Celui qui a l'intelligence, dit l'Esprit-Saint ; r&#233;fl&#233;chissez donc que le pauvre est comme vous, un homme libre, qu'il partage vos titres de noblesse, que tout est commun entre lui et vous ; h&#233;las ! et souvent, vous ne le faites pas m&#234;me l'&#233;gal de vos chiens, que vous rassasiez de pain, tandis que lui s'endort avec la faim ; souvent cet homme libre est rabaiss&#233;, d&#233;grad&#233; au-dessous de vos esclaves. Mais, direz-vous, ceux-ci nous rendent service. En quoi ? Ils vous sont utiles ? Alors que direz-vous si je vous montre que, bien plus qu'eux, l'indigent travaille pour vos int&#233;r&#234;ts ? Car c'est lui qui sera votre d&#233;fenseur au jour du jugement ; c'est lui qui vous arrachera aux flammes d&#233;vorantes. Quel service pareil vous rendent jamais vos esclaves ? Quand Tabitha mourut, qui donc la ressuscita, de ses esclaves nombreux ou des pauvres mendiants ? Mais vous, de cet homme libre vous ne voulez pas faire l'&#233;gal m&#234;me d'un esclave. Le froid est intense, et le pauvre git, couvert de haillons, mourant les dents serr&#233;es et grin&#231;antes ; horrible tableau fait pour &#233;mouvoir ! Et vous, bien r&#233;chauff&#233;, bien repu, vous passez ! Comment voulez-vous que Dieu vous sauve, quand vous serez sous le poids du malheur ?&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le froid est intense, et le pauvre git, couvert de haillons, mourant les dents serr&#233;es et grin&#231;antes ; horrible tableau fait pour &#233;mouvoir ! Et vous, bien r&#233;chauff&#233;, bien repu, vous passez ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Souvent vous osez dire : &#171; Si c'&#233;tait moi, si j'avais surpris quelqu'un &#224; m'offenser beaucoup, volontiers j'aurais pardonn&#233;, et Dieu ne pardonne pas ! &#187; Oh ! Ne tenez point ce langage ; car voici un homme qui n'a aucunement p&#233;ch&#233; contre vous, vous pouvez le sauver, et vous le m&#233;prisez. Si vous le m&#233;prisez, comment Dieu vous pardonnera-t-il, &#224; vous qui p&#233;chez contre sa Majest&#233; sainte ? De pareils m&#233;faits ne m&#233;ritent-ils point l'enfer ? Mais faut-il s'en &#233;tonner ? Souvent vous prodiguez &#224; un cadavre priv&#233; de sentiment, incapable d'appr&#233;cier cet honneur fun&#232;bre, vous prodiguez, dis-je, les v&#234;tements les plus vari&#233;s, les tissus d'or et de pourpre ; et cet autre corps qui souffre, qui est d&#233;chir&#233;, tortur&#233;, supplici&#233; par la faim et le froid, vous le m&#233;prisez ; vous accordez plus &#224; la vaine gloire qu'&#224; la crainte de Dieu. Et pl&#251;t au ciel que votre duret&#233; n'all&#226;t pas plus loin. Mais, d&#232;s qu'il s'approche, ce pauvre, vous l'accusez aussit&#244;t : pourquoi, dites-vous, pourquoi ne travaille-t-il pas ? Pourquoi nourrir un oisif ? R&#233;pondez-moi, &#224; votre tour : ce que vous poss&#233;dez vous-m&#234;me, le devez-vous &#224; votre travail ? Ne l'avez-vous pas re&#231;u en h&#233;ritage de vos p&#232;res ? En supposant m&#234;me que vous travaillez, pourquoi cette insulte au prochain ? L'entendez-vous pas ce que dit saint Paul : &#171; Celui qui ne travaille pas ne doit pas manger &#187; ; voil&#224; ce qu'il dit ; mais il ajoute aussit&#244;t : &#171; Pour vous, faites le bien, sans jamais vous lasser &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.peuterey-editions.com/la-pauvret%C3%A9-chez-les-p%C3%A8res-de-l-%C3%A9glise.html" class="spip_out"&gt;https://www.peuterey-editions.com/l...&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Qu'est-ce que la patience ? </title>
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&lt;p&gt;Avant de voir ce que disent les P&#232;res de l'&#201;glise sur la patience, il nous a sembl&#233; opportun de rappeler ce qu'est la patience. Saint Thomas d'Aquin en parle dans sa Somme Th&#233;ologique. Comme, de plus, dans ses explications, saint Thomas fait r&#233;f&#233;rence au texte de saint Augustin que nous publions ci-dessous, cette pr&#233;sentation de la patience est tr&#232;s &#224; propos ! Voici quelques extraits de la Somme th&#233;ologique sur la patience. &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Saint Thomas d'Aquin nous parle de la patience dans la Somme (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://peres.peuterey-editions.com/-La-patience-chez-les-Peres-de-l-Eglise-" rel="directory"&gt;La patience chez les P&#232;res de l'&#201;glise&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avant de voir ce que disent les P&#232;res de l'&#201;glise sur la patience, il nous a sembl&#233; opportun de rappeler ce qu'est la patience. Saint Thomas d'Aquin en parle dans sa Somme Th&#233;ologique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme, de plus, dans ses explications, saint Thomas fait r&#233;f&#233;rence au texte de saint Augustin que nous publions ci-dessous, cette pr&#233;sentation de la patience est tr&#232;s &#224; propos !&lt;br class='autobr' /&gt;
Voici quelques extraits de la Somme th&#233;ologique sur la patience.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Saint Thomas d'Aquin nous parle de la patience dans la Somme th&#233;ologique. Nous rappelons bri&#232;vement ce qu'il dit au sujet de la patience, d'autant plus qu'il cite le texte de saint Augustin sur la patience ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
La patience est une vertu par laquelle on conserve le bien de la raison malgr&#233; la tristesse, parce qu'elle emp&#234;che la raison de se laisser abattre par elle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut r&#233;pondre que, comme nous l'avons dit, les vertus morales se rapportent au bien, en ce qu'elles conservent le bien de la raison contre le choc imp&#233;tueux des passions. Or, entre les autres passions, la tristesse a beaucoup de force pour emp&#234;cher le bien de la raison, d'apr&#232;s ces paroles de l'&#201;criture (2 Cor., 7, 10) : &#171; La tristesse du si&#232;cle produit la mort &#187; ; (Eccl&#233;siastique, 30, 25) La tristesse en a tu&#233; une multitude, et elle n'est utile &#224; rien. Par cons&#233;quent il est n&#233;cessaire que l'on ait une vertu par laquelle on conserve le bien de la raison contre la tristesse et qui emp&#234;che la raison de succomber sous les assauts de cette passion. C'est pr&#233;cis&#233;ment ce que fait la patience. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pourquoi saint Augustin dit (De la patience, chap. 2) que la patience consiste &#224; supporter les maux de cette vie avec une grande &#233;galit&#233; d'esprit, c'est-&#224;-dire sans se laisser troubler par la tristesse, et qu'elle nous emp&#234;che d'abandonner par notre mauvaise humeur les biens par lesquels nous pouvons arriver &#224; un bonheur plus parfait. D'o&#249; il est &#233;vident que la patience est une vertu.&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
La patience n'est pas la premi&#232;re de toutes les vertus, puisqu'elle a au-dessus d'elle les trois vertus th&#233;ologales et les quatre vertus cardinales, parmi lesquelles la prudence et la justice &#233;tablissent l'homme directement dans le bien, tandis que la force et la temp&#233;rance lui font surmonter tous les plus graves obstacles.&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Puisque la patience qui est une v&#233;ritable vertu vient de la charit&#233;, il est clair qu'on ne peut pas l'avoir sans la gr&#226;ce.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut r&#233;pondre que, comme le dit saint Augustin (De la patience, &#224; la fin du texte), c'est la force des d&#233;sirs qui fait qu'on s'expose &#224; souffrir le travail et la douleur, car jamais on ne s'y expose volontairement que pour quelque chose qui pla&#238;t. La raison en est que l'esprit d&#233;teste la douleur et la tristesse en elle-m&#234;me ; par cons&#233;quent il ne se d&#233;ciderait jamais &#224; la souffrir pour elle-m&#234;me, mais il le fait seulement pour une fin. Ainsi il faut donc que le bien pour lequel on veut endurer des souffrances soit plus d&#233;sir&#233; et plus aim&#233; que le bien dont la privation nous cause une douleur que nous supportons patiemment. Or, il appartient &#224; la charit&#233; qui aime Dieu par-dessus toutes choses de pr&#233;f&#233;rer le bien de la gr&#226;ce &#224; tous les biens de la nature dont la perte peut nous causer une douleur. D'o&#249; il est &#233;vident que la patience, selon qu'elle est une vertu, est produite par la charit&#233;, d'apr&#232;s ces paroles de saint Paul (1 Co 13, 4) : La charit&#233; est patiente. Et comme il est manifeste qu'on ne peut avoir la charit&#233; qu'au moyen de la gr&#226;ce, d'apr&#232;s ces autres paroles de l'Ap&#244;tre (Rm 5, 5) : La charit&#233; de Dieu a &#233;t&#233; r&#233;pandue dans nos c&#339;urs par l'Esprit-Saint qui nous a &#233;t&#233; donn&#233;, il s'ensuit qu'on ne peut pas avoir la patience sans le secours de la gr&#226;ce (On ne peut pas avoir la patience parfaite quoad statum, sans la gr&#226;ce sanctifiante ; pour avoir la patience imparfaite, telle qu'elle se trouve dans les p&#233;nitents et les cat&#233;chum&#232;nes qui n'ont pas encore &#233;t&#233; justifi&#233;s, on a seulement besoin de la gr&#226;ce naturelle.).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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